Le virus de la grippe ne cesse d’évoluer. Pour en savoir davantage sur les recommandations du CCNI concernant l’utilisation des vaccins antigrippaux pour la saison 2019-2020, joignez-vous au CCNMI, au CCNI et à l’AMMI Canada pour un webinaire sur le sujet le 3 octobre, 2019.

Une version archivée de ce webinaire est disponible pour tous ceux qui veulent la visionner. S’il vous plaît écrivez-nous pour accéder à une copie du webinaire.

Conférenciers:
Dr Ian Gemmill et Dr Gerald Evans, Experts en maladiesinfectieuses

Les conférenciers présenteront les recommandations de la Déclaration sur la vaccination antigrippale saisonnière pour la saison 2019-2020 du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) ainsi que les conseils aux praticiens quant à l’utilisation des médicaments antiviraux contre la grippe de l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie (AMMI) Canada.

Cet événement fournira aux praticiens de soins de santé de première ligne et aux fournisseurs de vaccins de santé publique:

  • un aperçu de l’épidémiologie pour les récentes saisons grippales
  • les renseignements nécessaires pour soutenir leur exercice au cours
    de la saison grippale 2019-2020
  • l’occasion de poser des questions aux experts en maladies infectieuses

Ce webinaire se tiendra en anglais. Une transcription en français sera disponible sur le site Web du CCNMI après l’événement.

TRANSCRIPTION

Aleksandra,

Bonjour à tous. Je m’appelle Aleksandra Wierzbowski. Je suis gestionnaire de projet au Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Je vous souhaite la bienvenue au webinaire d’aujourd’hui, intitulé Conseils concernant la grippe saisonnière 2019-2020 — Recommandations du CCNI et d’AMMI Canada.

Vous devriez être en mesure de bien m’entendre grâce à vos haut-parleurs d’ordinateur ou à vos écouteurs. Veuillez augmenter le volume du son de votre ordinateur. Si vous trouvez que le son de l’ordinateur n’est pas optimal, veuillez-vous joindre au webinaire en utilisant la ligne de téléconférence fournie à votre écran. Une adresse électronique à l’écran est fournie. En cas d’autres difficultés techniques, veuillez nous envoyer un courriel et nous ferons de notre mieux pour vous aider. Vous pouvez aussi nous alerter dans la boîte de clavardage. Le webinaire d’aujourd’hui sera enregistré et disponible au cours de la prochaine semaine.

L’objectif de ce webinaire est de donner un aperçu du fardeau de la grippe, de l’actuel Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) et des recommandations de l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada (AMMI) sur la prévention et le traitement de la grippe, ainsi que de présenter les principaux messages et les ressources disponibles pour la saison de la grippe 2019-2020.

Après la présentation de 45 minutes, nous aurons le temps de répondre à vos questions. Pour ceux d’entre vous qui peuvent rester, nous allons poursuivre la période de questions au-delà de l’heure. Nous vous encourageons à envoyer vos questions par écrit dans la boîte de clavardage.

Nos conférenciers répondront à certaines des questions par écrit au fur et à mesure. Le CCNMI est l’un des six centres de collaboration nationale en santé publique, qui se concentrent chacun sur différents domaines de la santé publique. Le CCNMI est financé par l’Agence de la santé publique du Canada afin d’assurer l’application des connaissances et d’aider les professionnels de la santé publique à trouver, à comprendre et à utiliser la recherche et les données probantes sur les maladies infectieuses.

J’ai maintenant le plaisir de vous présenter nos conférenciers. Le Dr Gerald Evans est chef de la Division des maladies infectieuses et professeur au Département de médecine, de sciences biomédicales et moléculaires, de pathologie et de médecine moléculaire de l’Université Queens. Il est médecin spécialiste des maladies infectieuses au Centre des sciences de la santé de Kingston et à l’Hôpital Providence Care à Kingston, en Ontario. Le Dr Evans est directeur médical de la prévention et du contrôle des infections à ces deux établissements depuis 2011. Il est membre du Groupe de travail sur la grippe d’AMMI Canada et a été président de 2009 à 2011.

Le Dr Ian Gemmill possède 38 ans d’expérience en santé publique en Ontario. Il est professeur agrégé au Département de médecine familiale et des sciences de la santé publique de l’Université Queens. Il est membre du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada en santé publique et médecine préventive, membre honoraire de la Société canadienne de pédiatrie, membre honoraire à vie de l’Association canadienne de santé publique et membre du Collège des médecins de famille du Canada. Il est l’ancien président du CCNI et préside actuellement le Groupe de travail du CCNI sur le vaccin antigrippal.

Sans plus tarder, je souhaite la bienvenue au Dr Evans, qui va nous parler du fardeau de la grippe au Canada.

Dr Evans :

Merci beaucoup Aleksandra. Nous allons donc commencer par un bref survol du fardeau actuel de la grippe saisonnière au Canada, en rappelant un peu à quoi ressemble l’infection et la maladie de la grippe. Nous attendons les diapositives.

Cela me rappelle toujours — et les gens savent certainement que la grippe est une infection relativement importante et grave chez la plupart des gens. La maladie elle-même est suffisamment grave pour entraîner d’importantes absences de l’école et du travail pour un grand nombre de Canadiens chaque année.

La maladie elle-même peut durer jusqu’à une semaine, comparativement à ce à quoi on s’attendrait avec un rhume commun, qui peut être aussi court que trois ou quatre jours. On estime qu’il y a chaque année plus de 12 000 hospitalisations et certainement un nombre important de décès attribuables à la grippe. Cependant, certains de ces décès ne sont pas nécessairement dus à l’infection elle-même, mais plutôt à des complications qui peuvent survenir, en particulier dans les groupes à risque élevé, où la maladie de la grippe peut exacerber considérablement les conditions sous-jacentes.

Il y a beaucoup de caractéristiques différentes qui ont une incidence sur le risque de contracter la grippe. De plus, il y a des facteurs qui sont importants dans la gravité de la grippe.

Dans cette diapositive, vous pouvez voir qu’il y a un certain nombre de groupes — et plus précisément, nous reconnaissons que les complications découlant de l’infection par la grippe peuvent être importantes. Cela comprend les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans, les adultes de plus de 65 ans, les adultes et les enfants qui souffrent de problèmes de santé chroniques, y compris non seulement les maladies cardiopulmonaires, mais aussi d’autres maladies comme le diabète.

Ceux qui résident dans des maisons de soins et des établissements de soins chroniques — souvent aussi à cause de problèmes de santé sous-jacents — peuvent avoir des problèmes. Pour une raison qui n’est pas encore bien comprise et sur laquelle nous travaillons actuellement, il est reconnu dans le monde entier que les peuples autochtones ont un taux beaucoup plus élevé de grippe grave.

Les affections associées à un risque élevé de problèmes, une fois la grippe contractée, comprennent les maladies cardiopulmonaires, le diabète, comme je l’ai mentionné, les personnes immunodéprimées par le traitement de problèmes sous-jacents comme le cancer et, bien sûr, les immunothérapies destinées aux patients souffrant de rhumatologie, de gastroentérologie et de certains problèmes dermatologiques.

Ceux qui souffrent d’une insuffisance rénale terminale, ceux qui sont anémiques ou qui ont des hémoglobinopathies sont également réputés avoir des complications plus graves.

Nous avons reconnu, après la pandémie de grippe de 2009, que ceux qui avaient des problèmes neurologiques ou de neurodéveloppement avaient également un problème en ce qui concerne le développement de la grippe grave ou compliquée.

Enfin, on a constaté que ceux qui ont un taux d’obésité élevé, ceux qui ont un IMC de plus de 40, sont beaucoup plus susceptibles de développer des problèmes graves, une fois que la grippe est contractée.

Encore une fois, en ce qui concerne les groupes d’âge, l’une des choses intéressantes, c’est qu’il y a une certaine différence quant à la façon et aux virus de la grippe qui ont tendance à produire un fardeau de maladie plus élevé. Pour les personnes âgées de plus de 65 ans, où d’autres maladies peuvent certainement être présentes — conditions de comorbidité — elles peuvent être touchées de façon disproportionnée par les années où la souche de grippe dominante est une souche H3N2.

À l’inverse, les enfants ont en fait une charge de morbidité plus élevée en cas d’infections à la grippe B. Comme je l’ai mentionné, les personnes de moins de cinq ans peuvent présenter un risque plus élevé de complications graves liées à la grippe.

Voici un petit graphique qui montre les cinq dernières années d’activité saisonnière de la grippe au Canada. Ce que vous pouvez voir ici, c’est que l’an dernier, la saison de la grippe a atteint son apogée à la fin de février, au début de mars. Bien que l’apparition de la maladie et la reconnaissance de la montée de la grippe au Canada aient eu lieu dès le début de janvier.

C’était une année avec une queue assez longue vers la fin et c’était — comme vous le verrez dans une seconde — en raison de l’émergence d’une souche différente de la grippe A que celle qui prédominait au début de l’année. Vous pouvez voir que certaines des autres années ont en fait eu des débuts plus précoces du pic de la grippe.

Il s’agit d’une ventilation non pas de l’année dernière, mais des deux — des quatre années précédentes. Comme vous pouvez le voir, chaque année, le type de grippe A ou B change et varie. Ces facteurs sont souvent liés à la vulnérabilité de la population et peuvent être liés à la vaccination de l’année précédente ou à l’émergence d’une souche à glissement antigénique pour laquelle l’immunité de la population n’existe pas.

En 2017-2018, comme vous pouvez le voir avec la pointe de tarte de couleur bleue du graphique, la grippe B représentait en fait près de la moitié des souches observées dans cette grippe saisonnière.

C’est l’année dernière, en 2018-2019, et cela s’est en quelque sorte élargi au cours de l’année. Comme vous pouvez le voir, dans le cas de la grippe, il s’agit de cas confirmés en laboratoire, alors c’est différent de notre surveillance clinique sentinelle, dans une certaine mesure. Il s’agissait de souches qui ont été trouvées, confirmées positives, puis classées plus tard.
Ce que nous avons vu — et vous pouvez le voir avec les barres rouges plus foncées — c’est qu’au début de la saison, il semblait surtout y avoir de la grippe A H1N1, très semblable à la souche de la pandémie de 2009, laquelle faisait partie de notre vaccin. Puis, cela a semblé s’éteindre un peu, et puis nous avons vu l’émergence d’une activité plus importante de H3N2, vers la fin de février, presque vraiment jusqu’à la fin de la saison, comme nous le voyons normalement.

L’an dernier, la saison de la grippe B n’a pas été très importante, mais on a pu constater, en très petites quantités, que la grippe B a commencé à apparaître plus tard au cours de la saison de l’an dernier. L’année dernière a donc été une saison principalement de grippe A avec H1N1 au début de la saison et H3N2 plus tard dans la saison.

Il s’agit de données de surveillance liées aux visites de professionnels de la santé de patients atteints d’un syndrome grippal (SG). Il s’agissait donc de personnes qui se présentaient avec un SG qui venaient d’être déclarées comme souffrant d’un SG. Peut-être que ce n’était pas la grippe, bien que nous reconnaissions — comme vous pouvez le voir à partir de ce pic qui correspond aux données confirmées du laboratoire — que la plupart d’entre elles étaient en fait des maladies grippales.

Vous pouvez comparer la moyenne quinquennale précédente de 2013 à 2018 et la barre solide que vous pouvez voir lors des visites de l’année dernière. Cela suivait un schéma assez prévisible que nous voyions, autre que ce genre d’extension à ce qui semblait être une saison un peu plus longue, bien que je puisse dire qu’en tant qu’un des pays de l’hémisphère Nord, il n’était pas aussi prolongé que nous l’avons vu par exemple chez notre voisin du Sud.

Si vous regardez les hospitalisations, et elles sont ventilées — il ne s’agit pas des données de l’année dernière, mais des trois années précédentes — vous pouvez voir que dans certaines saisons, il y a une tendance à plus d’hospitalisations chez les enfants. Toutefois, aucune de ces priorités n’était une prédominance B, ce à quoi on s’attendrait. Ce que nous voyons, c’est que lorsque le H3N2 a tendance à dominer fortement, ou s’il y a une mauvaise immunisation d’une population plus âgée, alors l’autre fardeau est porté par les personnes de plus de 65 ans en ce qui concerne les hospitalisations pour des complications ou une grippe grave.

Je vais donc présenter les trois prochaines diapositives pour parler rapidement de l’hémisphère Sud, parce qu’on parle beaucoup dans les médias à propos des préoccupations. Cette préoccupation découle essentiellement du fait que l’Australie a signalé ce qui semblait être un début très précoce de la grippe saisonnière, avec un grand nombre de cas. Cela a suscité beaucoup d’inquiétude chez beaucoup de gens, quant à savoir si cela pourrait prédire ce qui va se passer ici dans l’hémisphère Nord.

Ainsi, leur saison commence habituellement en juin, mais ils ont commencé à voir une augmentation qui a précédé leur saison. En fait, lorsque la saison a commencé, il y avait déjà des niveaux assez élevés.

C’est maintenant évident et ils ont publié des données à ce sujet qui ont montré que la raison en était en fait unique — et elle est uniquement liée au climat géographique de l’Australie. Pour ceux d’entre vous qui connaissent, ou qui ne connaissent peut-être pas aussi bien l’Australie, la partie nord du pays est en fait tropicale et, les extrémités très septentrionales sont équatoriales.

Dans les régions tropicales et équatoriales du monde, la grippe n’a pas de saison. Elle a tendance à se transmettre en faibles niveaux toute l’année. Toutefois, dans les climats tempérés, c’est-à-dire le sud de l’Australie et, bien sûr, le Canada, les États-Unis et l’Europe du Nord, on a tendance à voir la grippe saisonnière disparaître pendant la période intersaisonnière.

Ce qui s’est vraiment passé en Australie, c’est qu’il y avait un peu plus que la grippe intersaisonnière habituelle, qui circulait dans le nord du pays et en particulier, dans la plus grande ville du nord de l’Australie, appelée Darwin.

Ainsi, les patients atteints de cette grippe intersaisonnière, qui avaient voyagé en Australie, la transportaient en fait dans d’autres régions. Il y a donc eu une augmentation de la grippe en générale en Australie, et il semblais que ce soit le tout début de la souche saisonnière.

Les Australiens croyaient donc que c’était particulier à eux et que c’était lié à ce problème unique de leur géographie et aux niveaux élevés de grippe intersaisonnière. En fait, cela en est l’origine, parce que si vous regardez certaines des données d’autres pays — et je vais juste vous montrer le graphique australien qui montre cette forte augmentation et apparemment le nombre de cas d’influenza confirmés en laboratoire — cela n’a pas été observé en Nouvelle-Zélande. Elle n’a pas été observée dans les régions tempérées de l’Amérique du Sud, de l’Argentine et du Chili, ni en Afrique du Sud.

Ils ont probablement raison de dire qu’il s’agissait d’un problème propre à l’Australie. Je ne suis donc pas sûr que ce sera une prédiction de ce que nous allons voir ici dans l’hémisphère Nord.

Enfin, je vais juste vous montrer ce graphique, qui est le nombre d’hospitalisations en Australie avec le noir — ou la ligne rouge brillante montrant le nombre d’hospitalisations. Ce que vous pouvez voir en fait c’est que bien qu’il y ait eu un début précoce de grippe avec des hospitalisations, au fur et à mesure que la saison avançait, cela est revenu à des niveaux quelque peu normaux.

En fait, les données australiennes que nous avons vues suggèrent que, dans l’ensemble, malgré un début précoce de la saison de la grippe avec un plus grand nombre de personnes, la saison a été typique, en ce qui concerne le nombre d’hospitalisations et une certaine morbidité et mortalité attribuables.

Je pense donc que le phénomène de l’hémisphère Sud en Australie est probablement unique à eux et pour l’instant ; je ne suis pas certain que nous allons voir la même chose se produire ici. Je rappelle à tous qu’il n’y a aucune région du Canada qui serait considérée comme équatoriale ou tropicale.

Sur ce, je vais céder la parole à mon collègue, le Dr Gemmill, qui va vous parler de l’utilisation des vaccins et de la disponibilité des vaccins pour la saison à venir.

Dr Gemmill :

Merci beaucoup, Gerald. J’espère que les gens m’entendent bien. Je tiens d’abord à remercier le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses et l’Agence de la santé publique du Canada de m’avoir donné l’occasion de présenter les recommandations du Comité consultatif national de l’immunisation concernant l’utilisation du vaccin antigrippal pour 2019-2020.

Je vais vous présenter les principaux changements apportés à la déclaration annuelle de l’an dernier et vous rappeler que cette déclaration se trouve sur le site Web de l’Agence de la santé publique du Canada. De plus, veuillez noter que les recommandations formulées par le CCNI peuvent différer des vaccins offerts dans les programmes provinciaux et que les vaccins avec le virus vivant atténué de la grippe (VVAI) ne seront pas commercialisés au Canada par le fabricant cette année. J’y reviendrai un peu plus tard.

Je tiens également à rappeler aux gens que s’ils n’ont pas déjà reçu les diapositives, elles seront disponibles. Il y a plusieurs diapositives ici. Elles sont simplement à titre de référence pour que vous puissiez les utiliser au besoin pendant la saison de la grippe.

Je vous rappelle donc que le CCNI est un organisme consultatif externe de l’Agence de la santé publique du Canada qui formule des recommandations sur l’utilisation optimale du vaccin pour protéger les Canadiens. Il fournit depuis plus de 50 ans des conseils rigoureux fondés sur l’avis des experts et des données probantes sur les vaccins. Il comprend des experts des professions de la santé et des associations professionnelles qui sont énumérés dans cette diapositive, de partout au Canada.

Par conséquent, le CCNI formule des recommandations pour la vaccination des personnes et, de façon plus générale, pour les programmes de vaccination. Les recommandations sur l’utilisation des vaccins sont fondées sur le processus fondé sur des données probantes du CCNI et, chaque année, ils publient une déclaration sur le vaccin antigrippal saisonnier qui informe les fournisseurs de soins de santé sur l’utilisation optimale des vaccins antigrippaux, en se fondant sur les données les plus récentes disponibles. Je vous rappelle également que l’énoncé sur la grippe et le chapitre du Guide canadien d’immunisation sont identiques.

Ainsi, cet automne, le CCNI a officiellement élargi son mandat pour inclure la prise en compte des facteurs programmatiques clés — en plus des facteurs scientifiques — dans la prise de décisions relatives aux programmes de vaccination. Ces critères sont fondés sur le modèle d’Erickson et De Wals qui sont référencés au bas de la diapositive.

Au cours des dernières années, le CCNI s’est concentré sur les quatre critères de la barre à gauche, y compris le fardeau de la maladie, les caractéristiques du vaccin, comme l’innocuité et l’immunogénicité, les stratégies d’immunisation et les questions de recherche.

Cette année, bon nombre des autres critères du cadre d’Erickson et de De Wals ont été examinés et sont énumérés à droite de cette barre. Donc, des choses comme la faisabilité, l’acceptabilité et surtout la rentabilité. Certains critères, bien sûr, relèvent des provinces et des territoires, et ce sont ceux qui sont au sommet, politiques, juridiques et ainsi de suite.

Alors, ce qui est nouveau pour 2019-2020 — Le Groupe de travail sur la grippe du CCNI a entrepris un certain nombre de projets au cours de la dernière année. L’un de ces projets consistait à examiner dans la littérature s’il y avait des preuves que les vaccins à virions fragmentés offraient une meilleure protection que les vaccins sous-unitaires – une question qui peut être d’un grand intérêt lorsqu’on décide quels vaccins parmi les nombreux sont disponibles pour fournir dans un programme, ou pour donner à des patients spécifiques.

Juste pour vous rappeler, les vaccins à virions fragmentés contiennent toutes les parties différentes du virus, alors que les vaccins sous-unitaires ne contiennent que des protéines purifiées de surface, c’est-à-dire l’hémagglutinine et la neuraminidase. Le CCNI a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de données probantes sur l’efficacité ou l’immunogénicité pour appuyer des recommandations précises sur l’utilisation différentielle de ces vaccins. Par conséquent, nous avons conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour faire une recommandation préférentielle sur l’utilisation de ces deux types différents de vaccins.

Ensuite, avec la prolifération des types de vaccins antigrippaux, nous avons dû réviser les abréviations utilisées pour clarifier les choses et éviter les erreurs. Par exemple, il y a différents types de vaccins trivalents, comme à dose standard, à haute dose et avec adjuvant.

Pour faire la distinction entre toutes ces formulations, nous avons adopté le VII3, c’est-à-dire le vaccin trivalent inactivé contre l’influenza plutôt que le vaccin trivalent contre l’influenza, qui permet ensuite de qualifier les divers vaccins, et je vous expliquerai cela au fur et à mesure.

Le vaccin trivalent à haute dose est appelé VII3-HD et on nomme le vaccin avec adjuvant VII3-Adj pour le distinguer. Le même processus a été utilisé pour le VII4, anciennement appelé VAQ.

Ce système nous permet d’élargir l’inventaire des abréviations à l’avenir au fur et à mesure que de nouvelles formulations sont élaborées, comme les vaccins à base cellulaires, à base de plantes et recombinants, qui vous parviendront au cours des prochaines saisons de la grippe, et qui s’harmonisent également en grande partie avec la terminologie utilisée par d’autres, comme le Centre for Disease Control à Atlanta.

Ainsi, comme beaucoup d’entre vous le savent, la sélection des souches du vaccin antigrippal pour l’hémisphère Nord est faite par le Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) en février de chaque année. Il y a des changements pour les composantes H1N1 à A/Brisbane et pour le H3N2 à A/Kansas. Cette dernière souche a circulé davantage aux États-Unis que dans d’autres pays et a été la raison pour laquelle le SAGE a tardé à formuler sa recommandation jusqu’en mars de cette année.

Ce retard est aussi l’une des raisons pour lesquelles certains d’entre vous risquent de connaître un retard dans la disponibilité du vaccin antigrippal cette année. La préformation de VII3 contient B/Colorado de la lignée Victoria que le Dr Evans a mentionnée et la formulation VII4 ajoute un ajout à la B/Colorado, le B/Phuket de la formulation de Yamagata.

À titre de référence, voici une liste de tous les vaccins qui seront disponibles au Canada pour la saison de la grippe. Il y a quatre vaccins VII4 et les groupes d’âge pour lesquels ils sont homologués, que j’ai énumérés ici. Il y a deux vaccins VII3, tous deux homologués pour les enfants de six mois et plus. En plus des vaccins antigrippaux habituels, il existe des vaccins spécialisés antigrippaux conçus pour améliorer l’immunogénicité dans des groupes d’âge précis, comme le vaccin à haute dose et peut-être le vaccin avec adjuvant pour les adultes de 65 ans et plus.

Il y a donc deux vaccins VII3 avec adjuvant, un pour les adultes âgés et un pour les enfants âgés de 6 à 23 mois. Il y a aussi un vaccin VII3 à haute dose pour adultes âgés. Comme je l’ai déjà dit, veuillez noter que tous les produits ne seront pas disponibles dans toutes les administrations et que la disponibilité de certains produits pourrait être limitée, la décision d’inclure des vaccins spécifiques antigrippaux dans le cadre d’un programme provincial et territorial financé par le secteur public dépendra d’un certain nombre de facteurs, y compris l’analyse de rentabilité que les provinces et les territoires peuvent entreprendre.

Je tiens également à mentionner que FluMist, le VVAI quadrivalent autorisé au Canada, ne sera pas disponible cette année. AstraZeneca Canada, le fournisseur canadien de FluMist, a décidé de ne pas commercialiser ce vaccin au Canada et a mentionné des problèmes de production liés au vaccin de cette année qui ont entraîné un faible approvisionnement mondial.

La décision de commercialiser un vaccin au Canada relève entièrement du fabricant [du vaccin] et ce vaccin sera utilisé au Royaume-Uni et disponible aux États-Unis, si je comprends bien. Vous en entendez peut-être parler par des patients qui reçoivent leur vaccin là-bas. Il y a aussi la pénurie de vaccins sur penuriesdemedicamentscanada.ca.

Qui donc devrait recevoir le vaccin antigrippal ? Je ne vais pas lire toute cette liste, parce que vous l’avez sûrement vue à maintes reprises. Les personnes qui subissent des complications ou des hospitalisations liées à la grippe et les quatre catégories différentes que vous avez déjà entendues de la part du Dr Evans sont énumérées — les personnes capables de transmettre la grippe aux personnes à risque élevé, les services communautaires essentiels, afin que nous ne perdions pas nos travailleurs qualifiés dans ces domaines en raison de la maladie, et ensuite une catégorie spéciale d’ouvriers à la volaille pour éviter la possibilité théorique d’une combinaison quelconque avec une grippe aviaire qui pourrait mener à une combinaison dangereuse.

Ce sont donc les groupes généraux. Pour ce qui est des groupes particuliers, vous avez vu cette liste à maintes reprises et le Dr Evans l’a énumérée lorsqu’il a parlé des groupes à risque élevé pour la grippe, alors elle est fournie à titre de référence.

En ce qui concerne les adultes plus âgés, en raison de l’immunosuppression, cette population est plus à risque de complications graves liées à la grippe. Bien que la gravité de la grippe varie d’une saison à l’autre, le fardeau de la grippe grave, y compris l’hospitalisation et le décès, est le plus lourd dans cette population.

La grippe H3N2 en particulier touche de façon disproportionnée les adultes plus âgés. C’est donc l’une des raisons pour lesquelles ils figurent sur notre liste. Même lors de la pandémie de 2009, alors qu’il y avait moins de cas de cette souche pandémique chez les personnes âgées, celles qui sont tombées malades sont devenues très malades.

Elles sont donc sur la liste depuis des décennies et le choix de ce vaccin a toutefois causé un peu de confusion. Le CCNI n’a pas déterminé que le vaccin avec adjuvant offre une meilleure protection que le vaccin à dose standard, mais vous constaterez peut-être que certains pays comme le Royaume-Uni l’ont rendu préférentiel.

On pense que le vaccin à haute dose offre une meilleure protection, alors le CCNI a fait cette recommandation pour les adultes âgés. Toutefois, encore une fois, certaines provinces ont fait leur propre évaluation de la valeur et de la rentabilité de ces trois choix, de sorte que le vaccin spécifique offert aux adultes âgés variera d’une province à l’autre.

Les enfants de moins de cinq ans, en particulier ceux de moins de deux ans, courent un risque accru de complications liées à la grippe, comparativement aux enfants plus âgés. Environ un tiers des hospitalisations sont signalées par le Programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT).
Selon IMPACT, depuis la saison 2014-2015, jusqu’à huit décès pédiatriques liés à la grippe ont été signalés chaque saison. Donc, même si les décès sont rares, certains enfants meurent de la grippe chaque année au Canada.

Par ailleurs, le vaccin est moins immunogène chez les nourrissons de moins de six mois et ne donne pas une protection suffisante, et c’est pourquoi il n’est pas utilisé dans ce groupe d’âge. Ce n’est pas parce que le vaccin est nocif pour ce groupe d’âge.

La grippe pendant la grossesse est pire pour la mère et le nouveau-né. Bien que le risque absolu ne soit pas élevé, le risque relatif est important. Les changements dans le système immunitaire du corps pendant la grossesse rendent les femmes enceintes plus vulnérables aux complications. La vulnérabilité à l’infection grippale augmente avec l’âge gestationnel, de sorte que le troisième trimestre présente un risque supérieur à celui du deuxième trimestre.

De plus, l’infection grippale au cours de la grossesse augmente les conséquences néonatales indésirables, comme un faible poids à la naissance. Dans le passé, nous recommandions d’éviter les vaccins, y compris le vaccin antigrippal pendant la grossesse, à moins qu’il y ait un risque particulier pour la mère ou le nourrisson. Nous avons maintenant la preuve qu’il y a un risque. Donc, les dispositions relatives au vaccin pendant la grossesse sont non seulement sécuritaires, mais elles sont aussi recommandées, à moins qu’il y ait une contre-indication précise.

En plus de protéger les femmes enceintes, comme je l’ai mentionné, il protège aussi le bébé. Les femmes enceintes vaccinées contre la grippe transmettront des anticorps qui aideront à protéger leurs nouveau-nés contre la grippe. Les anticorps fournissent au nouveau-né — par le lait maternel de mères vaccinées — une certaine protection et, bien sûr, si la mère ne contracte pas la grippe, elle ne pourra pas la transmettre à son bébé.

Maintenant, un mot ou deux au sujet du calendrier. Simplement pour vous rappeler que la raison pour laquelle nous avons une vaccination annuelle contre la grippe est que le système immunitaire de notre corps par la vaccination diminue dans ce délai d’un an. Comme la plupart d’entre vous le savent, les virus de la grippe en circulation changent fréquemment, ce qui nécessite des changements annuels dans les souches de vaccins.

À titre de rappel, tout enfant de moins de neuf ans devrait recevoir deux doses, une dose initiale et une deuxième dose. En théorie, les deux doses devraient être reçues au cours de la même saison, mais il n’est pas nécessaire qu’elles le soient si une dose a déjà été administrée au cours d’une saison précédente. La dose peut être administrée avec n’importe quel vaccin inactivé ou VVAI.

À titre de référence, voici les vaccins recommandés pour divers groupes d’âge. Pour les enfants, le CCNI recommande un quadrivalent plutôt qu’un trivalent. Comme le Dr Evans l’a mentionné, le plus grand fardeau de la grippe est ce groupe et nous voulons nous assurer que s’il y a une non-concordance entre le Victoria et le Yamagata, nous avons les deux.

Pour les personnes de 65 ans et plus, en raison d’un fardeau accru, comme je l’ai déjà mentionné, et de preuves solides d’une meilleure efficacité du VII3 à haute dose par rapport à la dose standard, le CCNI recommande que le VII3 à haute dose soit utilisé par rapport à la dose standard.

Encore une fois, à titre de référence, il y a le tableau des doses des divers vaccins antigrippaux pour les différents groupes d’âge, et nous avons déjà discuté des deux doses pour les enfants de moins de neuf ans.

Tous les vaccins antigrippaux sont donc contre-indiqués pour les personnes qui ont eu une réaction anaphylactique à une dose antérieure de vaccin antigrippal. L’allergie aux œufs n’est toutefois plus une contre-indication pour le vaccin antigrippal. Plusieurs saisons de surveillance de l’innocuité après la mise en marché au Canada et des études menant des essais sur les personnes allergiques aux œufs ont montré que l’allergie aux œufs ne semble pas être associée à une plus grande proportion de signalements spontanés d’anaphylaxie, de réaction allergiques ou de tout événement indésirable de type allergique à la suite du vaccin. C’est logique d’une certaine façon, parce que la dose de protéine d’œuf dans le vaccin antigrippal est si faible qu’il est peu probable qu’elle déclenche une réaction allergique.

Il est vraiment important de mettre l’accent sur l’innocuité du vaccin antigrippal, parce que plus que l’efficacité, les gens veulent savoir que les vaccins sont sûrs. Les réactions au site d’injection sont les plus courantes et sont généralement légères et transitoires. Les événements indésirables graves sont rares suivant la vaccination antigrippale. Dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour déterminer une association causale et il est très important de pouvoir le faire — pour informer les patients que l’innocuité du vaccin antigrippal est continuellement surveillée par le Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l’immunisation. Bref, le vaccin antigrippal est un vaccin sûr.

Si vous regardez cela dans son contexte, par exemple, le risque de syndrome de Guillain-Barré (SGB) après le vaccin antigrippal, nous savons qu’il s’agit d’environ un cas supplémentaire par million de doses de vaccin. Cependant, l’analyse de Jeff Kwong et de ses collègues a montré que le risque de SGB à la suite d’une maladie grippale est dix fois plus élevé.

La conclusion est donc qu’il est plus risqué de souffrir du SGB contracté à la suite d’une grippe que le SGB à la suite d’un vaccin antigrippal. Que peuvent faire les fournisseurs de soins de santé ? En tant que fournisseurs de soins de santé, c’est à vos recommandations que les patients font le plus confiance. Vous êtes les principaux moteurs de l’adoption du vaccin.

Alors, quel est le message que nous pouvons transmettre aux gens ? Tout d’abord, les fournisseurs de soins de santé peuvent faire leur part en obtenant eux-mêmes le vaccin antigrippal et en aidant à prévenir la transmission de la grippe aux patients, en saisissant toutes les occasions de vacciner les personnes à risque, même après que l’activité grippale a été documentée dans la communauté, et en discutant avec les patients des risques et des avantages du vaccin, ainsi que du risque de ne pas être vacciné.

Juste un mot sur l’efficacité du vaccin antigrippal. L’efficacité du vaccin varie selon plusieurs facteurs. Tout d’abord, dans quelle mesure les souches de vaccin correspondent-elles aux virus de la grippe en circulation, au type et au sous-type de virus en circulation, à la santé et à l’âge de la personne recevant le vaccin, à la dérive intersaisonnière et intrasaisonnière inattendue et aux mutations acquises pendant la production. Nous savons que cela se produit pendant la production ou l’utilisation de vaccins à base d’œufs.

Au cours des dernières années, l’efficacité du vaccin antigrippal a suscité de plus en plus de préoccupations, car il a parfois donné des résultats bien inférieurs à ceux que nous avions évalués il y a 20 ou 30 ans. Il est donc utile d’examiner l’efficacité du vaccin pour comprendre qu’un vaccin peut quand même protéger les gens, même si son efficacité n’est pas de 100 %.

Il est très difficile d’évaluer cette efficacité. Nous sommes très reconnaissants aux Canadiens qui assument cette responsabilité à notre égard et qui nous fournissent ces données chaque année.

Pour vous donner un exemple, supposons que la grippe ait un taux d’attaque moyen de 10 %, cela signifie que dans un groupe de personnes non vaccinées — et nous allons simplement ignorer l’immunité collective pour le moment, 10 seront infectées par la grippe.

Si le vaccin était efficace à 100 % et que les 100 personnes étaient vaccinées, nous éviterions — ou nous préviendrions 10 cas — les 10 cas de grippe. Toutefois, même si le vaccin n’est efficace que dans une proportion de 40 %, on préviendrait quand même quatre cas, si les 100 étaient vaccinés.

En raison du lourd fardeau de la maladie causé par la grippe, même un vaccin moins efficace peut encore prévenir des milliers de cas. Les estimations provisoires de l’efficacité du vaccin du Réseau canadien de surveillance sentinelle en soins primaires montrent que le vaccin était efficace dans l’ensemble à 68 % l’an dernier et efficace à 72 % contre la grippe H1N1, particulièrement celle de la souche prédominante.
Pour les groupes à risque élevé, ce vaccin était efficace à 88 % pour les jeunes enfants et à 64 % pour les adultes de plus de 65 ans. Cependant, trop peu de grippe A H3N2 circulait au début de la saison pour obtenir une estimation. Les estimations finales qui sont attendues bientôt devraient également être faibles.

Il ne faut donc pas oublier que lorsque nous évaluons l’efficacité du vaccin, nous examinons quatre vaccins différents en un seul, s’il s’agit d’un vaccin quadrivalent. Nous évaluons donc quatre maladies différentes.

Il y a des conséquences à une faible efficacité du vaccin — les vaccins existants contre la grippe sont loin d’être parfaits ; toutefois, ils constituent actuellement la meilleure ligne de défense disponible contre la grippe et même lorsqu’il y a une correspondance moins qu’idéale, ou une efficacité du vaccin inférieure contre une souche de grippe en circulation, la possibilité d’une efficacité du vaccin faible ne devrait pas empêcher la vaccination, en particulier pour les personnes à risque élevé de complications.

Il est important de noter que les personnes vaccinées sont encore plus susceptibles d’être protégées contre l’infection grippale que celles qui ne sont pas vaccinées. Elles sont protégées contre plusieurs souches grippales différentes avec une seule dose de vaccin. Cela peut réduire la gravité de leurs symptômes même si elles sont touchées.

Voilà qui met fin à la première partie de mon exposé. Je vais maintenant redonner la parole au Dr Evans, qui vous parlera des lignes directrices de l’AMMI Canada sur l’utilisation de médicaments antiviraux contre la grippe saisonnière.

Dr Evans :

Merci Ian. Donc, ceux d’entre vous qui ont assisté au séminaire l’an dernier, vous allez voir pas mal de choses que j’ai déjà parlées et que nous avons maintenant publiées dans notre article, qui a paru dans le JAMMI (Journal officiel de l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada). Il y a un lien vers l’article sur l’une des dernières diapositives que Dr Gemmill va vous montrer par la suite. Ce document a donc été publié et confirmé, et je vais donc vous en reparler.

Nous avons cerné un certain nombre de principes dans le document, y compris une sorte de principes généraux de traitement de la grippe par des antiviraux. Nous avons parlé du traitement des adultes non enceintes, ainsi que des nourrissons, des enfants et des jeunes, et nous avions aussi des sections précises sur ce qu’il faut faire avec les patients immunodéprimés et les femmes enceintes. Ensuite, je pense que la section qui a beaucoup fait l’objet de discussions est l’utilisation de la prophylaxie après l’exposition ou avant l’exposition, par opposition au concept du traitement précoce.

Donc, les principes généraux que nous avons cernés, c’est que si vous utilisez un antiviral pour la grippe, il faut le faire le plus rapidement possible. Il y avait d’assez bonnes preuves à l’appui de cette recommandation. Je ne pense pas qu’un délai de 48 heures soit aussi important lorsqu’il s’agit de certaines populations. J’insisterai donc là-dessus.

Nous avons aussi mentionné qu’une thérapie antivirale devrait être amorcée si la grippe était suffisamment grave pour qu’un patient soit hospitalisé, s’il était identifié qu’il souffre d’une pneumonie progressive, grave ou compliquée. Nous avons défini ce qu’il en est dans ce document et vous pouvez jeter un coup d’œil au tableau. Ou encore, s’ils appartenaient à un groupe considéré à risque élevé. Il y avait des patients comme les femmes enceintes, les diabétiques, les cardiopulmonaires, etc.

En général, nous estimions que les patients en bonne santé qui ont une grippe spontanément résolutive relativement légère ne sont pas vraiment susceptibles de bénéficier d’une thérapie à l’inhibiteur de la neuraminidase, en se rappelant que, dans l’ensemble, c’est le seul groupe de médicaments que nous utilisons actuellement au Canada qui sont les inhibiteurs de la neuraminidase. Le médicament Baloxavir est disponible aux États-Unis, mais pas au Canada, et il sera probablement très limité. On a posé une question à ce sujet plus tôt.

Toutefois, si les patients ne semblent avoir qu’un cas bénin de grippe — et en reconnaissant que la grippe est une maladie grave — il faut les prévenir des symptômes et des signes d’aggravation de la maladie, car cela justifierait une réévaluation. La durée du traitement devrait normalement être de cinq jours.

Il s’agit de l’algorithme issu de notre article sur le traitement de la grippe légère ou non compliquée chez les adultes, où nous avons divisé les gens en facteurs de risque, par opposition à ceux sans facteurs de risque. Il a été reconnu que s’il y avait des facteurs de risque — même s’il s’est écoulé plus de 48 heures depuis l’apparition de la maladie — vous devriez quand même envisager une thérapie antivirale et rappeler aux patients la possibilité que la maladie évolue et les signes et symptômes qu’ils doivent surveiller.

Donc, encore une fois, cela revient à la question de la durée de la thérapie et au fait que le délai de 48 heures — bien que ce soit le marqueur utilisé dans les essais cliniques — ne s’applique pas nécessairement à ceux qui peuvent avoir des facteurs de risque, etc.

Pour ce qui est de la grippe progressive, grave ou compliquée, cependant, cet algorithme est ce que nous avons mis dans le document qui dit essentiellement que l’une des premières choses que vous devriez envisager est l’hospitalisation. Et aussi, selon leur évaluation à l’hôpital, s’ils devraient être aux soins intensifs. Il faut aussi rappeler aux cliniciens qu’une pneumonie bactérienne primaire aiguë peut parfois se manifester pendant la saison de la grippe, ce qui peut avoir un impact.

La thérapie antivirale devrait commencer immédiatement. Si le patient ne réagit pas à Oseltamivir, qui est l’agent que nous utilisons habituellement, il faut considérer d’autres diagnostics et, bien sûr, la grippe B, où l’Oseltamivir n’a probablement pas autant d’activité que le Zanamivir. Chez ceux qui ont une grippe modérée progressive, grave ou compliquée, les points importants à se souvenir sont l’hospitalisation, le début de l’Oseltamivir et de nouveau s’ils ont une fonction rénale normale à une dose de 75 mg deux fois par jour, même si l’intervalle entre le début de la maladie est plus de 48 heures.

Chez les enfants et les jeunes, qui ont une grippe légère ou non compliquée, il est important de se rappeler que les enfants de moins d’un an doivent être examinés au cas par cas et il est possible que vous ayez besoin de conseils d’experts, soit d’un pédiatre ou d’une personne chargée des maladies infectieuses pédiatriques

Les enfants âgés de un à cinq ans, bien qu’ils soient exposés à un risque de maladie plus grave, n’ont pas régulièrement besoin d’une thérapie antivirale, pas plus que les enfants âgés de plus de cinq ans, parce qu’ils entrent maintenant dans une catégorie de risque qui est relativement faible.

Lorsqu’il s’agit d’une grippe moderne, progressive, grave ou compliquée chez les enfants, les jeunes et les nourrissons, encore une fois, il faut une hospitalisation et le traitement doit commencer immédiatement et même si l’intervalle est supérieur à 48 heures, il faut commencer une thérapie antivirale simplement parce que les données montrent que le fait de commencer à prendre des antiviraux a en fait un effet sur la réduction des complications et peut-être même la probabilité de décès.

Pour les personnes immunodéprimées, nous avons dit de traiter le plus rapidement possible sans égard à la durée de leur maladie. C’est simplement parce que chez ces personnes immunodéprimées, la progression et l’évolution de la grippe peuvent être difficiles à prédire et nous reconnaissons qu’elles peuvent être exposées à un risque supplémentaire, même si elles ont été vaccinées.

Par conséquent, le début précoce du traitement d’une infection symptomatique est préférable à la prophylaxie post-exposition, simplement parce que l’utilisation excessive de prophylaxie post-exposition, selon nous, peut entraîner des problèmes de résistance.

Chez les femmes enceintes, il faut utiliser l’Oseltamivir. Les doses standard sont recommandées, même si les femmes enceintes ont tendance à éliminer les médicaments plus rapidement parce que leur clairance à la créatinine augmente et qu’elles ont un volume de plasma plus élevé, mais la dose standard est administrée — devrait être administrée à une femme enceinte qui développe la grippe, que ce soit en laboratoire ou avec des caractéristiques cliniques de la grippe, à un moment où vous savez que la grippe circule dans votre communauté.

La prophylaxie post-exposition, par opposition au traitement précoce. Vous m’avez déjà vu mentionner que nous préférons vraiment le traitement précoce à la thérapie post-exposition, en raison des problèmes de résistance aux médicaments naissants si la prophylaxie post-exposition devait être utilisée à grande échelle.

Donc, chez les gens qui ont été exposés à la grippe — et vous avez raison, ils vont la développer — ce que vous devez faire, c’est de développer un système pour les surveiller de près et s’ils développent soudainement une infection symptomatique, commencez le traitement immédiatement, plutôt que de leur donner le médicament quand ils sont encore en bonne santé, inquiets du potentiel de transmission. C’est parce que la transmission de la grippe, même chez les personnes exposées, n’est pas de 100 %. Dr Gemmill en a parlé lorsqu’il a examiné des choses comme le taux d’attaque.

Nous pensons toutefois à la prophylaxie post-exposition, pour contrôler les éclosions dans les établissements fermés, et la plupart des provinces ont élaboré des lignes directrices sur ce qu’il faut faire dans les établissements de soins de longue durée, qui sont probablement les établissements fermés les plus courants. Il faut savoir quand utiliser des antiviraux en combinaison avec l’administration d’un vaccin pour contrôler une éclosion, surtout chez les personnes qui n’ont peut-être pas été vaccinées, même si elles devraient l’être.

La prophylaxie pré-exposition, qui consiste à commencer la prophylaxie chez les personnes à risque, avant même qu’elles n’aient jamais eu contact avec la grippe, est un sujet beaucoup plus difficile. Il n’y a pas beaucoup de données à ce sujet. Nous avons dit qu’il pourrait y avoir une utilisation sélective de la prophylaxie pré-exposition comme passerelle vers l’immunité induite par le vaccin au cours d’une période où vous vacciniez quelqu’un, sachant qu’il peut falloir jusqu’à 14 jours pour développer une réponse immunitaire activement efficace.

À l’occasion — au moins pour protéger les patients à risque élevé dans leurs contacts étroits avec la grippe — on peut le faire lorsque la souche qui circule dans la communauté à ce moment-là peut ne pas être bien assortie à des souches de virus de la grippe saisonnière qui peuvent parfois être un peu difficiles, parce que notre compréhension de l’efficacité d’un vaccin prend parfois un peu de temps et il faut obtenir des données.

Voici notre algorithme pour ce qui est de l’utilisation de prophylaxie à l’Oseltamivir et au Zanamivir dans les contacts étroits de cas soupçonnés ou confirmés en laboratoire. Comme vous pouvez le voir du côté gauche de cette diapositive, en ce qui concerne les résidents des établissements fermés, nous avons tendance à pousser au moins le concept de prophylaxie post-exposition.

Pour d’autres, il s’agit vraiment de savoir s’il existe ou non des facteurs de risque de complications de la grippe. Si c’est le cas, il peut y avoir soit une thérapie présomptive, soit au moins un traitement précoce s’ils présentent des signes et des symptômes.

Enfin, il y a toute cette question de ce qu’il faut faire pendant les saisons où on peut prédire une faible efficacité du vaccin. Nous avons publié ce document il y a quelques années, parce qu’en 2017-2018, il y avait des préoccupations et nous prévoyons le mettre à jour. Nous espérons donc pouvoir publier ce rapport d’ici novembre ou décembre.

Toutefois, il faut reconnaître qu’il faut peut-être envisager une thérapie antivirale pour les personnes qui présentent un risque élevé de complications grippales graves, irrémédiables ou peu importe si elles ont reçu le vaccin antigrippal saisonnier ou non, s’il y a un risque de discordance du vaccin.

Il faut certainement commencer le plus tôt possible et le plus intensément possible une thérapie antivirale chez ces personnes. Parfois, plus tôt vous le faites, mieux c’est. Vous ne tenez pas nécessairement compte de leur état de vaccination contre la grippe. Cela peut donc être pertinent dans certaines années où il semble y avoir un problème avec l’établissement de correspondance de certaines parties du vaccin contre la grippe.

Je vais donc céder la parole à Dr Gemmill pour qu’il résume les principaux messages et certaines des ressources que vous pouvez utiliser.
Dr Gemmill : Encore une fois, merci beaucoup, Gerald. Je serai très bref, car je vois qu’il y a beaucoup de questions. Tout d’abord, des messages clés à communiquer au sujet de la prévention de la grippe. Le vaccin antigrippal demeure le moyen le plus sûr, le plus durable et le plus efficace de prévenir la grippe.

Tous ceux qui ont six mois ou plus peuvent recevoir le vaccin et la seule raison pour laquelle nous ne l’administrons pas à des gens de moins de six mois, comme je l’ai déjà mentionné, c’est que cela ne fonctionne pas aussi bien. Il est particulièrement important pour les personnes à risque élevé de complications et celles qui sont particulièrement capables de propager la grippe aux personnes à risque élevé, et il est important de se faire vacciner chaque année pour rester protégés, car les virus changent d’une année à l’autre et leur efficacité peut s’amenuiser.

De plus, le vaccin protège contre plusieurs souches différentes chaque saison et même lorsque l’efficacité du vaccin était moindre contre une souche, le vaccin peut toujours offrir une protection contre les deux souches restantes. Donc chaque année, nous essayons de deviner ce qui va circuler et nous le faisons — SAGE fait sa meilleure analyse possible de cela, mais parfois il y a encore des non-concordances qui peuvent se produire.

Si, par exemple, comme cela s’est produit l’an dernier, lorsqu’il y a eu une double saison, avec le H1N1 et le H3N2, il y a une protection contre plus d’une de ces souches. En plus de la vaccination, les autres mesures pour éviter de contracter la grippe sont celles que vous connaissez tous, en termes d’hygiène des mains, de toux et d’éternuements dans le coude de notre bras, ne pas aller travailler quand on est malade et garder les surfaces propres.

Il y a un certain nombre de ressources que je vais vous présenter très rapidement. Vous recevrez ces diapositives, alors vous aurez tous les tableaux que j’ai fournis à titre de référence. Et ces références aussi — il s’agit donc d’une déclaration du CCNI à laquelle vous pouvez vous référer, la ligne directrice de l’AMMI que le Dr Evans vient de passer en revue en détail. L’Agence de la santé publique du Canada offre également des ressources gratuites et vous offre un site Web sur le vaccin antigrippal et la grippe. Immunisation Canada est une très bonne source de ressources pour vous — leur site Web est indiqué ici lorsque vous recevez la présentation.

Enfin, je pense qu’il est vraiment bon de vous inscrire à FluWatch si vous êtes intéressé par ce qui se passe avec la grippe pendant la saison de la grippe. Vous pouvez obtenir des mises à jour hebdomadaires qui vous disent exactement ce qui se passe au Canada, tant en ce qui concerne les souches qui sont isolées, les rapports des praticiens sentinelles et bien plus encore. C’est une très bonne ressource à avoir.

Sur ce, je vais mettre fin à cette partie de l’exposé et céder la parole à notre modérateur, Aleksandra, pour la période de questions.

Aleksandra,

Okay. Merci beaucoup, Dr Gemmill et Dr Evans. Il nous reste environ 10 minutes avant 13 heures, heure de l’Est. Comme je l’ai dit au début, nos conférenciers sont prêts à rester un peu plus longtemps que prévu pour répondre au plus grand nombre de questions possible. Un certain nombre de questions ont été posées, alors je vais essayer de les poser à nos conférenciers dans l’ordre où elles ont été posées.

Ma première question est donc la suivante : étant donné les deux types de vaccin antigrippal trivalent inactivé pour la population gériatrique, qui devrait recevoir le vaccin à haute dose ?

Dr Gemmill :

Okay. Eh bien, je pense que je devrais répondre à celle-ci, si cela convient à Aleksandra, et je suis désolé de ne pas avoir été plus clair pendant la présentation, mais simplement pour renvoyer les gens à la déclaration de cette année, le tableau 1 de l’énoncé énumère les divers vaccins qui sont disponibles pour divers groupes d’âge — ceux pour lesquels ils sont homologués — et pour les personnes de 65 ans et plus, il y a quatre options.

Il y a une dose standard VII3. Il y a une dose standard VII4. Il y a un VII3 avec adjuvant et un VII3 à haute dose. Et cela complique les choses pour le choix du vaccin. Les quatre répondent aux critères minimums. Ils ont tous démontré, grâce à l’octroi de licences, qu’ils ne sont pas inférieurs à la norme qui a été proposée, mais il y a eu très peu d’essais comparatifs, parce qu’ils coûtent très cher à mener.

Donc, nous n’avons pas beaucoup de bonnes données pour pouvoir nous conseiller sur ceux de ces vaccins qui sont les meilleurs à utiliser. Toutefois, je pense qu’il y a de plus en plus de preuves que le CCNI a prises en compte, au sujet de la valeur du vaccin à haute dose.

Et n’oubliez pas que le vaccin à dose standard avec adjuvant contient 15 microgrammes de chacun des composants. Le vaccin avec adjuvant contient 15 microgrammes de chacun des composants plus l’adjuvant qui, en théorie, provoquera une plus grande réaction immunitaire et offrira donc une protection plus élevée et plus durable. La haute dose va en fait jusqu’à 60 microgrammes de chacun des composants du vaccin. Et donc, vous obtenez quatre fois la dose.

Lorsque nous avons examiné les données sur ces divers vaccins, celui qui, selon nous, aura une chance raisonnable d’offrir une meilleure protection à cette population, parce qu’il s’agit d’immunosénescence, comme je l’ai mentionné, qui est déjà un peu plus à risque de complications pour la grippe, il semble que la haute dose pourrait offrir une protection plus élevée et plus durable à cette population.

C’est pourquoi dans le tableau, le CCNI a dit : quand un patient individuel est dans votre bureau, que devriez-vous faire ? Lorsqu’il est disponible, le VII3 à haute dose devrait être utilisé par rapport à la dose standard, compte tenu du fardeau de la grippe A H3N2, comme je l’ai mentionné dans la présentation, et il existe des preuves solides d’une meilleure efficacité par rapport à la dose standard dans ce groupe d’âge.

Il n’y a pas suffisamment de données probantes pour pouvoir faire des recommandations individuelles sur l’utilisation du VII3 avec adjuvant ou du VII4 à dose standard par rapport à n’importe laquelle des quatre autres. Par conséquent, nous ne pouvons tout simplement pas le dire.

Donc pour le patient individuel, oui, donnez probablement la haute dose si vous l’avez sous la main. Si vous ne l’avez pas, veuillez donner n’importe quel vaccin antigrippal homologué pour cette population, car tout vaccin antigrippal est préférable à l’absence de vaccin antigrippal.

Dans le même ordre d’idées, en ce qui concerne la prise de décisions au niveau de la santé publique, le problème ici est que les évaluations de coût-efficacité n’ont pas été effectuées. Il est donc très difficile d’évaluer ce que vous achetez, en termes d’optimisation des ressources par rapport à la population.

C’est pourquoi certaines provinces ont pris des décisions différentes quant au vaccin à offrir aux personnes de 65 ans et plus. Ces personnes devraient recevoir un vaccin et si votre province fournit une haute dose, vous devez respecter les critères pour lesquels ils ont été administrés. Veuillez donc vérifier auprès de votre représentant provincial ou territorial. Je crois que je vais m’arrêter ici, à moins qu’il y ait besoin d’autres précisions, Aleksandra.

Aleksandra,

Merci. Une question semblable : quelle est la différence entre la haute dose et le vaccin trivalent inactivé avec adjuvant pour les personnes âgées ? L’un est-il meilleur que l’autre ? Vous l’avez peut-être déjà mentionné brièvement. Mais si vous pouviez simplement récapituler la réponse à cette question. Docteur Gemmill, m’entendez-vous ?

Dr Gemmill :

Désolé. Je pense que j’étais en mode muet. Excusez-moi. Oui. Donc, très brièvement, nous n’avons pas d’études directes entre les doses adjuvantes et les hautes doses. L’adjuvant contient 15 microgrammes, mais un adjuvant qui stimule davantage le système immunitaire. En théorie, cela pourrait donc offrir une meilleure protection.

Nous n’avons pas été en mesure de déterminer si les données sont cohérentes. N’oubliez pas – déterminer quelle est l’importance du vaccin contre quatre infections différentes sur toute une série de saisons différentes, quand différentes infections sont prévalentes dans différentes années, c’est vraiment difficile. Il est vraiment très difficile de déterminer quel vaccin est le meilleur.

Je pense que le mieux que je puisse dire, c’est que comme la dose est beaucoup plus élevée pour les personnes de ce groupe d’âge — si vous avez cette dose disponible ou si elles sont prêtes à la payer, ou si c’est dans votre programme provincial, il semble que la dose élevée soit une meilleure option, parce que le H3N2 est celui qui cause le plus de complications et d’autres conséquences négatives de la grippe pour les personnes de plus de 65 ans. Merci.

Aleksandra,

Dans le même ordre d’idées, une question a été posée, à savoir que l’année dernière, il y a eu de nombreux cas de personnes qui ont reçu le vaccin à haute dose et qui ont eu des effets secondaires importants. D’après votre expérience, prévoit-on des effets secondaires semblables avec la haute dose cette année également ?

Dr Gemmill :

Eh bien, il semble que ce qui arrive avec n’importe quel nouveau développement de vaccins, quand nous développons des vaccins qui sont censés nous donner une meilleure protection, parfois nous finissons par avoir plus d’effets secondaires. Autrement dit, le système immunitaire réagit davantage de certaines façons également. Étant donné qu’une haute dose contient quatre fois plus d’antigène, on peut supposer qu’il en résulterait davantage d’effets secondaires.

Je n’ai entendu personne dire que le vaccin est trop — comment dirais-je — désagréable et qu’il faut l’éviter. En fait, je pense que le CCNI dirait clairement que s’il est disponible pour vous, ou pour votre patient, c’est celui qu’il faut choisir même s’il peut vous causer un bras douloureux ou quelque chose comme ça.

Sachez toutefois que la concordance des souches est très importante. Donc, même un vaccin à haute dose ne fournira pas de protection, si nous avons une mauvaise concordance. C’est donc mieux s’il y a une bonne concordance possible. Et une année comme l’an dernier, lorsque l’efficacité du vaccin de H3N2 était plus faible, c’est peut-être une bonne raison de donner le vaccin à haute dose à ce groupe d’âge, parce qu’ils pourraient obtenir une meilleure protection, même si l’efficacité du vaccin n’est pas aussi bonne.

Aleksandra,

Okay. Merci. J’ai une question pour le Dr Gemmill : vous avez mentionné que le vaccin antigrippal vivant atténué n’est pas disponible au Canada en raison d’une pénurie. Est-ce parce qu’aucune des provinces n’a commandé ce vaccin, en raison de la faible efficacité discutable de la composante H1N1 il y a quelques années ? Pourriez-vous répondre à cette question ?

Dr Gemmill :

Eh bien, les VVAI ont connu beaucoup de hauts et de bas au fil des ans, comme vous venez de le mentionner. Je crois que c’était autour de la saison 2015 ou 2016. Les VVAI ont été retirés de la liste par le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation aux États-Unis parce qu’il semblait que l’efficacité du vaccin était dans la zone négative.

Les VVAI ont donc ce genre d’historique. Il n’est pas utilisé à grande échelle, du moins pas autant au Canada qu’il l’a été dans d’autres pays. Donc — et je ne fais que spéculer — le Royaume-Uni a un programme qui utilise les VVAI pour les enfants et, par conséquent, le fabricant, bien sûr, va fournir ce programme en premier. Donc, quand ils en ont moins de disponibles, les autres pays qui l’utilisent régulièrement dans le cadre d’un programme de vaccination — comme le Royaume-Uni le fait — ne l’obtiennent sans doute pas.

Mais si les gens ont besoin d’en savoir plus sur la pénurie — ou sur le manque de disponibilité des VVAI — ils devraient consulter le site penuriesdemedicamentscanada.ca C’est vraiment AstraZeneca qui a les réponses à cette question et, si j’ai bien compris, il y a plus d’information sur ce site Web. Merci.

Aleksandra,

Merci beaucoup.

Dr Evans :

Aleksandra, je voulais juste — c’est Gerald qui parle. Je suppose que les gens ont remarqué que les directives concernant les antiviraux ne se trouvent pas sur le site Web d’AMMI Canada et c’est le cas. Et je viens d’afficher le lien. Si ceux d’entre vous qui nous écoutent regardent la boîte de clavardage, vous verrez le lien.

Aleksandra,

Okay.

Dr Evans :

Cela apparaît comme un texte bleu, parce que c’est un lien corrigé qui vous amène au PDF de l’article que vous pouvez télécharger.

Aleksandra,

Okay. Merci. On a posé une question au sujet de l’Oseltamivir dans le dosage de la population pédiatrique. Pouvez-vous nous dire ce que vous en pensez ?

Dr Evans :

Oui. J’ai donc répondu à cette question dans la boîte de clavardage.

Aleksandra,

Oh d’accord.

Dr Evans :

– à [Caitlyn] qui l’avait posée. Nous avons le tableau dans la section Pédiatrie — il y a un tableau dans l’article qui en parle, parce que le traitement des enfants est toujours un peu difficile lorsqu’il s’agit de dosage basé sur le poids et, bien sûr, en ce qui concerne les recommandations, il n’y en a pas vraiment pour les enfants de moins d’un an.

Aleksandra,

Okay. Pourriez-vous nous parler de la résistance à l’Oseltamivir dans le cas de la grippe — à quel point est-elle répandue ?

Dr Evans :

C’est en fait — c’est décrit — nous connaissons les mutations qui la confèrent, mais c’est très rare et on ne l’a certainement pas vue abondamment dans les virus circulants qui provenaient de l’hémisphère Sud, ni l’année dernière dans notre hémisphère.

Pour l’instant, la résistance à l’Oseltamivir est une possibilité, mais n’a pas été largement vue, alors c’est un bon point à propos du fait que les antiviraux sont toujours utiles.

Aleksandra,

Okay. Super. Quels sont les effets secondaires de l’Oseltamivir et du Zanamivir ?

Dr Evans :

Je vais parler de l’Oseltamivir, parce qu’il est plus utilisé — une chose essentielle est de se rappeler qu’il n’est pas aussi toxique que les anciens antiviraux adamantanes. Vous devez tout de même connaître la fonction rénale de vos patients adultes, car l’Oseltamivir est associé à une certaine neurotoxicité. Il est décrit davantage lorsqu’il est donné à des enfants qu’à des adultes. Mais si vous donnez une dose complète d’Oseltamivir à un adulte qui a une déficience rénale importante, il y a un potentiel de neurotoxicité qui se manifeste habituellement sous forme de convulsions.

À part cela, nous savons qu’environ 10 % des personnes qui prennent de l’Oseltamivir développent des nausées et peuvent avoir des vomissements. Avec le Zanamivir, le gros problème est simplement lié à l’exacerbation de la maladie des voies aériennes réactives. Donc, si vous donnez du Zanamivir, qui est un produit inhalé à quelqu’un qui souffre d’asthme ou de MPOC, il peut y avoir une aggravation de sa gêne et de son obstruction, mais ce sont là les principaux effets secondaires courants.

Aleksandra,

Okay. Super. Merci. Une autre question a été posée au sujet de l’éclosion dans un établissement de soins de longue durée. Devrait-on utiliser des antiviraux ? Et est-ce pour toute la durée de l’éclosion ? Sinon, pour combien de temps ?

Dr Evans :

C’est une excellente question. On en parle chaque année. Nous avons tendance à penser que si vous allez l’utiliser dans ce contexte, vous n’avez probablement pas besoin de l’utiliser pendant plus de 14 jours. Et si vous regardez la plupart des éclosions qui surgissent dans les foyers de soins de longue durée, c’est à peu près la durée la plus longue des éclosions.

Je pense que si l’éclosion dure plus longtemps que cela — et il y a peut-être des problèmes qui en sont la cause — alors il faut la prendre au cas par cas, pour savoir si vous continuez ou non au-delà d’une période de 14 jours.

Aleksandra,

Okay. Super. Une autre question — pour revenir à la pénurie de vaccins — une question concernant les mises à jour. Le CCNI élaborera-t-il des recommandations mises à jour sur les priorités et sur les personnes qui devraient recevoir le vaccin à haute dose — parmi la population à risque élevé qui devrait recevoir le vaccin en premier, pourvu que la pénurie soit maintenue ?

Dr Evans :

Ian doit désactiver le mode sourdine de son téléphone.

Aleksandra,

Docteur Gemmill, nous entendez-vous ?

Dr Evans :

Nous l’avons peut-être perdu.

Aleksandra,

Je ne sais pas s’il peut nous entendre. Peut-être —

Dr Evans :

Je vais simplement intervenir. La question des pénuries et de la disponibilité est souvent de compétence provinciale, comme vous le savez, en ce qui concerne ce qu’ils ont commandé et ce qui devient disponible, et ainsi de suite. Je pense donc que c’était la genèse de la question : que faites-vous en cas de pénurie ?

Aleksandra,

Mm-hmm.

Dr Evans :

Vous savez, bien que nous recommandions une haute dose pour les adultes — pour les adultes de plus de 65 ans, devrais-je dire — alors vous pourriez devoir revenir au VII3 à dose standard, ou au VII4 pour un adulte plus âgé, en reconnaissant simplement que vous pourriez ne pas recevoir la même quantité d’immunogénicité.

Aleksandra,

Okay. Y a-t-il — une question concernant le thimérosal — ou quels vaccins ne contiennent pas de thimérosal ?

Dr Evans :

Je devrais être un expert dans ce domaine, mais je ne le suis pas. En fait, le thimérosal n’est pratiquement utilisé dans aucun vaccin. Les seuls dans lesquels il apparaît — il apparaissait auparavant sur des fioles à doses multiples, qui sont presque inexistantes de nos jours.

Et juste [interférences] Je veux dire que je peux parler de l’ensemble du problème que représente le thimérosal — utilise de l’éthylmercure – pardon, de l’éthylmercure et non du méthylmercure — et c’est le méthylmercure qui est toxique. Et il n’y a aucune preuve que le thimérosal n’a jamais eu, ou produit une toxicité substantielle à base de mercure chez les receveurs de vaccins, dans lesquels le thimérosal était utilisé.

Aleksandra,

Okay. Je pense que Dr Gemmill a été interrompu et qu’il essaie de reprendre le fil, d’après ce que je peux voir dans notre séance de clavardage. Je ne sais donc pas si nous allons pouvoir le faire revenir.

Dr Evans :

Et l’un de nos participants a de nouveau souligné que si vous avez des seringues préremplies ou un vaccin antigrippal à dose unique, elles sont exemptes de thimérosal. Mais je pense que même les médicaments à doses multiples n’ont pas tendance à contenir du thimérosal. Cela a été créé, bien sûr, par le fait qu’il s’agit d’une préoccupation commune chez ceux qui hésitent à se faire vacciner — que d’une façon ou d’une autre, c’était la cause de ce problème invisible d’innocuité du vaccin — ou du problème de toxicité du vaccin.

Aleksandra,

Okay. J’ai une question — une autre question ici. Considéreriez-vous un foyer pour personnes âgées comme un établissement fermé ?

Dr Evans :

C’est une bonne question. J’ai vu cette question et je ne sais pas comment répondre. Cela dépend. Dans certaines juridictions, parce qu’il s’agit d’une population fermée, vous savez, et surtout dans les foyers pour personnes âgées — ils peuvent avoir une aire commune comme une salle à manger où ils vont manger — certains ont décidé que ce sont des installations fermées. Et ils reflètent certainement cela en tant que population. Mais à certains endroits, on considère simplement qu’il s’agit d’une petite collectivité qui a peut-être des choses en commun.

Je ne crois donc pas avoir jamais vu quelqu’un le définir. C’est une excellente question que je pourrais poser à mes collègues de notre groupe de travail. Parce que j’ai déjà vu cette question et je ne sais pas vraiment comment y répondre. Il est certain que dans un foyer pour personnes âgées, s’il y a un nombre important de cas, c’est peut-être la Santé publique de votre administration ou de votre province qui peuvent décider que cela reflète une éclosion de grippe et la déclarer.

Si vous êtes en situation d’éclosion, vous pouvez appliquer une bonne partie de ce dont nous avons parlé, en ce qui concerne l’utilisation d’antiviraux dans une éclosion dans un établissement de soins de longue durée.

Aleksandra,

Super. Merci. J’ai une autre question. Pouvez-vous nous dire si le vaccin antigrippal serait recommandé aux voyageurs qui voyagent entre les hémisphères plus d’une fois par année — devraient-ils recevoir plus d’un vaccin ?

Dr Evans :

Oui. Je pense qu’Ian a encore de la difficulté à prendre la parole. C’est une question intéressante. Cette année, le vaccin de l’hémisphère Sud a utilisé le virus H3N2 du clade 3C.2a1b comme composant du vaccin.

Ici, dans l’hémisphère Nord, nous utilisons un clade 3C.3a H3N2, alors ils diffèrent dans ce type de composant. C’est vraiment difficile à dire. Je veux dire que l’immunogénicité des virus de la grippe dure un certain temps. Il diminue après environ 12 mois, mais si vous êtes dans le — vous savez, il y a des périodes intersaisonnières dans ces hémisphères du Sud.

Donc, si les dates de vos déplacements sont intersaisonnières, je ne crois pas que cela m’inquiéterait outre mesure. À notre connaissance, il n’y a pas de mal à obtenir plus d’un vaccin. Nous ne le savons pas — nous n’avons pas vraiment défini s’il peut y avoir de l’interférence avec le vaccin.

Mais vous êtes probablement d’accord pour obtenir ce dont vous avez besoin et je pense que si vous approchez de cette période de 12 mois, vous voudrez peut-être envisager d’obtenir le vaccin pour la prochaine période — pour l’endroit où vous allez — sachant que vous ne pouvez pas obtenir le vaccin de l’hémisphère Sud dans l’hémisphère Nord. Il faut d’abord se rendre là-bas pour l’obtenir.

Aleksandra,

Okay. Quelqu’un aimerait savoir ce que vous en pensez ou ce que pense le Dr Gemmill : le vaccin à haute dose peut coûter plus cher, mais a-t-il été comparé au coût de la morbidité ou de la mortalité ? Vouliez-vous…

Dr Evans :

Oh, c’est formidable…

Aleksandra,

Aimeriez-vous en parler ?

Dr Evans :

Qui est le pharmacoéconomiste ? C’est une très bonne question. Non. Je n’ai pas vu les données sur les coûts. C’est une très bonne question à poser, qui est : le coût, le coût plus élevé de la haute dose, produit-il une amélioration des résultats et quel est le coût par année de vie pondérée par la qualité ? Autrement dit, vous savez, le rapport coût-efficacité différentiel (ICER) est-il acceptable dans le cadre d’un vaccin rentable ?

Je n’ai pas vu ces données. Je pense que quelqu’un y a travaillé, parce qu’un résumé a été présenté à une réunion où l’on a essayé d’explorer cette question. Mais la réponse est que nous ne savons pas, du point de vue économique, si cela vaut le coût ajouté de la haute dose .

Il semble qu’Ian soit de retour. Ian, ils étaient en train de parler du rapport coût-efficacité différentiel.

Dr Gemmill :

Oui, et ce sera donc une considération — une considération future pour le CCNI. Nous nous dirigeons vers le CCNI plus, qui contient des recommandations non seulement sur l’efficacité des vaccins, mais aussi sur la rentabilité.

Restez donc à l’écoute. Comme vous l’avez dit, Gerald, il n’y a pas grand-chose de disponible à l’heure actuelle. Ce sera une tâche difficile, mais nous allons faire de notre mieux pour fournir cette information aux provinces et aux territoires, afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées sur l’utilisation de ce vaccin dans le cadre d’un programme financé par le secteur public.

Dr Evans :

Oui.

Dr Gemmill :

Et je m’excuse. On m’a interrompu. J’étais sur le point de répondre à une question. Je me ferai donc un plaisir de revenir à cette question, Alexandrandra, si vous le souhaitez.

Aleksandra,

J’essaie de trouver la question que je vous ai posée — avant de me rendre compte que vous n’étiez pas ici.

Dr Evans :

Okay.

Aleksandra,

[Harpa] m’aide ici, parce qu’il y a pas mal de questions qui arrivent et…

Dr Gemmill :

Il y a un [interférences] nombre de questions, absolument. Alors, passons à autre chose en attendant cela.

Aleksandra,

Okay. Je pense qu’on a déjà répondu à cette question, mais je vais la poser, car quelqu’un l’a posée. Devons-nous tenir compte des niveaux d’élimination de la créatinine dans l’administration du vaccin aux personnes âgées ?

Dr Evans :

Oui. Je viens de faire un commentaire à ce sujet et je vais le faire de nouveau, parce qu’il semble qu’Irene Armstrong ait posé cette question. J’ai également participé à la téléconférence de SPO hier.

Le problème est donc le suivant : si vous surdosez une personne âgée dont la clairance de la créatinine est très faible avec l’Oseltamivir, vous pouvez produire une neurotoxicité qui peut se manifester sous forme de convulsions. Je pense que ce que le présentateur d’hier voulait dire, c’est que, par rapport aux adamantanes, la situation n’est pas aussi grave, vous savez, avec l’amantadine et la rimantadine, nous devons vraiment faire attention.

Je vous conseillerais quand même de faire preuve de prudence à l’égard d’un patient que vous soupçonnez d’avoir, ou dont vous savez qu’il a un certain degré d’insuffisance rénale, et d’examiner les recommandations de dosage que nous avons dans notre document, sur la façon de les ajuster en fonction de la clairance de la créatinine.

Il peut donc y avoir un problème de sécurité lié à l’Oseltamivir chez les personnes âgées qui reçoivent trop en raison de leur incapacité à se débarrasser complètement du médicament.

Dr Gemmill :

Et je vois dans la boîte de clavardage :

Aleksandra,

Okay.

Dr Gemmill :

– Il y a une question ici à propos de — avez-vous besoin de connaître la clairance à la créatine pour le vaccin ? Et quelqu’un de — a déjà répondu à la question, à savoir que la clairance à la créatinine n’est pas pertinente en ce qui concerne le vaccin. Toute personne atteinte d’une maladie rénale devrait recevoir un vaccin antigrippal pour la protéger contre la grippe.

Aleksandra,

Okay. J’ai la question qui était la suivante : vous avez été interrompu lorsque j’étais en train de vous poser cette question. Pouvez-vous nous parler du vaccin antigrippal ? Recommanderiez-vous qu’il soit administré aux voyageurs entre différents hémisphères, plus d’une fois par année ? Je pense…

Dr Gemmill :

Oui. C’est une question délicate, car comme tout le monde le sait, le vaccin antigrippal — désolé, les souches de grippe peuvent varier d’un moment à l’autre et d’un endroit à l’autre. Et c’est pourquoi le Groupe consultatif stratégique d’experts formule des recommandations pour l’hémisphère Nord pour notre hiver et pour l’hémisphère Sud pour leur hiver. Je pense que le mieux — et il y a aussi toute la question de la disponibilité de ces vaccins.

Il y a donc quelques options. La première est que si quelqu’un va dans l’hémisphère Sud pendant l’été — c’est-à-dire l’hiver — il est certain que s’il existe un vaccin antigrippal à ce moment, il peut fournir une certaine aide si les virus n’ont pas muté ou dérivé, ou n’ont pas subi de cassures antigéniques.

Une autre option pour les personnes à risque élevé qui ne veulent pas contracter la grippe consiste à se renseigner sur la possibilité de recevoir le vaccin une fois qu’elles sont arrivées. Il faut de 10 à 14 jours pour que le vaccin soit efficace, mais c’est peut-être mieux que de ne pas avoir de vaccin du tout.

Voilà donc les deux options qui me viennent à l’esprit. C’est simplement que c’est différent dans l’hémisphère Nord et dans l’hémisphère Sud, en raison des différences qui peuvent se produire entre notre hiver et leur hiver.

Aleksandra,

Super. Merci. Une autre question : lorsque vous avez examiné l’efficacité du vaccin, avez-vous examiné l’efficacité du FluMist par rapport à l’injection ?

Dr Gemmill :

Encore une fois, ce qui est intéressant au sujet des vaccins antigrippaux, c’est qu’ils sont homologués en fonction de leur immunogénicité démontrée, et non pour être inférieurs à ce qui a déjà fait ses preuves. Et c’est parce qu’avec le vaccin antigrippal, il est très difficile d’examiner l’efficacité de deux vaccins différents.

Donc, en ce qui concerne le VVAI, oui, il y a quelques années, les américains — selon les données américaines — pas partout, mais dans les données américaines — semblaient avoir une efficacité négative, ce qui signifiait qu’ils n’offraient aucune protection. Certains pourraient même dire que cela rend les gens vulnérables à la grippe, ce qui, je l’espère, n’a pas été le cas.

Cependant, il y avait un certain nombre d’explications à cela — était-ce que le virus utilisé dans le milieu de croissance a été agressé par la température ? Parce qu’il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un virus vivant et que, par conséquent, il est sensible aux agressions de la température. Est-ce qu’il s’est passé quelque chose dans le transport qui aurait pu être à l’origine de cette situation ?

Tout cela pour dire que le VVAI — même s’il ne sera pas commercialisé cette année — quand nous l’avons eu, c’était un vaccin qui a fait ses preuves. Comme nous le savons, tous les vaccins antigrippaux — selon l’année, la souche que nous examinons et ainsi de suite — il y a eu des exemples de faible efficacité du vaccin. Et je pense que ce n’était qu’un exemple.

C’est donc tout ce que je peux dire à ce sujet pour l’instant. D’une certaine façon, comme nous n’avons pas le vaccin cette année, il ne sera pas disponible pour les enfants, de toute façon.
Aleksandra, Okay. Super. Parfois, nous avons donné le vaccin à quelqu’un à la fin de la saison. Est-il acceptable de donner le vaccin au début de la prochaine saison de la grippe ? Ce serait donc deux en un an. Quelqu’un aimerait savoir ce que vous en pensez.

Dr Gemmill :

Oui. Cela ne pose absolument aucun problème. Je vous conseillerais de le faire le plus tôt possible, lorsqu’il est disponible, parce qu’on ne sait jamais quand on aura une saison hâtive, mais il n’y a pas d’inconvénient à le faire dans ce cas-ci à la fin de la saison un et ensuite au début de la saison deux.

En fait, je recommanderais de le faire ainsi. Chaque fois que vous avez la chance de le donner tôt, c’est une meilleure option que de le donner tard dans la saison de la grippe, parce que si le vaccin est administré tard, il peut déjà circuler dans cette communauté et le vaccin peut être administré trop tard pour être efficace pour cette personne.

Aleksandra,

Merci. Je pense que nous avons répondu à la plupart des questions dans la boîte de clavardage. Les participants ont répondu à certaines des questions, ce que nous apprécions vraiment. Je vais terminer par quelques dernières questions.

Y a-t-il des statistiques à ce jour sur l’efficacité de la vaccination de cette année au Canada ? Et la deuxième question est la suivante : quand le vaccin antigrippal sera-t-il disponible, je suppose, à l’échelle du Canada, province par province, si vous le savez déjà ?

Dr Gemmill :

Eh bien, je vais répondre en premier, puis Gerald voudra peut-être ajouter quelque chose. Pour ce qui est de la disponibilité, je vous conseillerais de poser la question à l’Agence de santé publique locale ou au ministère provincial de la Santé, car ce sont eux qui sauront le mieux quand le vaccin sera livré et disponible.

Il est difficile de prédire ce qui va circuler — il est difficile de prédire dans quelle mesure le vaccin va fonctionner d’une année à l’autre, en fonction de la non-concordance, ou simplement en fonction de certains des autres facteurs qui réduisent l’efficacité du vaccin.

Il y a donc maintenant la crainte que le vaccin qui est – a été recommandé pour l’hémisphère Nord s’attaque à l’organisme qui était le plus répandu aux États-Unis et pas tellement dans d’autres parties de l’hémisphère Nord.

C’est donc une autre source d’inquiétude. Mais je pense qu’il serait très — comment dire — malavisé de ma part d’essayer de prédire à quel point la saison de la grippe va être mauvaise à ce moment-ci et à quel point le vaccin va bien fonctionner. C’est quelque chose que nous ne pouvons vraiment voir qu’en rétrospective et en conjecture. Gerald, avez-vous quelque chose à ajouter ?

Dr Evans :

Oui. Je suppose que ce qui me préoccupe, c’est que si la saison de la grippe H1N1 ou la saison B s’annonce, je pense que nous sommes en assez bonne posture. Il y a une très bonne concordance en fonction de l’hémisphère Sud et de la saison de l’an dernier pour ce qui est de la couverture.

Le défi sera du côté du H3N2, simplement parce que la décision d’ajouter un clade 3C.3a à la souche du vaccin H3N2 était fondée sur le fait que c’était ce qui a circulé aux États-Unis la saison dernière. En Australie, dans l’hémisphère Sud, ce que nous savons maintenant des données suggère que c’était en fait une souche 3C.2a1b qui a circulé. Si c’est le cas, il s’agit d’une non-concordance.

Ainsi, ça dépend vraiment, comme l’a dit Ian, de quel virus émerge ici dans l’hémisphère Nord. Cependant, vous savez, je ne peux pas vraiment souligner à quel point il est important de se faire vacciner contre la grippe. Si c’est une saison [B et A H1N1], vous serez bien protégé.

Et peut-être que ce sera une saison [3C.3a], comme les Américains ont eu – dans ce cas, nous avons une bonne concordance. Donc, les gens devraient vraiment se faire vacciner contre la grippe, parce qu’en général, il n’y a pratiquement aucun côté négatif et un côté positif remarquable dont vous et les gens qui vous entourent pourrez profiter.

Dr Gemmill :

C’est exact. Le message que je veux partager est que le vaccin est la façon la plus sûre, la plus durable et la plus efficace — même si ce n’est pas un moyen efficace à 100 % —le moyen le plus efficace qu’on a pour le prévenir — de se protéger de ce qui pourrait être une maladie assez grave et peut en fait également causer des complications de concordance.

Aleksandra,

Merci beaucoup. Je pense que nous allons maintenant conclure notre webinaire. Je tiens à remercier tout le monde d’être venu et surtout les 200 participants qui sont restés 20 minutes après l’heure. Donc, au nom du CCNMI et de l’Agence de la santé publique du Canada, je tiens à remercier nos conférenciers de leur exposé instructif, ainsi que vous tous d’avoir participé au webinaire d’aujourd’hui. Nous espérons que vous l’avez trouvé utile.

L’enregistrement du webinaire, ainsi que les diapositives, seront communiqués à tous ceux qui se sont inscrits au cours de la prochaine semaine. Nous vous demandons maintenant de remplir le formulaire d’évaluation au lien que vous voyez à l’écran. J’espère que nous pourrons y revenir, ou ce lien vous sera également envoyé par courriel.

Vos commentaires sont très importants pour nous et essentiels à la planification de nos événements futurs. Merci et au revoir pour le moment.