Les Points saillants sur les maladies du CCNMI fournissent aux praticiens et aux cliniciens de la santé publique canadienne des analyses actualisées des informations essentielles sur les maladies infectieuses importantes pour la pratique de la santé publique au Canada. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une revue de littérature officielle, les informations sont recueillies auprès de sources clés, notamment l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la littérature évaluée par des pairs.
Ces Points saillants sur les maladies ont été préparés par William To-Dang. Les questions, commentaires et suggestions concernant ce point saillant sont les bienvenus et peuvent être envoyés à nccid@manitoba.ca.
Que sont les Points saillants sur les maladies ? Pour en savoir plus sur la manière dont les informations sont collectées, consultez notre page consacrée aux Points saillants sur les maladies.
Questions abordées dans ces Points saillants :
- Quelles sont les caractéristiques importantes de l’impétigo ?
- Quelle est la situation actuelle en ce qui concerne les éclosions d’impétigo ?
- Quel est le risque actuel de l’impétigo pour la population canadienne ?
- Quelles sont les mesures à prendre en cas présumé d’impétigo ou de contact ?
Quelles sont les principales caractéristiques de l’impétigo ?
Cause
L’impétigo est une infection cutanée bénigne, mais hautement contagieuse, provoquée par des bactéries normalement présentes sur la peau. L’infection peut être causée par le Staphylococcus aureus à Gram positif, le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A (p. ex. Streptococcus pyogenes), ou une combinaison des deux. Ces bactéries colonisent de façon intermittente les régions nasales, pharyngées, périnéales et axillaires. Ces bactéries peuvent provoquer un impétigo primaire par colonisation d’une peau saine, ou un impétigo secondaire par colonisation d’une peau lésée (p. ex. herpès labial, piqûres d’insectes, plaques d’eczéma ou écorchures).
L’impétigo survient plus fréquemment lors des périodes chaudes et humides de l’été. Sous les climats tropicaux, les bactéries du streptocoque du groupe A constituent le principal agent pathogène, tandis que S. aureus est l’agent dominant sous les climats tempérés. L’impétigo se propage rapidement par contact direct de personne à personne lorsqu’une personne infectée touche ses cloques ou son éruption cutanée, puis touche une autre personne ou encore lorsqu’une personne saine entre en contact avec des objets ou des surfaces (fomites) préalablement contaminés par l’éruption d’une personne infectée.
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Impetigo Information Sheet — York Region Community and Health Services Department
Signes et symptômes
En règle générale, les personnes atteintes présentent une éruption cutanée ressemblant à des boutons rouges qui apparaît d’un à dix jours après l’infection. L’impétigo se manifeste sous trois formes distinctes : l’impétigo non bulleux (associé à S. aureus et à S. pyogenes), l’impétigo bulleux (associé spécifiquement à S. aureus) et l’ecthyma. Ces trois formes peuvent altérer le bien-être général et les activités quotidiennes en raison de la douleur, des démangeaisons, de l’inconfort et de possibles troubles du sommeil.
L’impétigo non bulleux est considéré comme la forme la plus courante, représentant 70 % des cas. Il se caractérise par des vésicules ou pustules érythémateuses groupées qui évoluent rapidement, éclatent et forment des croûtes dorées caractéristiques à partir de l’exsudat à la base des lésions, typiquement observées sur les extrémités et le visage. Les lésions plus petites peuvent confluer en plaques croûteuses plus étendues.
L’impétigo bulleux se caractérise par des cloques indolores et flaccides remplies de liquide (issues des toxines exfoliantes produites par les espèces S. aureus) sur les bras, les jambes et le tronc, et moins susceptibles de se rompre en formant de minces croûtes brunâtres. Les cloques qui éclatent en moins de 24 heures se recouvrent d’une croûte de couleur jaunâtre. La peau environnante est souvent rouge, mais sans douleur.
L’ecthyma est une forme plus grave d’impétigo dans laquelle l’infection pénètre plus profondément dans le derme. Les signes et symptômes comprennent des plaies douloureuses remplies de liquide ou de pus qui évoluent en ulcères profonds entourés d’érythème localisés sur les jambes et les pieds. Les plaies peuvent être recouvertes d’une croûte dure, épaisse et gris-jaunâtre. Les ganglions lymphatiques des zones affectées peuvent être enflés. Après la dégradation des croûtes, de petits trous, allant de la taille d’une tête d’épingle à celle d’une pièce de monnaie, peuvent apparaître, et des cicatrices peuvent persister après la guérison des ulcères.
Le prurit étant commun aux trois formes d’impétigo, le grattage peut favoriser la propagation de l’infection en inoculant la peau adjacente et non adjacente.
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Impetigo Information Sheet — York Region Community and Health Services Department
Impetigo and scabies — Disease burden and modern treatment strategies — Yeoh et coll., 2016
Gravité et complications
L’impétigo peut nécessiter de deux à trois semaines avant de disparaître bien que les antibiotiques permettent généralement d’accélérer la guérison. En l’absence de traitement, les lésions peuvent s’étendre autour du nez, de la bouche et du reste du visage, et apparaître sur les parties du corps non couvertes par les vêtements, telles que les bras et les jambes.
Les cas graves d’impétigo peuvent s’accompagner des manifestations suivantes :
- aggravation de la rougeur ;
- faiblesse musculaire ;
- fièvre
- tuméfaction des ganglions lymphatiques du cou ou du visage ;
- douleur intense.
L’impétigo est fréquemment associé à la gale et peut entraîner des abcès, une septicémie ainsi que des infections invasives causées par les bactéries S. aureus et S. pyogenes. Les enfants atteints de gale présentent un risque 12 fois plus élevé de développer l’impétigo par rapport à ceux dont la peau est saine. Bien que rares, les complications immunologiques de l’impétigo comprennent :
- bactériémie ;
- érysipèle ;
- cellulite ;
- ostéomyélite ;
- arthrite septique ;
- lymphangite ;
- lymphadénite;
- psoriasis en gouttes ;
- syndrome staphylococcique de la peau ébouillantée ;
- syndrome de choc toxique streptococcique (STSS)
- rhumatisme articulaire aigu ;
- glomérulonéphrite aiguë post-streptococcique ;
- cardiopathie rhumatismale ;
- maladie rénale chronique.
Il convient de souligner que l’immaturité du système immunitaire des nouveau-nés les expose au risque le plus élevé de complications graves (p. ex. infections des tissus ou du sang autour du cerveau, avec méningite).
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
(Health Topics) Scabies — World Health Organization
Impetigo: Diagnosis and Treatment — Hartman-Adams et coll., 2014
Impetigo and scabies — Disease burden and modern treatment strategies — Yeoh et coll., 2016
Épidémiologie
L’impétigo sévit à l’échelle mondiale et touche des personnes de tous âges, les enfants étant les plus affectés. Environ 162 millions d’enfants (notamment ceux âgés de 2 à 5 ans) sont atteints d’impétigo dans le monde, soit plus de 2 % de la population mondiale. L’impétigo fait partie des huit affections dermatologiques figurant parmi les 50 causes les plus fréquentes de maladie dans l’étude sur la charge mondiale de morbidité (Global Burden of Disease), et constitue l’une des rares affections cutanées susceptibles d’entraîner des complications potentiellement mortelles.
Si les complications de l’impétigo sont rares dans les milieux développés et industrialisés, leur impact est plus sévère dans les milieux à ressources limitées et les communautés marginalisées. Le fardeau de l’impétigo s’alourdit à mesure que le statut socioéconomique diminue, car la nature contagieuse de la maladie est amplifiée par des pratiques d’hygiène insuffisantes et des conditions de logement inadéquates. Les estimations mondiales récentes indiquent que 111 millions d’enfants des pays en développement sont touchés par l’impétigo. Bien que la maladie soit endémique dans plusieurs pays tropicaux à revenu faible ou intermédiaire, c’est chez les enfants défavorisés issus de communautés marginalisées dans les pays à revenu élevé que le fardeau est le plus important.
Les données épidémiologiques sur l’impétigo sont incomplètes et sous-estiment vraisemblablement le véritable fardeau de la maladie. La plupart des statistiques disponibles sont issues de dossiers hospitaliers, qui peuvent ne pas refléter fidèlement la prévalence réelle de l’impétigo dans la population générale. La prévalence réelle est susceptible d’être sous-estimée, notamment parce que l’impétigo survient fréquemment en dehors des établissements de soins dans les pays développés, et parce que les cas qui sont soignés sans consultation hospitalière ne font pas l’objet d’un enregistrement officiel. De plus, les cas déclarés en milieu hospitalier représentent généralement les formes les plus graves de la maladie. Dans les milieux à ressources limitées, cette sous-estimation pourrait s’expliquer par une probabilité réduite de consulter ou d’obtenir des soins pour les affections cutanées. Les autres estimations de la prévalence de l’impétigo manquent de précision en raison de la rareté des publications issues de contextes à haute prévalence. Les données démographiques relatives à l’impétigo au Canada sont difficiles à trouver, et les études de prévalence en population provenant d’Europe, de même qu’une information plus à jour provenant de l’Amérique du Nord et d’Asie de l’Est et du Sud-Est sont sous-représentées.
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Impetigo and scabies — Disease burden and modern treatment strategies — Yeoh et coll., 2016
Diagnostic au laboratoire
Le diagnostic de l’impétigo repose principalement sur l’examen clinique. Il est reconnu que les algorithmes cliniques (p. ex. l’algorithme cutané de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant [PCIME] de l’OMS) peuvent contribuer au repérage et au traitement de l’impétigo, particulièrement dans les milieux à ressources limitées. Le diagnostic peut être établi d’après l’aspect des lésions, appuyé par une analyse bactériologique du liquide des plaies. Les professionnels de la santé utilisent également des tableaux illustrés accompagnés de photographies de haute qualité et de descriptions cliniques pour diagnostiquer l’impétigo.
La mise en culture des lésions d’impétigo (notamment du pus ou du liquide bulleux) est généralement indiquée uniquement dans les situations suivantes :
- absence de réponse du patient au traitement empirique ;
- impétigo récurrent nécessitant une culture nasale pour identifier un réservoir nasal potentiel ;
- infections persistantes justifiant une recherche du S. aureus résistant à la méticilline (SARM).
Impetigo and scabies — Disease burden and modern treatment strategies — Yeoh et coll., 2016
Impetigo : Diagnosis and Treatment — Hartman-Adams et coll., 2014
Transmission
L’impétigo est très contagieux et se propage facilement de personne à personne par les sécrétions nasales ou par contact direct. Lorsqu’un patient touche son éruption cutanée puis entre en contact avec une autre personne (c.-à-d. contact peau à peau), l’infection peut être transmise. Par ailleurs, l’impétigo peut se propager par des fomites, lorsque des personnes touchent des surfaces ou des objets (p. ex. serviettes ou vêtements en contact avec l’éruption cutanée ou les sécrétions de lésions d’une personne infectée) contaminés par des bactéries. Une éruption cutanée apparaît d’un à dix jours après l’infection.
La transmission est particulièrement probable dans les milieux de regroupement de jeunes enfants (p. ex. écoles, services de garde). L’infection peut se propager rapidement parmi les parents et autres contacts des enfants infectés (p. ex. frères et sœurs et camarades de jeux). L’impétigo est transmissible aussi longtemps que les lésions continuent à suinter, et jusqu’à 24 heures après le début du traitement antibiotique.
D’autres facteurs favorisent la transmission de l’impétigo dans les zones endémiques, notamment les climats chauds et humides, l’accès limité à l’eau et la surpopulation. L’auto-inoculation est également fréquente par l’entremise des doigts, des serviettes et des vêtements, entraînant l’apparition de lésions satellites dans les zones adjacentes. Bien que l’impétigo soit une infection spontanément résolutive, un traitement antibiotique peut être amorcé pour accélérer la guérison et réduire la transmission à d’autres personnes.
Impetigo Fact Sheet — Hastings Prince Edward Public Health
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Impetigo : Diagnosis and Treatment — Hartman-Adams et coll., 2014
Prévention et contrôle
En plus de limiter les contacts étroits avec les personnes infectées, la pratique d’une bonne hygiène personnelle constitue une mesure universelle de prévention et de contrôle de l’impétigo. Le lavage des mains revêt une importance particulière, l’impétigo se propageant facilement par contact de main à main.
Le contrôle de l’impétigo passe par une consultation auprès d’un professionnel de la santé pour l’établissement d’un diagnostic et le respect du traitement prescrit. Les patients atteints d’une infection active doivent minimiser leurs contacts avec leur entourage, en évitant particulièrement tout contact avec des nouveau-nés. Les antibiotiques permettent de réduire la propagation bactérienne et peuvent ramener la durée habituelle de convalescence de trois semaines à une à deux semaines. Les patients devraient demeurer à domicile, à l’écart de leur milieu institutionnel, professionnel ou de garde habituel, pendant au moins 24 heures après le début du traitement antibiotique, ou jusqu’à ce que les plaies aient formé une croûte, afin de prévenir la propagation de l’infection.
Les personnes infectées doivent :
- se doucher ou prendre un bain fréquemment ;
- éviter de préparer ou de manipuler des aliments (jusqu’à au moins 24 heures après le début du traitement antibiotique) ;
- maintenir les zones infectées propres en les lavant à l’eau et au savon, puis en les couvrant d’un bandage ou d’une gaze non serrée si nécessaire (c.-à-d. si les cloques n’ont pas encore formé de croûte) ;
- éviter de gratter ou de toucher directement les plaies afin de réduire les risques d’auto-inoculation et de transmission ;
- garder les ongles courts et propres, et se laver soigneusement et régulièrement les mains, notamment avant de manger, après des activités récréatives, après utilisation des toilettes, et après avoir touché les zones infectées ou des articles souillés par des sécrétions de lésions ;
- lors de sorties, veiller à couvrir les plaies, par exemple avec une gaze et du ruban adhésif ;
- au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, faire tremper les croûtes cutanées qui se forment et se décollent pendant 15 à 20 minutes avec un linge chaud et humide, les retirer délicatement à l’eau et au savon, puis assécher en tamponnant.
Les personnes partageant un domicile avec une personne atteinte d’impétigo doivent :
- s’assurer de ne pas partager les effets personnels (p. ex. literie, vêtements, débarbouillettes, serviettes, brosses, peignes et autres articles personnels) avec les autres membres du foyer ;
- laver les vêtements et la literie de la personne infectée séparément de ceux des autres, en utilisant de l’eau chaude pour le lavage et une sécheuse à haute température pour le séchage ;
- appliquer de bonnes pratiques de gestion environnementale en nettoyant soigneusement puis en désinfectant (avec un désinfectant à base de chlore) les objets (p. ex. jouets d’enfants) et les surfaces (p. ex. poignées de porte, comptoirs) fréquemment touchés ;
- se laver les mains méticuleusement et fréquemment, particulièrement après tout contact physique avec la personne infectée.
Impetigo Fact Sheet — Hastings Prince Edward Public Health
Impetigo Information Sheet — York Region Community and Health Services Department
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Vaccination
Il n’existe aucun vaccin contre l’impétigo. La prévention de l’impétigo repose principalement sur le lavage des mains et, pour les membres non infectés d’un foyer partagé avec une personne atteinte, sur le maintien de la propreté et de la protection des zones cutanées lésées ou infectées.
Impetigo Information Sheet — York Region Community and Health Services Department
Traitement
Les antibiotiques sont recommandés pour accélérer la résolution des symptômes de l’impétigo et pour limiter la propagation de la maladie d’une personne à l’autre. Pour l’impétigo non compliqué, ou l’impétigo comportant moins de cinq lésions cutanées, les antibiotiques topiques sont les plus efficaces, notamment :
- la mupirocine (3 fois par jour pendant une semaine) ;
- l’acide fusidique (3 fois par jour pendant 7 à 12 jours) ;
- la rétapamuline (2 fois par jour pendant 5 jours).
En cas d’impétigo plus étendu (cinq lésions ou plus) ou classifié comme ecthyma, des antibiotiques par voie orale, tels que la dicloxacilline ou la céfalexine (250 à 500 mg 4 fois par jour, ou 12,5 mg/kg 4 fois par jour chez l’enfant, pendant dix jours) sont indiqués. Le traitement doit être poursuivi pendant toute la durée prescrite, même si l’éruption cutanée se résorbe avant la fin du traitement.
Le nettoyage des plaies avec un savon doux et une lotion antiseptique est utile, tout comme les lotions et crèmes contenant de l’iode et des antibiotiques. Un traitement peut également s’avérer nécessaire pour les personnes en contact étroit avec des patients infectés, même en l’absence de signes ou de symptômes, car elles peuvent être porteuses de la bactérie.
Considérations supplémentaires relatives au traitement
Pour restaurer la barrière cutanée normale chez un patient présentant une dermatite atopique sous-jacente ou une xérose étendue dans un contexte d’impétigo, des émollients topiques et des corticostéroïdes sont recommandés. Pour les patients allergiques à la pénicilline, la clindamycine (300 mg toutes les 6 heures) ou l’érythromycine (250 mg toutes les 6 heures) peuvent être utilisées en remplacement.
Dans certaines situations, les antibiotiques topiques utilisés pour traiter l’impétigo peuvent ne pas constituer l’option optimale, notamment en cas de sensibilisation cutanée, de réactions allergiques locales ou de difficultés d’application autour de la bouche, du dos et des paupières. Parmi d’autres considérations importantes figure la réponse clinique insuffisante aux antibiotiques oraux. L’utilisation excessive de certains antibiotiques topiques peut contribuer à l’augmentation de la résistance aux antimicrobiens et à l’émergence rapide de souches bactériennes multirésistantes. S. aureus responsable de l’impétigo peut développer une résistance à l’acide fusidique ; une résistance croissante à la mupirocine est observée spécifiquement parmi les isolats de SARM, avec un taux de résistance de niveau élevé à la mupirocine de 24 à 65 % au Canada, aux États-Unis d’Amérique, en Australie, à Trinité-et-Tobago et en Nouvelle-Zélande. L’OMS a récemment désigné le SARM comme l’un des « pathogènes prioritaires » représentant un risque significatif pour la santé humaine ; cette résistance doit être prise en compte lors de la décision d’utiliser ou non des antibiotiques comme traitement. Si les antibiotiques s’avèrent inefficaces, le recours au savon, aux lotions et aux crèmes contenant de l’iode pour maintenir la propreté des plaies peut s’avérer plus bénéfique.
Impetigo and scabies — Disease burden and modern treatment strategies — Yeoh et coll., 2016
Impetigo: Diagnosis and Treatment — Hartman-Adams et coll., 2014
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Quelle est la situation actuelle en ce qui concerne les éclosions d’impétigo ?
Pays-Bas
Une flambée communautaire d’impétigo est survenue entre juin 2018 et janvier 2020 dans l’est des Pays-Bas, avec un lien épidémiologique établi avec trois cas provenant du nord-ouest du pays. Cette flambée a regroupé 57 cas, dont 8 porteurs, identifiés comme porteurs d’une infection ou d’une colonisation à impétigo causé par le SARM ; 47 de ces personnes étaient des enfants et les 10 autres étaient des adultes âgés de 28 à 48 ans. La flambée aurait été déclenchée par des contacts étroits dans des milieux surpeuplés, notamment lors de la fréquentation scolaire, de visites familiales et à des amis. Même si la plupart des cas n’ont pas nécessité d’hospitalisation, se présentant sous forme de lésions typiques du visage et des extrémités, un cas d’impétigo bulleux généralisé a été suffisamment grave pour justifier une hospitalisation. La souche concernée présentait une résistance aux bêta-lactamines, à l’acide fusidique, à l’érythromycine, à la clindamycine et au co-trimoxazole.
Cette flambée est remarquable en ce qu’elle met en évidence le risque lié aux souches résistantes aux antibiotiques, même dans des pays tels que les Pays-Bas, où la prévalence de la résistance aux antimicrobiens est historiquement faible. Une surveillance plus rigoureuse du SARM et une collaboration interdisciplinaire renforcée sont nécessaires pour favoriser la détection précoce et le contrôle des flambées de SARM d’origine communautaire.
Espagne
Une flambée d’au moins 48 cas, accompagnée d’un échec du traitement empirique, a été signalée entre juin et septembre 2023. Cette situation a mené les autorités de santé publique à examiner les résultats microbiologiques associés à cette flambée et à lancer une enquête officielle. Sur les 48 cas : sept ont présenté une récidive un mois après la résolution de l’épisode initial et deux ont nécessité une hospitalisation (dont l’un en raison de lésions étendues réfractaires au traitement, et l’autre en raison d’un eczéma herpétiforme). Parmi les cas, 43,6 % présentaient des lésions généralisées et 47,4 % des lésions localisées (réparties comme suit : 27,3 % au visage ; 9,1 % aux membres inférieurs ; 5,5 % aux membres supérieurs ; et 5,5 % au tronc). Fait remarquable de cette flambée : les plans de traitement ont dû être modifiés dans 48 % des cas, soit par l’ajout ou le remplacement de médicaments. Parmi les 32 cas ayant initialement reçu de l’acide fusidique ou de la mupirocine, 17 ont par la suite nécessité l’administration par voie orale d’antibiotiques bêta-lactamines, en traitement supplémentaire ou de remplacement. Cela est vraisemblablement dû au fait que 76 % des cas étaient résistants à l’acide fusidique, 86 % à la mupirocine, et 72 % aux deux.
Cette flambée souligne la nécessité de comprendre les profils locaux de résistance aux antimicrobiens dans les souches responsables de l’impétigo afin d’orienter une prise en charge rigoureuse des infections. Une surveillance active accrue de la détection et de la dissémination des souches de S. aureus responsables d’infections cutanées et des tissus mous en milieu communautaire, ainsi qu’une caractérisation des souches prédominantes à intervalles réguliers, s’avèrent nécessaires.
Quel est le risque actuel de l’impétigo pour la population canadienne ?
Compte tenu de la nature hautement contagieuse de l’impétigo, l’ensemble de la population canadienne est exposée à un certain risque, et plus particulièrement les enfants. Toutefois, la propagation de l’impétigo peut être efficacement maîtrisée par la prise de mesures préventives actives, notamment dans les milieux de contacts étroits ou à forte densité (p. ex. écoles ou services de garde à l’enfance).
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Quelles sont les mesures à prendre en cas présumé d’impétigo ou de contact ?
Bien qu’il n’existe aucun protocole officiel de réponse en santé publique ni de déclaration obligatoire pour l’impétigo au Canada, il est recommandé de consulter son professionnel de la santé local. Les professionnels de la santé constituent une ressource essentielle pour répondre aux questions, prescrire des antibiotiques s’il y a lieu, et guider les patients dans la mise en œuvre optimale des mesures de prévention et de contrôle des infections (telles que celles décrites dans la section « Prévention et contrôle » plus haut). Les patients peuvent généralement retourner à leur lieu de travail ou à leur établissement habituel après 24 heures de traitement antibiotique, ce délai permettant de réduire significativement les risques de transmission de l’impétigo à d’autres personnes.
Fiches d’information sur les maladies A-Z — Gouvernement du Nouveau-Brunswick
