Virus respiratoire syncytial (VRS)

Les Points saillants du CCNMI offrent aux praticiens et aux cliniciens canadiens de la santé publique un examen actualisé des renseignements essentiels relatifs à des maladies infectieuses importantes, de manière à orienter la pratique en santé publique au Canada. Bien que cet examen ne constitue pas une revue formelle de la littérature, les renseignements proviennent de sources clés telles que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ainsi que de documents à comité de lecture.

Les Points saillants suivants ont été préparés par Ankita Mehra. Les questions, commentaires et suggestions à ce sujet sont les bienvenus et peuvent être envoyés à nccid@manitoba.ca. Que sont les Points saillants? Pour en savoir davantage sur la manière dont l’information est recueillie, consultez notre page consacrée aux Points saillants.

Questions abordées dans le présent bulletin :

  1. Quelles sont les principales caractéristiques du virus respiratoire syncytial?
  2. Quelle est la situation actuelle relative aux flambées du virus respiratoire syncytial?
  3. Quel est le risque actuellement associé au virus respiratoire syncytial pour les Canadiens?
  4. Quelles mesures faut-il prendre concernant un cas présumé d’infection par le virus respiratoire syncytial ou un contact potentiel?

Causes

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est un virus très commun qui provoque une infection des voies respiratoires. C’est un virus à ARN simple brin, enveloppé et antisens qui appartient au genre Orthopneumovirus et à la famille des Paramyxoviridae. On reconnaît deux sous-types de VRS : le VRS/A et le VRS/B. Le sous-type A est plus prévalent que le sous-type B.

Signes et symptômes

Les personnes infectées par le VRS présentent généralement des symptômes dans les 4 à 6 jours suivant l’infection. Le VRS provoque généralement des symptômes bénins qui ressemblent à ceux du rhume, p. ex., écoulement nasal (rhinorrhée), toux, éternuements, fièvre, respiration sifflante et/ou diminution de l’appétit. Chez le nourrisson, les symptômes comprennent l’irritabilité, une diminution de l’activité et des difficultés respiratoires. Le VRS est potentiellement mortel, en particulier chez les nourrissons et les personnes âgées. Il constitue la cause la plus fréquente de bronchiolite et de pneumonie, qui sont des infections à VRS plus graves, chez les enfants de moins d’un an. L’infection primaire par le VRS se manifeste généralement par une affection des voies respiratoires inférieures, une pneumonie, une bronchiolite, une trachéobronchite ou une affection des voies respiratoires supérieures.

Gravité et complications

Le VRS peut causer des maladies allant de l’infection bénigne des voies respiratoires supérieures à l’infection grave des voies respiratoires inférieures. L’infection à VRS commence habituellement par une affection des voies respiratoires supérieures, qui a tendance à dégénérer en maladie des voies respiratoires inférieures (dans environ 50 % des cas). La plupart des infections à VRS disparaissent d’elles-mêmes en 1 à 2 semaines.

Bien que le VRS puisse affecter les voies respiratoires chez des personnes de tout âge et qu’il figure parmi les infections infantiles les plus courantes, son tableau clinique et sa gravité varient souvent selon le groupe d’âge et l’état immunitaire des patients. Les nourrissons, les adultes âgés (plus de 65 ans) et les personnes immunovulnérables sont plus susceptibles de contracter une maladie grave telle que la bronchiolite et la pneumonie où, dans les deux cas, l’infection se propage des voies respiratoires supérieures jusqu’aux voies respiratoires inférieures. Dans certains cas, une otite moyenne peut survenir (plus fréquente chez les nourrissons et les jeunes enfants).

Le VRS peut également aggraver des affections chroniques telles que l’asthme ou des maladies du cœur et des poumons, c’est-à-dire qu’une personne peut avoir des crises d’asthme à la suite d’une infection par le VRS.

La réinfection est courante tout au long de la vie du patient.

Épidémiologie

Renseignements généraux

Le VRS est endémique dans le monde entier et des cas sont signalés tout au long de l’année. La répartition du fardeau de la maladie selon l’âge est bimodale, le plus fort impact étant ressenti au cours des 2 premières années de vie et chez les personnes âgées. On estime que le VRS est chaque année à l’origine de 3,4 millions d’hospitalisations et de 100 000 décès dans le monde. Les taux d’infection culminent généralement pendant la saison froide (de la fin de l’automne jusqu’au printemps).

Période d’incubation

La période d’incubation du VRS varie de 2 à 8 jours.

Réservoir et transmission

Les humains sont le réservoir du VRS, qui est transmis lors d’un contact direct avec des sécrétions infectieuses par l’intermédiaire de matières contaminées et de grosses particules aérosolisées. Par exemple, le VRS peut se propager lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue et que des gouttelettes virales pénètrent dans l’organisme d’une autre personne par les yeux, le nez ou la bouche. Les gouttelettes respiratoires infectées par le virus se propagent facilement par voie aérienne.

Le virus peut également être transmis lorsqu’une personne touche une surface infectée, comme une poignée de porte, et se touche ensuite le visage avant de se laver les mains. Le VRS peut survivre pendant de nombreuses heures sur des surfaces dures (table) par rapport aux surfaces molles (mains).

La personne infectée pose le plus grand risque de contagion au cours de la première semaine suivant l’infection. Cependant, les nourrissons et les personnes ayant un système immunitaire affaibli peuvent continuer de propager le virus même après la disparition de leurs symptômes, pendant une période allant jusqu’à 4 semaines. La transmission de personne à personne est peu probable, car elle exige un contact direct et prolongé avec une personne infectée. Les enfants sont connus pour transmettre le virus pendant de longues périodes.

La réinfection est possible chez les personnes de tout âge, mais la gravité des infections subséquentes demeure généralement moindre.

Diagnostic en laboratoire

Outre la surveillance des symptômes, l’analyse la plus couramment effectuée en laboratoire clinique pour le dépistage du VRS est la réaction en chaîne de la polymérase avec transcription inverse en temps réel (rRT-PCR), qui est le test antigénique le plus sensible (uniquement chez les enfants). En effet, un grand nombre des symptômes du VRS ne sont pas spécifiques et coïncident avec ceux d’autres infections virales respiratoires et bactériennes.

Mesures de prévention et de lutte

Voici ce qu’il faut faire en cas de symptômes qui s’apparentent à ceux du rhume :

  • Tousser et éternuer dans un mouchoir en papier ou dans le haut de sa manche de chemise, et non dans ses mains
  • Se laver les mains souvent à l’eau et au savon pendant au moins 20 secondes
  • Éviter tout contact rapproché, comme les baisers, les poignées de main et le partage de tasses et d’ustensiles de cuisine avec d’autres personnes
  • Nettoyer les surfaces fréquemment touchées telles que les poignées de porte et les appareils mobiles

Il faut éviter toute interaction avec des enfants vulnérables aux maladies à VRS graves, notamment les nourrissons prématurés, les enfants de moins de 2 ans atteints de maladies chroniques du cœur ou des poumons et les enfants dont le système immunitaire est affaibli.

Vaccination

Les chercheurs travaillent à l’élaboration de vaccins contre le VRS, mais aucun n’est encore disponible. Un médicament appelé « palivizumab » est offert pour prévenir les maladies graves à VRS chez certains nourrissons et enfants très vulnérables. Dans le cadre du Programme de prophylaxie pour les IVRS chez les nouveau-nés et les nourrissons à haut risque (Programme PS-IVRS), le ministère de la Santé prend en charge l’intégralité du coût du médicament. Celui-ci peut contribuer à prévenir des maladies à VRS graves, mais il ne peut pas aider à guérir ou à traiter les enfants déjà atteints gravement par le VRS, et il ne peut pas prévenir l’infection par le VRS. Il est administré par injection intramusculaire mensuelle pendant la saison de pointe du VRS (de la fin de l’automne jusqu’au printemps).

Traitement

La plupart des infections par le VRS disparaissent d’elles-mêmes en 1 ou 2 semaines. Il n’existe aucun traitement particulier contre les infections à VRS, bien que les chercheurs travaillent à élaborer des vaccins et des antiviraux. Il est possible de prendre des mesures pour soulager les symptômes associés aux infections à VRS, p. ex., réduction de la fièvre et de la douleur avec des antipyrétiques et des analgésiques en vente libre, comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène (ne pas donner d’aspirine aux enfants). Il faut boire des liquides pour prévenir la déshydratation.

Personnes qui devront être hospitalisées :

  • Les adultes plus âgés et les nourrissons de moins de 6 mois qui ont des difficultés respiratoires ou qui sont déshydratés
  • Les personnes qui ont besoin d’oxygène supplémentaire ou d’une ventilation mécanique par intubation

Un médicament appelé « palivizumab » est offert pour prévenir les maladies graves à VRS chez certains nourrissons et enfants très vulnérables. Ce médicament peut contribuer à prévenir des maladies à VRS graves, mais il ne peut pas aider à guérir ou à traiter les enfants déjà atteints gravement par le VRS, et il ne peut pas prévenir l’infection par le VRS. Il est administré par injection intramusculaire mensuelle pendant la saison de pointe du VRS (de la fin de l’automne jusqu’au printemps).

Dans l’ensemble, le nombre de cas positifs de VRS au Canada depuis août 2020 demeure faible, ce qui dénote une amélioration par rapport à 2018-2019, lorsque 17,7 % des cas étaient positifs pour le VRS au Canada.

Figure 1 : Détection du virus respiratoire syncytial (VRS) au Canada, spécimens positifs (%)
Atlantique :
Québec :
Ontario :
Prairies (Alberta, Saskatchewan, Manitoba) :
Colombie-Britannique :
Territoires :

Le VRS est une infection saisonnière qui sévit dans le monde entier et dont la saison active s’étend généralement de novembre à avril. Chez les adultes en bonne santé et les enfants plus âgés, le VRS se manifeste généralement par des symptômes semblables à ceux du rhume. La plupart des enfants sont infectés au moins une fois avant l’âge de 2 ans et continuent de contracter l’infection tout au long de leur vie. Cependant, les populations suivantes sont très vulnérables aux infections à VRS graves :

  • Les nourrissons, en particulier ceux qui sont prématurés ou les bébés de 6 mois ou moins
  • Les enfants qui présentent une maladie du cœur dès la naissance (cardiopathie congénitale) ou une maladie pulmonaire chronique
  • Les enfants ou les adultes dont le système immunitaire est affaibli par des maladies telles que le cancer ou un traitement tel que la chimiothérapie
  • Les enfants qui présentent des troubles neuromusculaires, tels que la dystrophie musculaire
  • Les adultes atteints d’une maladie du cœur ou des poumons
  • Les personnes âgées, particulièrement celles de 65 ans et plus

Recommandations liées aux voyages

Le VRS est répandu dans le monde entier, mais aucune précaution supplémentaire n’est nécessaire lors d’un voyage. Le VRS culmine généralement entre novembre et avril. Comme stratégie préventive, il est conseillé de se laver les mains souvent, et d’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche sans d’abord se laver les mains.

Prise en charge des cas et gestion des contacts

La plupart des infections par le VRS disparaissent d’elles-mêmes en 1 ou 2 semaines. Il est conseillé de consulter un professionnel de la santé, de suivre toutes les directives concernant les médicaments à prendre, de se reposer et de s’hydrater en buvant beaucoup de liquides. Toute difficulté respiratoire chez un nourrisson doit être considérée comme une urgence; dans un tel cas, il faut immédiatement demander de l’aide.

Définitions de cas

L’OMS applique la définition de cas élargie associée aux « IRAS » pour la surveillance en milieu hospitalier des infections à VRS graves, et la définition de cas associée aux « IAVR » pour la surveillance communautaire des infections à VRS. L’OMS a également amorcé la phase 2 de la surveillance mondiale du VRS.

Ces définitions de cas sont strictement destinées à la détection des cas, aux déclarations et à l’estimation du fardeau de la maladie.

Détection et déclaration

Conformément aux directives de Santé publique Ontario, les résultats d’analyse sont communiqués au fournisseur de soins de santé qui présente la réquisition d’analyses. Les autorités de la santé publique de chaque province doivent être avisées. Les résultats positifs sont signalés au médecin-hygiéniste, comme l’exige la Loi sur la protection et la promotion de la santé.

Contrôle et prévention des infections

Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le VRS. L’infection à VRS guérit souvent d’elle-même. Pour les nourrissons et les enfants qui courent un risque élevé de contracter une infection à VRS grave, des médicaments de prévention sont offerts et devraient être administrés selon les directives du fournisseur de soins de santé. De plus, pendant la saison de pointe du VRS (de la fin de l’automne jusqu’au printemps), les précautions normalement associées à la prévention du rhume devraient être prises :

  • Se laver les mains souvent
  • Ne pas se toucher les yeux, le nez ou la bouche sans se laver les mains au préalable (l’eau savonneuse et les désinfectants désactivent facilement le virus)
  • Éviter toute exposition à des personnes malades si possible