Point saillants : La syphilis

Dernière mise à jour le August 12, 2019

Les Points saillants du CCNMI offrent aux praticiens et aux cliniciens canadiens en santé publique des revues actualisées sur les renseignements essentiels liés aux maladies infectieuses importantes de manière à ce qu’ils servent à la pratique en santé publique au Canada. Bien qu’ils ne soient pas des examens officiels de la littérature, les renseignements sont puisés de sources clés, y compris l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de documents à comité de lecture.

Nous acceptons volontiers vos questions, commentaires et suggestions concernant le présent bulletin et vous pouvez nous les envoyer à l’adresse suivante : Sheikh.Qadar@umanitoba.ca

Communiquer l’augmentation de la syphilis au Canada

Le présent compte rendu a pour objectif de fournir au personnel de santé publique une référence rapide dans les domaines de la pratique et des politiques, et d’encourager les praticiens à faire des tests de dépistage de la syphilis et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) chez les personnes présentant un risque d’infection.

Les facteurs de risque d’ITS sont généraux et décrits dans la Section 2 : Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Soins primaires et infections transmissibles sexuellement.

Quelles sont les caractéristiques importantes de la syphilis?

Cause

La syphilis est une maladie bactérienne sexuellement transmissible causée par la bactérie Treponema pallidum, sous-espèce pallidum. La souche T. pallidum sous-espèce pallidum cause la syphilis vénérienne; T. pallidum sous-espèce endemicum cause la syphilis endémique (bejel); T. pallidum sous-espèce pertenue, cause le pian tandis que T. carateum cause la pinta.

Après la chlamydia et la gonorrhée, il s’agit de la troisième infection sexuellement transmissible (IST) la plus souvent déclarée au Canada. L’infection peut avoir des conséquences graves sur la santé et passe par trois stades si elle n’est pas traitée.

Signes et symptômes

Descriptions détaillées des manifestations cliniques à différents stades, et période d’incubation associée à chacun :

Stade Manifestations cliniques Période d’incubation
Primaire Chancre (se produit généralement lorsque la syphilis est entrée dans le corps et dans des zones parfois difficiles à remarquer telles que le vagin ou l’anus), adénopathie régionale de 3 à 6 semaines
Secondaire Éruption cutanée, fièvre, malaise, adénopathie, lésions muqueuses, condylomes plats, alopécie en plaque ou diffuse, méningite, céphalées, uvéite, rétinite de 2 à12 semaines

(de 2 semaines à 6 mois)

Latent Asymptomatique Précoce : moins d’un an

Tardive : 1 an ou plus

Voir les Lignes directrices canadiennes sur les ITS pour les signes et symptômes de la syphilis tertiaire et congénitale

Transmission

Le principal mode de transmission est par contact sexuel vaginal, anal ou oro-génital. La syphilis peut également se transmettre par le partage d’aiguilles, une transfusion de sang, une inoculation accidentelle et une greffe d’organe.

En cas de transmission de la femme à l’enfant, la majorité des infections par syphilis congénitale se produit in utero, mais la syphilis peut également être transmise par contact avec une lésion génitale active au moment de l’accouchement.

Prévention

Il est important que les professionnels de la santé expliquent de façon précise aux patients qui sont actifs sexuellement les risques de contracter la syphilis pour éviter l’ambigüité, particulièrement le risque de transmission par contact sexuel oral et l’utilisation d’une protection. Les patients devraient recevoir de l’information sur les rapports sexuels protégés, l’utilisation de barrières et les pratiques de partage d’aiguilles afin de réduire le risque de transmission.

Les tests et la gestion empêchent la propagation de l’infection. Toutes les personnes présentant des risques d’infection devraient être testées pour les autres ITSS. Pour prévenir la syphilis congénitale, le dépistage prénatal systématique de la syphilis est recommandé au cours du premier trimestre pour toutes les femmes. Les tests doivent être répétés chez les patientes vivant dans des communautés et des populations à prévalence élevée et chez les patientes à risque au cours du troisième trimestre (28 à 32 semaines) et de nouveau à l’accouchement. Les enfants nés de mères qui subissent des tests non tréponémiques et tréponémiques réactifs doivent être évalués pour la syphilis congénitale.

Selon le CDC, les interventions en partenariat, y compris la notification au partenaire (repérage des contacts), jouent un rôle essentiel dans la prévention de la syphilis.

Les patients présentant une syphilis infectieuse confirmée et leurs partenaires devraient s’abstenir d’avoir des relations sexuelles non protégées jusqu’à ce que le traitement des deux partenaires soit terminé et qu’une réponse sérologique adéquate ait été déterminée

Traitement et gestion de l’information

Consultez la Section 5-10 : Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Prise en charge et traitement d’infections spécifiques – Syphilis ou les lignes directrices ou les protocoles provinciaux, territoriaux ou autres instances.

Les tests sérologiques de la syphilis nécessitent l’interprétation de tests de dépistage d’anticorps non tréponémiques et de tests de confirmation d’anticorps tréponémiques par des algorithmes. Si l’on suspecte une syphilis et que les tests sérologiques sont négatifs, on doit répéter les tests 2 à 4 semaines plus tard, en raison du temps requis pour permettre la détection de l’infection. Les personnes qui ont été atteintes d’une infection par la syphilis par le passé ont généralement des tests tréponémiques réactifs toute leur vie, quel que soit le traitement, ce qui complique le diagnostic et le traitement des infections à répétition.

Le traitement de la syphilis consiste généralement en deux injections intramusculaires profondes de pénicilline G, en raison du volume important du médicament. Les personnes infectées depuis plus d’un an ou dont la durée est inconnue nécessitent trois traitements à une semaine d’intervalle chacun. La prise en charge de la syphilis comprend un suivi sérologique sur une à deux années afin de contrôler la réussite du traitement.

Épidémiologie

Depuis les dernières années, les taux de syphilis au Canada sont en hausse. Selon le Relevé des maladies transmissibles au Canada (2018), le taux national de syphilis infectieuses au Canada a augmenté de 85,6 % de 2010 à 2015 (passant de 5 à 9,3 cas pour 100 000 habitants). Chez les femmes, entre 2010 et 2015, le taux est passé de 0,9 à 1,2 cas pour 100 000 habitants, tandis que chez les hommes, il est passé de 9,2 (2010) à 17,5 cas pour 100 000 habitants (2015). Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas les informations les plus récentes sur les taux d’incidence de la syphilis et les éclosions dans les provinces et les territoires du Canada.

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Quel est l’état de la situation actuelle en lien avec les éclosions de syphilis?