Introduction

La santé des femmes réfugiées préoccupe les praticiens de la santé publique du Canada. Dans cet épisode d’Infectious Questions, Shivoan et Zeeshan sont rejoints par Ziba Miab (étudiante au doctorat à l’Université du Manitoba) qui discute des thèmes clés mis en lumière par les femmes réfugiées dans le système de santé canadien.

Publication : 2019

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Zeeshan :          Bienvenue à ce tout nouvel épisode de Questions sur les infections, un balado sur la santé publique, produit par le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Au CCNMI, nous aidons les personnes atteintes de maladies infectieuses à trouver des réponses. Bonjour, mon nom est Zeeshan Qadar.

Shivoan :          Et je suis Shivoan Balakumar. Pour cet épisode du balado, nous poursuivons notre discussion sur les réfugiés et la santé publique. Nous savons qu’il y a plusieurs sujets de préoccupation en matière de santé publique au Canada, et nous nous concentrerons aujourd’hui sur les expériences et les défis auxquels font face les femmes réfugiées qui naviguent dans le système de santé canadien.

Zeeshan :          Ce balado traite de quelques thèmes importants révélés par les femmes réfugiées résidant partout au Canada. Permettez-moi de vous présenter notre invitée [Ziba Rovamehabe], une doctorante en sciences biologiques et en physique qui a interviewé des femmes réfugiées dans le cadre d’un projet étudiant du CCNMI.

Zeeshan :          Ziba, bienvenue!

Ziba :                Merci.

Zeeshan :          La première question que vous avez posée aux femmes réfugiées portait sur leur expérience vécue par rapport au système de santé canadien. Quelle a été leur réponse?

Ziba :                Tout d’abord, les femmes réfugiées ont mentionné que le temps d’attente en cas d’urgence constituait un obstacle majeur à l’accès aux soins au Canada. Une participante a mentionné avoir attendu 7 à 8 heures à l’urgence pour consulter un médecin. Une femme a même déclaré qu’elle s’efforçait d’éviter les hôpitaux en raison des longs temps d’attente. Le deuxième élément important mentionné par ces femmes est qu’après un séjour prolongé au Canada, elles n’ont toujours pas de médecin de famille. Juste le fait de prendre un rendez-vous avec un médecin peut être très difficile pour elles, et avoir accès à un spécialiste est un grand défi. Une des répondantes a souligné qu’elle a dû attendre six mois pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste, et une autre femme a résumé son expérience en disant qu’elle n’avait jamais été examinée pour des questions féminines, car les médecins n’ont pas de temps à consacrer à ça, à moins que la personne soit vraiment malade; dans ce cas, ils donnent les soins.

Zeeshan :          Il semble donc que les temps d’attente aux urgences et l’accès à des soins spécialisés et à un médecin de famille soient les thèmes les plus importants mentionnés par les femmes réfugiées. Quelle ont été les réponses lorsque vous avez demandé à ces femmes réfugiées de nommer certains des obstacles à l’accès aux soins de santé comme nouvelles arrivantes?

Ziba :                Les barrières nommées concernaient les soins dentaires qui sont limités et coûteux et en raison de ces facteurs, les femmes préfèrent se faire extraire les dents plutôt que de les faire soigner. La communication constituait également un autre obstacle à l’accès aux soins, car peu de médecins parlent leur langue et il est difficile d’expliquer des problèmes mentaux et parfois d’expliquer les choses en termes médicaux. Aussi, une femme a rendu visite à deux spécialistes différents qui n’ont pas été en mesure de diagnostiquer ses problèmes; on lui a prescrit des analgésiques pendant une longue période.

Zeeshan :          Il est intéressant de savoir que les femmes réfugiées ont été confrontées à d’importants obstacles comme la santé bucco-dentaire, la communication et l’expression de problèmes de santé mentale auprès des prestataires de soins de santé primaires. Ziba, vous avez ensuite demandé à ces femmes réfugiées si elles-mêmes ou leur famille s’étaient déjà senties rejetées lorsqu’elles avaient été traitées pour une maladie infectieuse.

Ziba :                La plupart des participantes n’étaient pas à l’aise de répondre à cette question, et deux femmes ont également souligné que parce qu’elles étaient différentes et parlaient une autre langue, elles se sentaient mal venues, et l’une d’elles a mentionné que les rideaux n’offraient aucune discrétion. Elle s’est sentie violée, car tout le monde pouvait entendre son histoire, et elle a dit à son mari de ne pas l’emmener à l’hôpital à moins d’être à l’article de la mort.

Zeeshan :          Il est intéressant de constater que l’apparence physique et la langue semblent constituer des motifs d’aliénation pour les femmes réfugiées. De plus, le respect de la vie privée était aussi un facteur déterminant. Ainsi, la dernière question que vous avez posée, Ziba, concernait l’aisance qu’ont les femmes réfugiées, à titre de nouvelle arrivante, de partager des renseignements personnels sur leur santé avec un nouveau médecin.

Ziba :                En ce qui concerne les renseignements personnels sur la santé, une des femmes a mentionné qu’elle ne se souciait pas du tout de partager cette information, mais qu’elle avait le sentiment que les médecins ne voulaient pas l’entendre. Une autre a mentionné le fait qu’elle espérait que les médecins ne la fassent par se sentir comme un fardeau et qu’elle puisse parler librement et facilement.

Zeeshan :          On peut donc dire que la disponibilité des médecins et leur disponibilité était un autre sujet de préoccupation pour les femmes réfugiées.

Zeeshan :          Merci beaucoup, Ziba.

Ziba :                Avec plaisir.

Shivoan :     Merci de votre attention. C’est ainsi que prend fin cet épisode du balado Questions sur les infections. Si vous avez des questions liées à la santé publique des réfugiés, envoyez-les par courriel à NCCID@umanitoba.ca ou appelez-nous sans frais au 1-844-847-9698 et enregistrez votre question. « Questions sur les infections » est une production du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses.

Zeeshan :          La production de ce balado a été rendue possible grâce à une contribution financière de l’Agence de la santé publique du Canada. Notez que les opinions qui y sont exprimées ne représentent pas nécessairement celles de l’Agence. L’organisation hôte du CCNMI est l’Université du Manitoba. Visitez www.nccid.ca pour en savoir davantage.