Cyclosporose (Cyclospora cayetanensis)

juillet 2026

Les Points saillants du CCNMI offrent aux praticiens et cliniciens canadiens de la santé publique des revues actualisées sur les renseignements essentiels liés aux maladies infectieuses importantes, de manière à ce qu’ils servent à la pratique en santé publique au Canada. Bien qu’ils ne constituent pas des revues de littérature formelles, les Points saillants sont rédigés à partir de sources clés dont des revues scientifiques évaluées par les pairs, l’ASPC, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

N’hésitez pas à nous faire part de vos questions, commentaires et suggestions le concernant à l’adresse suivante : nccid@manitoba.ca.

Que sont les Points saillants ? Pour en savoir plus sur la manière dont nous recueillons l’information, veuillez consulter notre page dédiée Points saillants.

Questions Addressed in this debrief:

  1.  Quelles sont les principales caractéristiques de la cyclosporose?
  2. Quelles mesures faut-il prendre en présence de contacts ou de cas soupçonnés de cyclosporose?
  3. Où en est l’éclosion actuelle de cyclosporose?
  4. Quel risque présente à l’heure actuelle la cyclosporose pour la population canadienne?

Quelles sont les principales caractéristiques de la cyclosporose?

Caractéristiques et causes

La cyclosporose est une maladie intestinale causée par Cyclospora cayetanensis, un parasite protozoaire. La transmission se fait par l’ingestion d’oocystes sporulés présents dans des aliments ou de l’eau contaminés (par voie fécale-orale). Cette maladie ne se transmet généralement pas directement de personne à personne.

Le parasite Cyclospora peut être présent dans les eaux usées et dans l’eau non traitée. On le trouve partout dans le monde, mais plus communément dans les régions tropicales et subtropicales, notamment :

le Pérou, Cuba, l’Inde, le Népal, le Mexique, le Guatemala, l’Asie du Sud-Est et la République dominicaine.

Cyclospora cavetanensis est peu répandu dans les aliments et n’est pas présent dans l’eau potable au Canada. Toutefois, les aliments peuvent constituer une source de cyclosporose pour la population canadienne lorsqu’ils sont importés de pays où cette maladie est courante. Parmi les aliments importés au Canada qui ont été associés au parasite Cyclospora, on retrouve le basilic, la coriandre, les framboises, les mûres, la laitue mesclun, les pois mange-tout et les pois sugar snap, ainsi que les mélanges de salades préemballés.

ASPC – Cyclosporose

CDC – Parasite – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Cleveland Clinic – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

California Department of Public Health – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Signes et symptômes 

La cyclosporose infecte l’intestin grêle et provoque généralement une diarrhée aqueuse accompagnée de selles fréquentes, parfois explosives. Les autres symptômes peuvent inclure :

  • un ballonnement abdominal et des flatulences
  • de la fatigue
  • des crampes d’estomac
  • une perte d’appétit
  • une perte de poids
  • une légère fièvre
  • de la nausée

Les symptômes peuvent apparaître entre 7 et 14 jours après la consommation de nourriture ou d’eau contaminée.

Sans traitement, les symptômes peuvent perdurer pendant quelques jours, voire quelques mois. La plupart des gens ont des symptômes pendant six ou sept semaines. Les symptômes peuvent parfois disparaître puis revenir, suivant ainsi une évolution cyclique. Bien que la cyclosporose ne soit généralement pas mortelle, les complications signalées comprennent notamment la malabsorption, la cholécystite et l’arthrite réactive.

ASPC – Symptômes

CDC – Clinical Overview of Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Cleveland Clinic – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

California Department of Public Health – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Épidémiologie 

Cyclospora est endémique dans les régions tropicales et subtropicales. Dans les pays où la maladie n’est pas endémique, les cas sont souvent liés à des produits frais importés (p. ex. baies, légumes-feuilles, herbes aromatiques). Des épidémies saisonnières ont été signalées en Amérique du Nord, où une augmentation du nombre de cas a été détectée pendant les mois les plus chauds, lorsque les chaînes d’approvisionnement en fruits et légumes sont en pleine activité. 

ASPC – Causes de la cyclosporose

CDC – Clinical Overview (en anglais seulement)

Cleveland Clinic – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

California Department of Public Health – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Transmission et facteurs de risque 

Mode de transmission : ingestion de nourriture ou d’eau contaminée contenant des oocystes sporulés. Les facteurs de risque comprennent la consommation de fruits et légumes crus, les voyages dans des régions où la maladie est endémique, ainsi que l’exposition à de l’eau contaminée ou à des défaillances du réseau d’assainissement. 

Parmi les aliments importés qui ont été associés à des éclosions de cyclosporose, on retrouve le basilic, la coriandre, les framboises, les mûres, la laitue mesclun, les pois mange-tout et les pois sugar snap, ainsi que les mélanges de salades préemballés.

Les Canadiens les plus à risque de contracter la cyclosporose sont ceux qui voyagent dans les pays à risques élevés, et qui :

  • mangent des fruits et des légumes frais
  • boivent de l’eau non traitée

Les groupes de population présentant un risque accru de développer une forme plus longue ou plus grave de la maladie sont :

  • les jeunes enfants
  • les adultes plus âgés
  • les personnes dont le système immunitaire est affaibli (qui ont de la difficulté à lutter contre les maladies)

PHAC – Risques de la cyclosporose (Cyclospora)

CDC – Clinical Overview of Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Cleveland Clinic – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

California Department of Public Health – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Prévention et contrôle 

La prévention repose principalement sur la salubrité des aliments : le lavage des fruits et légumes, la manipulation sécuritaire et la prévention de la contamination aux étapes de la production et de la distribution. Les mesures de santé publique comprennent les enquêtes sur les éclosions, la traçabilité et le rappel des produits contaminés. 

Les personnes qui voyagent vers un pays où l’on trouve Cyclospora peuvent réduire les risques de contracter la maladie en :

  • évitant les aliments qui ont été nettoyés avec l’eau potable locale;
  • buvant l’eau provenant d’une source sûre;
  • ne mangeant que des aliments cuits ou des fruits pelés par la personne qui les consomme.

Il peut être difficile de prévenir la cyclosporose. Il en est ainsi parce que le fait de nettoyer les fruits et les légumes ne les débarrasse pas toujours du parasite Cyclospora qui cause la maladie. Il est possible de réduire les risques en suivant quotidiennement les pratiques de manipulation sécuritaire des aliments, en consommant des fruits et légumes cultivés au Canada et en cuisant ceux importés de pays où la cyclosporose est présente.

PHAC – Prévention de la cyclosporose (Cyclospora)

CDC – Cyclosporiasis prevention (en anglais seulement)

Diagnostic et tests 

Le diagnostic est généralement confirmé par la détection d’oocystes de Cyclospora dans :

  • le liquide d’aspiration duodénale
  • les biopsies de l’intestin grêle
  • les selles fraîches ou conservées dans une solution d’iode

La coloration résistante à l’acide ou la coloration à la safranine O permet d’observer les oocystes sous forme de sphères de 10 µm avec des grappes de globules réfrangibles. Le diagnostic peut être effectué à l’aide de la coloration de Ziehl-Neelsen et de la coloration à l’auramine rhodamine modifiées.

Plusieurs échantillons de selles peuvent être nécessaires en raison d’une excrétion intermittente. 

 ASPC – Pour les professionnels de la santé : Cyclosporose (Cyclospora)

CDC – Clinical Overview of Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Traitement clinique 

Le triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP‑SMX) est le traitement de première intention pour la cyclosporose, la disparition des symptômes étant habituellement remarquée deux à trois jours après le début du traitement. Aucune antibiothérapie alternative très efficace n’a encore été déterminée pour les patients qui :

  • sont allergiques aux sulfamides
  • présentent une résistance au traitement standard

Les soins de soutien comprennent l’hydratation et l’équilibration électrolytique. Les personnes immunodéprimées peuvent développer une forme plus longue ou plus grave de la maladie. 

Précautions en matière de soins

Traitement pendant la grossesse

Le triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX) est un médicament classé dans la catégorie C pour les grossesses. Le TMP-SMX ne doit être utilisé pendant la grossesse que si les avantages potentiels justifient les risques pour le fœtus. Le TMP-SMX ne devrait pas être utilisé à court terme en raison du risque d’hyperbilirubinémie et de kernictère chez le nouveau-né.

Catégorie C pour les grossesses : Des études menées tant chez l’animal que chez l’humain ont mis en évidence des effets indésirables sur le fœtus (tératogènes, embryocides ou autres). Il n’existe toutefois aucune étude contrôlée chez la femme ni d’étude menée chez la femme et l’animal. Les médicaments ne devraient être administrés que si les avantages potentiels justifient les risques pour le fœtus.

Traitement pendant l’allaitement

Le triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX) est excrété dans le lait maternel. Le TMP-SMX est généralement compatible avec l’allaitement chez les nourrissons en bonne santé et nés à terme, une fois la période néonatale passée. Toutefois, les femmes qui allaitent des nourrissons prématurés, atteints de jaunisse, malades ou affaiblis, ou présentant un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase, devraient généralement éviter de prendre du TMP-SMX.

Traitement chez les patients pédiatriques

L’innocuité du triméthoprime-sulfaméthoxazole (TMP-SMX) chez les enfants n’a fait l’objet d’aucune évaluation systématique. Son utilisation chez les enfants de moins de deux mois n’est généralement pas recommandée.

ASPC – Pour les professionnels de la santé : Cyclosporose (Cyclospora)

CDC – For Health Care Providers – Clinical Care of Cyclosporiasis  (en anglais seulement)

Cleveland Clinic – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Quelles mesures faut-il prendre en présence de contacts ou de cas soupçonnés de cyclosporose?

La cyclosporose est une maladie à déclaration obligatoire dans toutes les provinces et tous les territoires.

Les cas sont signalés aux ministères de la Santé provinciaux ou territoriaux, ainsi qu’au gouvernement fédéral, s’ils répondent à la définition nationale de cas.

PHAC – Surveillance de la cyclosporose (Cyclospora)

Le Canada assure le suivi des maladies d’origine alimentaire à l’aide des données provenant de plusieurs systèmes de surveillance afin d’estimer leur incidence, en s’appuyant sur les renseignements fournis par les autorités locales de santé publique et les laboratoires, ainsi que par les ministères et les autorités provinciales et territoriales de santé publique. Ces systèmes de surveillance comprennent les suivants :

  • Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SSMDO)
  • Programme national de surveillance des maladies entériques (PNSME)
  • Programme national de surveillance accrue de la listériose
  • FoodNet Canada
  • Système provincial et territorial de surveillance des maladies à déclaration obligatoire
  • Étude nationale des maladies gastro-intestinales aiguës (ENMGA)

D’autres systèmes de surveillance importants pour les maladies d’origine alimentaire au Canada comprennent les suivants :

  • PulseNet Canada
  • Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA)

ASPC – Surveillance des maladies d’origine alimentaire au Canada

Définition de cas 

Seuls les cas confirmés de cyclosporose doivent être déclarés à l’échelle nationale.

Cas confirmé

Confirmation en laboratoire de l’infection avec ou sans manifestations cliniques de la maladie, dans un échantillon clinique approprié (p. ex. selles, liquide intestinal, biopsie de l’intestin grêle) et avec la mise en évidence :

    d’oocystes de Cyclospora spp.;

    ou

    d’acides nucléiques de Cyclospora spp. (p. ex. avec un test de réaction de polymérisation en chaîne [PCR] ou d’autre test d’acides nucléiques [TAN]).

Cas probable

Manifestations cliniques de la maladie chez une personne ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé.

Remarque :

Les définitions de cas probables sont fournies à titre indicatif pour faciliter la recherche de cas et la gestion de la santé publique et ne doivent pas être utilisées pour la déclaration à l’échelle nationale.

La maladie n’est pas endémique au Canada; par conséquent, les cas devraient être étudiés comme étant le plus souvent associés à des aliments importés ou aux voyages.

La transmission directe de personne à personne est peu susceptible de se produire.

Gouvernement du Canada – Définition nationale de cas

Où en est l’éclosion actuelle de cyclosporose?

En date du 11 juillet 2026, 107 cas ont été signalés au Québec, par rapport à 30 en 2025. En Colombie-Britannique, 93 cas ont été signalés cette année. Sept cas de cyclosporose ont été signalés en Alberta, dont quatre étaient liés à un récent voyage au Mexique. Les autorités sanitaires du Nunavut ont déclaré cinq cas confirmés en laboratoire cette année, mais rien n’indique que ces cas soient liés à une éclosion d’origine alimentaire en cours ou à des fruits ou légumes importés des États-Unis. De plus, en mars 2026, deux cas ont été signalés à Santé publique Ontario, et le Manitoba a également signalé un cas.

Entre 2004 et 2023, 298 cas de cyclosporose ont été signalés en moyenne chaque année par l’intermédiaire du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire.

CTV News – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Global News – Cyclosporiasis (en anglais seulement)

En date de juillet 2026, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) n’a annoncé aucune enquête nationale sur les éclosions de cyclosporose touchant plusieurs provinces et territoires. Toutefois, les autorités canadiennes de santé publique signalent la hausse saisonnière attendue des cas non liés aux voyages au cours des mois du printemps et de l’été, en particulier dans des provinces comme l’Ontario et le Québec. Le Québec a également signalé une augmentation du nombre de cas par rapport aux années précédentes, bien que celle-ci n’ait donné lieu à aucune enquête nationale sur les éclosions.

Toronto CityNews (en anglais seulement)

L’ASPC souligne que le Canada signale en moyenne environ 300 cas par année, la plupart des cas survenant entre mai et septembre. Historiquement, de nombreux cas au Canada ont été associés à des fruits et légumes frais importés, bien que les enquêtes ne permettent souvent pas d’identifier une source unique d’origine alimentaire.

Daily Hive (en anglais seulement)

Situation internationale actuelle

États-Unis

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis mènent actuellement une enquête sur une augmentation saisonnière du nombre de cas de cyclosporose au cours de la saison de transmission de 2026.

En date du 28 juillet 2026 :

  • 6 707 cas de contamination locale confirmés en laboratoire
  • 45 États touchés
  • 423 hospitalisations
  • D’autres enquêtes menées par les États sont en cours, notamment concernant une importante éclosion au Michigan.

CDC – Surveillance of Cyclosporiasis (en anglais seulement)

Quel risque présente à l’heure actuelle la cyclosporose pour la population canadienne?

À l’heure actuelle, le risque global pour la population canadienne demeure faible. Il n’existe aucune preuve de transmission communautaire généralisée au Canada, et la transmission directe de personne à personne est très peu probable. Les systèmes canadiens de surveillance de la salubrité des aliments et d’inspection des aliments continuent de surveiller les produits importés. La plupart des cas observés au Canada sont sporadiques ou liés à des aliments importés contaminés, plutôt qu’à une transmission locale soutenue.

ASPC – Surveillance de la cyclosporose