
Qu’est-ce que le SARM ?
Staphylococcus aureus, ou staphylocoque doré, est une bactérie qui colonise la peau et les fosses nasales d’environ un tiers de la population. Une colonisation par le staphylocoque doré n’entraîne généralement pas d’infection, à moins que la bactérie ne pénètre dans l’organisme par une coupure, une égratignure ou toute autre plaie ouverte. Lorsque la bactérie pénètre dans la circulation sanguine et provoque une infection, certaines souches peuvent être résistantes aux bêta-lactamines, une classe d’antibiotiques couramment utilisés pour traiter les infections à staphylocoques. Ces souches résistantes sont appelées Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM).
Les infections à SARM sont souvent associées aux milieux hospitaliers (on parle alors de SARM associé aux soins de santé, ou SARM-ASS). Toutefois, lorsqu’une infection à SARM survient chez une personne qui n’a pas été hospitalisée ou qui n’a pas subi d’intervention médicale récente, on parle de SARM d’origine communautaire (SARM-OC).
- Winnipeg Regional Health Authority MRSA Fact Sheet
- Fiche de renseignements sur le SARM de l’Agence de la santé publique du Canada
Quels sont les signes et symptômes d’une infection à SARM-OC ?
Les infections à SARM d’origine communautaire se manifestent généralement par des lésions cutanées ressemblant à des boutons, à des furoncles ou à des piqûres d’araignée. La région touchée peut être enflée, rouge ou douloureuse, et présenter du pus ou un écoulement. En l’absence de traitement, ces infections peuvent parfois provoquer des infections potentiellement mortelles touchant la circulation sanguine, les os ou les poumons (p. ex. une pneumonie).
Comment l’infection à SARM-OC se transmet-elle ?
Elle se transmet par contact direct de peau à peau avec une personne ou un animal infecté, ou par contact avec des objets contaminés (p. ex. draps, vêtements, serviettes, équipement sportif, ustensiles, matériel médical, etc.). Plus le traitement est retardé, plus le risque de transmettre l’infection à d’autres personnes augmente. Les personnes porteuses de staphylocoques, y compris le SARM, peuvent ne présenter aucun symptôme, mais transmettre la bactérie à d’autres personnes, qui risquent alors de contracter une infection.
Qui peut contracter une infection à SARM ?
Les infections à SARM-OC peuvent toucher des personnes de tous âges et de tous genres. Toutefois, les personnes qui vivent dans des milieux à forte promiscuité ou qui partagent des objets contaminés présentent un risque accru de contracter une telle infection. Il s’agit notamment de :
- personnes en situation d’itinérance
- personnes incarcérées ;
- personnes hébergées dans des refuges ;
- personnes ayant des antécédents de consommation de drogues illicites ;
- vétérinaires, travailleurs agricoles et personnes travaillant dans le secteur de l’élevage ;
- athlètes ;
- membres des Forces armées.
- Fiche de renseignements sur le SARM de l’Agence de la santé publique du Canada
- Pour en savoir plus, consulter l’étude de Gilbert et coll. (2006) : https://doi.org/10.1503/cmaj.051565
Pourquoi les établissements correctionnels et les refuges sont-ils des milieux à risque élevé d’infection à SARM-OC ?
Les milieux de vie collectifs fermés tels les établissements correctionnels (prisons et centres de détention) et les refuges peuvent accroître le risque d’infection à SARM-OC chez les personnes qui y résident en raison de la promiscuité, du manque d’hygiène et de la fréquentation élevée de ces établissements.
Pour en savoir plus, consultez l’étude de Mitevska et coll. (2021) : https://doi.org/10.3390/pathogens10040393
Comment une infection à SARM-OC est-elle dépistée et traitée ?
En cas de suspicion d’infection à SARM-OC, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé ou un médecin. Un échantillon sera prélevé dans la région touchée afin de confirmer le diagnostic.
Si la présence de SARM-OC est confirmée, un médecin ou une infirmière peut administrer des antibiotiques autres que la méthicilline ou procéder au drainage du pus de la plaie à l’aide d’une aiguille ou d’une seringue.
Quelle est l’évolution des infections à SARM au Canada ?
Au Canada, le nombre d’infections sanguines à SARM-OC augmente de façon constante depuis 2015. Entre 2016 et 2020, le nombre de cas de SARM-OC a augmenté de 75 %, contribuant à une hausse globale de 33 % des cas d’infection à SARM (y compris les infections d’origine communautaire et celles acquises en milieu hospitalier).
Quelle est la situation des infections à SARM dans les établissements correctionnels et les refuges pour personnes en situation d’itinérance au Canada ?
Les recherches sur les infections à SARM dans les établissements correctionnels et les refuges pour personnes en situation d’itinérance au Canada sont limitées. Une étude menée en 2007 dans trois refuges pour personnes en situation d’itinérance situés au centre-ville d’Ottawa, en Ontario, indiquait que 4,5 % des personnes hébergées étaient porteuses de la bactérie SARM. Une autre étude canadienne, publiée en 2006, s’est penchée sur la prévalence d’une souche particulière de SARM (USA300) chez 271 personnes fréquentant des refuges pour personnes en situation d’itinérance, des établissements correctionnels, des programmes d’échange de seringues, des programmes de désintoxication et une clinique médicale située au centre-ville de Calgary, en Alberta. L’étude a révélé que 5,5 % des participants étaient colonisés ou infectés par cette souche de SARM.
Pour consulter les études dans leur intégralité, rendez-vous sur :
- Gilbert et coll. (2006) : https://doi.org/10.1503/cmaj.051565
- Szakacs et coll. (2007) : https://doi.org/10.1155/2007/264257
Que puis-je faire pour prévenir ou limiter les infections à SARM-OC ?
Pour réduire le risque de contracter une infection à SARM-OC, il est important d’adopter de bonnes pratiques d’hygiène et de garder les plaies propres et recouvertes d’un pansement. SARM peut également survivre sur des objets contaminés pendant plusieurs heures, voire plusieurs semaines. Il est donc important d’éviter de partager des articles personnels (p. ex. serviettes, savons, rasoirs, etc.), de jeter les déchets contaminés (p. ex. pansements usagés) et de laver régulièrement les articles qui entrent en contact avec la peau (p. ex. draps, serviettes, vêtements, etc.).
Le SARM-OC dans les établissements correctionnels et les refuges
Une étude canadienne publiée en 2006 a formulé trois recommandations visant à prévenir et à maîtriser les infections à SARM-OC dans les établissements correctionnels et les refuges :
- Limiter les situations dans lesquelles des personnes présentant des lésions cutanées à découvert et ayant une mauvaise hygiène peuvent transmettre l’infection à d’autres personnes.
- Revoir les modalités d’attribution des lits et des chambres afin de réduire le risque de transmission de l’infection d’une personne à une autre.
- Sensibiliser le personnel aux mesures permettant de réduire le risque d’infection à SARM.
Pour consulter l’étude intégrale, rendez-vous à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1155/2006/402361
