Introduction

Durant cette session nous entendons les témoignages de trois spécialistes entraitement et prévention : Dr. Joel Kettner, directeur scientifique pour le CCNMI (présente au sujet de la prévention des maladies); Dr. Allan Ronald, conseiller scientifique pour le CCNMI (présente les grandes lignes et les conceptions de base du « traitement comme prévention » et leurs applications efficaces dans les cas des maladies infectieuses comme la Tuberculose et l’hépatite C); et Dr. Julio Montaner, Professeur en médecine à l’Université de Colombie-Britannique, directeur de la Chaire de recherche sur le SIDA de la Fondation de l’hôpital St. Paul, directeur du Centre d’excellence en recherche sur le VIH et le SIDA (présente l’argumentation actuelle de l’utilisation du traitement comme prévention, pour changer la trajectoire de l’épidémie du VIH/SIDA).

Publication : 2016

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TRANSCRIPTION

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Mon nom est Anneliese Poetz et je travaille pour le centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Bienvenu au Webinaire qui est présenté grâce aux efforts d’échanges de connaissances parmi les travailleurs et travailleuses en santé publique au Canada. Durant cette session nous entendrons les témoignages de trois spécialistes en traitement et prévention.

(Le webinaire va être enregistré et posté environ un mois sur la chaîne de YouTube de la N.C.C.I.D. La période de Questions et Réponses à la fin du document donnera l’occasion aux invité(e)s de bien répondre aux questions soulevées dans vos courriels. Vous pouvez dactylographier vos questions à n’importe quel moment pendant les présentations et la période des Questions et réponses. Un lien évaluatif sera présent pour compléter un sondage lors de votre participation aux discussions. Voici un rappel rapide des fonctionnements d’Adobe Connect. En haut de votre écran, il y a un menu-tiroir avec les émoticoms interactifs. Par exemple, il y a une fonction pour applaudir à la fin des présentations et une boîte pour poser vos questions et réponses dans le coin inférieur droit.)

J’ai le grand plaisir d’introduire notre premier invité de la soirée, Dr Joel Kettner, directeur scientifique pour le centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Sa présentation est au sujet de la prévention des maladies. Je vous en prie docteur Kettner, vous pouvez commencer :

— Bonjour tout le monde, et merci d’être là. Je vais commencer tout de suite la présentation parce qu’il y a beaucoup d’information à couvrir ce matin. J’aimerais mettre en place une série d’analyse de conceptions et de définitions qui vous aideront à mieux appréhender le rôle du traitement et de la prévention dans le domaine de la santé publique. Je suis persuadé que pour la plupart de vous ce bilan sera une récapitulation des termes et du jargon que d’autres gens utilisent d’habitude différemment, mais qui feront sens dans notre contexte.

Je vous lirais ceci après, mais cela est dedans mon contrat de conflit d’intérêts. Ça pourrait sembler un peu hors du commun; comparé aux personnes qui lisent les détails financiers avec les organisations de collecte de fonds ou les compagnies pharmaceutiques, etc. Ici, j’ai fait une déclaration sur ce qui pourrait influencer mon point de vue actuel concernant mes opinions sur les maladies infectieuses et leur prévention.

Revoyons rapidement l’histoire naturelle d’une maladie pour être certains qu’on parle en utilisant le même vocabulaire. Sans être obligé de décrire tous les détails du graphique, la « Prévention primaire » est le terme qu’on utilise pour décrire la propagation d’une maladie. D’une manière simple, ça se fait par la réduction des risques, par le biais de vaccinations, de la réduction d’exposition, par l’utilisation d’un préservatif en faisant l’amour par exemple. Une fois que la maladie débute, et pour les maladies infectieuses on préfère dire « le début » et pas la colonisation, il y a un laps de temps, surtout pour les maladies infectieuses et chroniques, où il est possible de détecter l’infection avant que les symptômes se présentent.

D’un point de vue épidémiologique, la plupart des gens l’appelait, « prévention secondaire » et il y a des choses qu’on peut faire avant les symptômes pour identifier la maladie. Une fois que la maladie se présente avec ses symptômes, cela conduit à un rendez-vous chez un travailleur/euse de la santé, un diagnostic est formulé et le traitement commencera. On peut guérir la maladie et donc le cas ne compte plus; elle peut être chronique, non guérissable, mais pourrait être contrôlée et réglée à l’aide d’une rééducation ou d’autres méthodes de traitement ou enfin l’issue pourrait être la mort. Normalement dans une salle de classe, je vérifierais si tout le monde est clair là-dessous, mais je vais continuer. Pour la maladie infectieuse, on considère que la période d’incubation commence au moment de l’exposition ou ensemencement et la multiplication de l’organisme infectieux jusqu’au début des symptômes. On a déjà parlé du processus de dépistage au sein de la prévention secondaire.

C’est ce que je veux cerner dans cette présentation : comment la prévention tertiaire d’un patient, par exemple atteint du SIDA, pourrait-elle en même temps, être la prévention primaire par l’absence de contamination parmi de potentiels nouveaux patients? Donc, on pourrait dire les mêmes choses pour la tuberculose. Une des stratégies majeures contre cette maladie est de traiter les cas actifs s’attendant à ce que cela prévienne d’autres cas. On pourrait appeler cela le « traitement comme prévention », ou plus techniquement, on pourrait l’appelée « prévention tertiaire comme prévention primaire ». C’est une récapitulation d’expressions et je vais revenir là-dessus.

La métaphore que je vais développer ici nous donne un bref rappel des concepts de base et du langage en rapport à la fréquence, à la prévalence et aux résultats, qui peuvent être la guérison, la mortalité ou la maladie chronique. Ainsi la maladie chronique va garder l’eau dans le bain mais si l’on guérit une maladie ou si la mort survient elle n’est plus prise en compte par l’épidémiologie, cela augmente donc l’évacuation de l’eau du bain alors que le niveau de l’eau, qui représente la prévalence, sera affecté par le taux de fréquence de nouveaux cas et par le taux de guérison et de mortalité, seules issues possibles à la maladie.

Si on récapitule rapidement ces mesures, cela nous rappelle qu’il y a certaines questions qu’il faut se poser pour mieux comprendre le suivi et l’évaluation des nombreux impacts des niveaux de prévention et des stratégies comparatives.. En synthèse, nous attendrons la prévention primaire et cela va réduire la fréquence de la maladie. Nous attendrons que la prévention primaire puisse réduire le taux de prévalence; nous ne pensons pas qu’elle aura un effet direct sur le taux de mortalité, ou le taux des cas sévères, mais ce qui est primordial est l’effet homogène de toute forme de prévention. Et bien sûr, nous attendrons que le taux de mortalité de la population entière soit réduit.

La fréquence mesurable du processus de sélection est en croissance au début du programme. En théorie, on doit se pencher sur la vraie fréquence de la maladie et le fait que nous ne pourrons pas entièrement la mesurer par opposition à la fréquence mesurée, nous nous discuterons tout à l’heure.

La fréquence est variable en fonction des détections et des traitements pertinents au début. Si nous pouvons guérir plus de cas, cela aura l’effet de réduire la fréquence et si l’on peut garder la population en vie plus longtemps que la maladie chronique parce que le traitement est meilleur, et que la détection a commencé plus tôt, là on aura un impact direct sur la prévalence.

C’est une des raisons pour lesquelles la fréquence n’est pas un bon indicateur du progrès en prévention et contrôle des maladies infectieuses. Le taux de mortalité devrait diminuer avec un processus de détection efficace, pas pour tout le monde bien sûr, mais comme barème de la population des cas.

Supposons que le diagnostic soit précoce, cela donnera de meilleurs résultats même pour le taux de mortalité. En prévention tertiaire, nous n’attendons pas qu’il n’y ait d’autre effet sur la fréquence que, comme nous en discutons aujourd’hui, l’effet indirect de la prévention primaire pour les nouveaux cas , mais pour l’individu et l’impact sur eux du point de vue de la prévention tertiaire, il est trop tard pour faire quoi que ce soit en ce qui concerne le nombre de cas.

Le taux de prévalence pourrait fluctuer pour les mêmes raisons que j’ai mentionnées tout à l’heure en parlant du processus d’évaluation et nous nous attendons à voir le taux de mortalité des cas diminuer. J’aimerais porter à votre attention les parties supérieures de la diapositive parce que j’aimerais que vous les gardiez en tête pour la discussion d’aujourd’hui. Aussi, cette image pourrait être prise en considération dans les options du choix en ce que qui concerne la prévention qu’on doit penser dans le cas des maladies infectieuses. Excepté le point de vue épidémiologique, nous devrions être particulièrement attentifs aux connaissances de l’information existantes sur l’efficacité de ces interventions. Elles sont efficaces dans le monde réel, l’efficacité de leurs coûts financiers, le jugement de l’égalité, de l’équité et de leur impact sur l’inégalité de la santé de la population.

C’est ça le défi en santé publique, quand on sélectionne les différentes stratégies et qu’on les compare. Je crois que c’est ça qui sortira à travers notre conversation d’aujourd’hui. Donc, j’arrête là et redonne la parole au modérateur.

Merci beaucoup pour cette introduction stimulante docteur Kettner. (J’aimerais attirer votre attention à la boîte de Questions et réponses une fois encore et vous rappelez que vous pouvez écrire vos questions à n’importe quel moment.)

J’aimerais vous présenter, le docteur Allan Rolland qui ens conseilleur scientifique pour le centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Il va nous tracer les grandes lignes et les conceptions de base du « traitement comme prévention » et leurs applications efficaces dans les cas des maladies infectieuses comme la Tuberculose et l’hépatite C. Je vous cède la parole docteur Roland.

Merci bien, Anneliese pour ce webinaire et tout le travail que ça a demandé et merci, Joel pour cette excellente introduction. Actuellement, je suis en train de préparer le terrain pour notre prochain invité, le docteur Julio Montaner. C’est lui le spécialiste mondial dans les traitements comme mesure préventive pour le SIDA. Il n’est pas seulement chercheur, mais aussi une voix progressiste qui pourrait changer la façon dont on aborde un tel sujet. Je commencerai avec quelques principes et concepts. Ma déclaration de divulgation d’intérêts est claire, donc on ne perdra pas plus du temps. Depuis les années 80’, j’ai passé une bonne partie de ma vie en Afrique de l’Est où j’ai appris beaucoup. L’idée de prévention comme traitement (TasP en anglais) que je vais partager avec vous est une idée importante et réelle. Ce n’est rien de nouveau.

C’est quelque chose pour lequel les travailleurs/euses de la santé publique ont joué comme rôle de contenir ces maladies depuis l’utilisation des antimicrobiens dans le traitement des maladies infectieuses, plus particulièrement de la tuberculose. En traitant les sources de la maladie infectieuse, la réduction de l’exposition à ces sources peut ainsi être contrôlée. Mais l’implémentation systématique n’est pas aussi répandue que cela devrait être afin que cela puisse maximiser ses effets.

Vous êtes déjà accoutumées au concept du taux de reproduction, R0, qui représente la moyenne des nouveaux cas infectieux équivalents à l’ensemble de ces trois facteurs du CD. Je vais revenir sur ce sujet brièvement même si la plupart d’entre vous l’ont déjà utilisé. Généralement, son application est sur les STBBI, mais je crois qu’on pourrait les appliquer aux autres maladies infectieuses et leur taux de reproduction si c’est possible de maintenir ces taux à moins de 1 %. Comme cela l’affaiblit, et idéalement, la suppression des maladies infectieuses seraient assurées. Le but est de réduire le taux d’épandage de nouvelles infections et de les contenir à un taux inférieur à1 %. Ceci est obtenu par la réduction des transmissions, comme le docteur Kettner l’a décrit tout à l’heure, et aussi par la décroissance potentielle. Moi, j’utilise le SIDA et la Tuberculose comme exemple et le Sida par la faute de la circoncision des mâles, la TB en donnant le BCG aux enfants (c’est une réduction de la capacité relative, mais au travers de plusieurs en études qu’il y a un effet positif) où l’on pourrait affaiblir ces maladies essentiellement en réduisant le nombre de micro-organismes dans les parties génitales, ce que le docteur Montaner décriera, ou dans le cas de la TB, par l’échange d’air. Nous traitons la TB comme à Kampala dans une clinique qui est en plein air parce qu’on va s’assurer que les gens n’attrapent pas la TB quand ils arrivent pour leur toux et nous utilisons les protections tel que les préservatifs et les masques, afin de réduire de taux de reproduction de la maladie à zéro.

Les contacts possibles sont évidents, si l’on pouvait réduire la transmission du SIDA en limitant les partenaires sexuelles ou en isolant la source de la TB pour réduire notre exposition et sa durée en temps avec celui qui est contagieux. Souvent, mesurer en année, quand nous parlons de la Chlamydia, normalement nous parlons de six à neuf mois comme durée; mais dans le cas de non- traitement, elle persistera. Dans le cas du SIDA, la durée est potentiellement de toute la vie, sauf si le traitement dont je vous parlerai est utilisé. En réduisant et isolant la possibilité de propagation et en réduisant la durée de convalescence, nous réduisons notre zéro.

Le traitement comme prévention pourrait réduire le β et le D, créant une synergie en mesure de prévention.

Récapitulons rapidement :

Les êtres humains ont besoin d’un réservoir primaire. La prévention comme traitement est facilitée par l’utilisation de diagnostics cliniques déjà établis comme pour la plupart des maladies, mais malheureusement plusieurs de ces maladies dont on parle sont asymptomatiques et leurs pronostics se font seulement par des examens en laboratoire. Si l’on a recours à une procédure de dépistage pointue et spécifique comme celle du SIDA, on peut tester de vastes populations et trouver rapidement qui est positif (nous avons ainsi dépisté près d’un demi-million d’ougandaises depuis un an).

Ça serait plus facile s’il n’y avait pas de fâcheuse stigmatisation sur les conséquences du diagnostic, mais pour le TB et le SIDA elle existe bel et bien, et cela aiderait si on avait recours à des régimes de traitements de courte durée qui ne sont pas chers, efficaces et sûrs. Souvent, on n’a pas ce genre de traitement à disposition pour traiter les gens et on est dans l’obligation de les trouver. La TB — est la preuve que ce principe qui émerge en Afrique du Sud, où on trouve une sensibilisation du public bien répandue grâce aux médias et à l’éducation de la population, est efficace. Il y a des gens qui se promènent dans les villages avec leur mégaphone et qui disent : « Si votre toux a duré plus de deux semaines, vous avez l’obligation de vous présenter dans une clinique de santé publique ». Il y a présentement 132 instruments (GenExpert) en Afrique de sud, qui si tous marchent bien au niveau technologique, en l’espace de deux heures et pour un coût inférieur à dix dollars, on obtiendra des résultats très fiables, à plus de 90 % pour l’infection de la TB pulmonaire ayant une précision proche des 100 %, presque parfaite s’il n’y a pas de contamination dans la technologie de la PCR qui identifie la résistance au rifampin, qui fonctionne comme repère pour la RMD- Résistance multiple aux Médicaments. Le cas de la TB requiert une deuxième étape et si le traitement est appliqué, alors les patients peuvent rester en soins, ils deviendront non contagieux en l’espace de deux à trois semaines avec un taux de guérison autour de 95 % si c’est efficace en six mois. Il devrait y avoir, sur une période de un à deux ans, une réduction rapide des cas infectieux de TB en Afrique du Sud. La TB est latente et nous suivra tout au long de votre vie, et de la mienne.

On a démontré que L’hépatite C n’était pas contagieuse. Il faut le mélange du sang ou le partage de seringues, mais parce ce que la propagation des informations reliées aux programmes de sensibilisation pour les transfusions sanguines et l’usage des drogues par injection n’existaient pas, cela a créé un bassin de 150 à 170 millions de personnes, dont une partie est androgénique et dont plus de deux tiers ignorent leur état.

C’est une maladie compliquée parce que chaque génotype obtient des résultats différents au traitement et les résultats sont très différents entre le dys- cirrhoses**16 :37 et le cancer para-cellulaire*. C’est une maladie très compliquée, mais nous faisons des progrès en utilisant le traitement comme prévention, peut-être d’ici à trois ans pour cette maladie majeure qui est la cause de la plupart des transplantations de foie en Amérique du Nord. D’ici à trois ou quatre ans, on pourra mettre en place des traitements efficaces pour guérir les gens en seulement trois à quatre semaines. Encore une fois, en utilisant le traitement comme prévention comme outil majeur dans le secteur de la santé publique.

Pour conclure, certains de ces défis sont : les gens sont déroutés par toutes sortes de raisons, ils souffrent de maladies mentales, ils n’aiment pas l’environnement où on les met, nous les amenons dans notre environnement sans aller dans le leur, il n’existe pas un lieu de soin rassemblant tous leurs besoins. Beaucoup d’entre eux viennent de populations marginales, ne connaissent pas notre langue, et il n’y a personne qui soit responsable de leur bien-être, les travailleurs de la santé publique n’offrant pas un bon service alors ils s’isolent et ne nous parlent pas. Nous n’utilisons pas assez nos collègues éducateurs ici au Canada comme dans la plupart des pays développés.

Le traitement comme prévention c’est l’avenir pour la plupart de ces maladies, particulièrement pour le SIDA et j’anticipe en entendant le docteur Montaner qui se présente en ce moment. Merci.

Merci beaucoup docteur Roland pour cette grande présentation. (J’aimerais rappeler aux personnes de bien continuer de nous écrire vos questions pendant les présentations. On vous répondra durant la période de Questions et réponses à la fin des présentations).

C’est avec un grand plaisir que je vous présente notre dernier conférencier et invité spécial, le docteur Julio Montaner, Professeur en médecine à l’Université de Colombie-Britannique, directeur de la fondation en recherche sur le SIDA à l’hôpital de Colombie-Britannique. Il est également directeur du Centre d’excellence en recherche sur le VIH et le SIDA. Dr Montaner va présenter l’argumentation actuelle de l’utilisation du traitement comme prévention, pour changer la trajectoire de l’épidémie du VIH/SIDA.

Bonjour, merci pour cette introduction. Nous discuterons des traitements et des mesures de prévention pertinente pour le VIH et le SIDA. On croit sincèrement qu’il y a une opportunité unique qui nous amènera vers la trajectoire juste, celui d’une génération libre du SIDA, un but partagé universellement.

La prochaine diapositive fera commencer mon exposé au début des années 90, quand les traitements pour le SIDA étaient peu satisfaisants. À ce moment-là, les mono et duo thérapies étaient standardisées et nous ne pouvions pas offrir que de l’atténuation de courte durée. Ce n’est pas avant 1995 que les recherches entreprises ici et ailleurs ont émergé. En fait, pendant les essais de la Phase 2, on a utilisé des trithérapies sur des individus ignorant qu’avec les thérapies antirétrovirales, on était capable de diminuer la quantité de virus dans le sang à un niveau indétectable.

À ce moment-là, nous n’avons pas eu connaissance de ce que cela voulait dire, mais nous avons cru que c’était un bon signe et en faisant ainsi, le taux de CD-4 pouvait se rétablir dans le statut clinique des patients.

Avec le temps, on a été capable de montrer que ces réponses sont viables. En se réunissant par hasard à la conférence de Vancouver, nous avons proposé un ensemble de nouvelles instructions qui recommandaient aux gens infectés par le VIH de se faire traiter en trithérapie comme traitement standard.

Comme résultat, on voit qu’ici en Colombie-Britannique cela a permis d’observer une chute drastique du taux de mortalité parmi les personnes admises depuis la conférence de 1996 et l’espérance de vie a commencé à grimper régulièrement. Mon collègue, Dr Robert Hogg, a publié dernièrement les données qui indiquent qu’aujourd’hui, un individu de 20 ans qui commence une thérapie antirétrovirale suivant un diagnostic, pourra vivre pleinement et facilement environ soixante ans grâce à cette intervention. Durant les trois dernières décennies, les choses ont changé en qui concerne l’espérance de ces individus atteints du VIH.

Pendant que l’on suit de près l’impact des traitements sur la population de la Colombie-Britannique, on a remarqué,comme vous le voyez sur cette diapositive, quelque chose qu’on ne pouvait pas espérer : on a été témoin d’une chute radicale du nombre de nouvelles infections entre 1996 et 2000.

En regardant les données sur la syphilis au même moment, on a constaté que le taux de cas de syphilis était en croissance depuis 1996 et qu’il n’avait pas de changement dans les comportements sexuels, mais plutôt que quelque chose d’autre freinait la propagation du VIH, on a spéculé que peut-être c’était le lancement de la trithérapie. Plus de données ont été tirées des mères infectées et de leurs enfants, donc dans un scénario vertical de transmission. Cette diapo montre les données canadiennes sur le nombre de femmes enceintes et porteuses du VIH (en bleu pâle) et en bleu foncé on voyait le nombre d’enfants issus de ces femmes et nés avec le VIH. Donc, le nombre d’enfants naissants atteints du VIH reste plutôt stable, dans les taux de 30 à 50 % entre 1990 et 1996. Les meilleures conditions obstétriques entre 1990 et 1996 sont attribuées à une légère amélioration de 50 à 30 % de ce taux, comme on peut ainsi le voir, il y a eu une baisse significative après 1996 où le nombre ou la proportion d’enfants nés infectés a diminué de beaucoup. Alors qu’ il y avait plus de femmes enceintes et porteuses du VIH et en même temps durant les sept dernières années dans la province de Colombie-Britannique, il y a eu deux cas d’enfants nés infectés au VIH et en toute honnêteté, ce n’était pas à cause de l’échec des traitements antirétroviraux, mais plutôt parce que le diagnostic a été trop tardif et que les traitements ne pouvaient fonctionner correctement.

En d’autres termes, dans une perspective d’efficacité, le traitement comme prévention dans un milieu vertical et traditionnel se montre efficace à près de 100 %. Ceci indique au moins qu’il existe une preuve de cette conception et que les traitements peuvent éviter la transmission du VIH. Basé sur ces données et les modèles mathématiques et démographiques de l’époque nous sentions qu’il y avait les fondements solides pour l’expansion d’accès à une thérapie antirétrovirale hautement efficace pour tous les patients infectés du VIH ayant un suivi médical, du moins nous l’espérions, avec l’ objectif de stopper l’impact de cette épidémie. Nous nous sommes d’abord concentrés pour arrêter la morbidité et la mortalité puis en empêchant la transmission de la maladie.

En fin du compte, l’impact de la stratégie en transmission était plus grand que nous avions anticipé. La notion derrière ces faits est simple à comprendre. La grande précision de la thérapie antirétrovirale est d’arrêter la reproduction du VIH presque sur l’instant. Quand on met quelqu’un (e) sous la thérapie antirétrovirale avec ses triples cocktails, la reproduction s’arrête pratiquement le jour même où la thérapie a commencé. Il est vrai que la charge virale reste détectable, néanmoins sa détection dans le plasma sanguin et d’autres fluides corporels est permise par l’habilité à enlever les particules d système réticulo- endothelial. Nous nous sommes donc d’abord concentrés sur la morbidité, la mortalité et ensuite sur sa transmission.

Nous sûmes à l’époque que le traitement au départ d’un régime pourrait arrêter la reproduction virale immédiatement et que ses particules disparaissent avec le temps en suivant la fonctionne mathématique comme décrit par Guisseppe Pantaléo il y a quelques années. Il expliqua que 90 % des particules disparaissent chaque mois, ces particules qu’on regroupe sous l’appellation de log (unité de mesure), disparaissent à hauteur d’un par mois.

Ce que cela veut dire pour un individu moyen avec 100,000 copies virales dans le plasma, cela prendrait environ six mois pour arriver à une charge virale indétectable, enfin le résultat du traitement au fil du temps est l’arrêt de la reproduction du virus et qui s’associait des rebonds des forces acides et à l’amélioration du statut clinique.

C’était surprenant de voir que pendant que tout se déroulait non seulement le virus devenait indétectable dans le plasma, mais aussi dans les autres fluids corporels incluant : cervico-vaginal, sperme, mucus du rectum et tout autres tissus que nous avons surveillés.

Nous étions prêts à déclarer que diminuer la quantité du virus dans les fluides corporels serait associé à la réduction de la possibilité de transmission par contact du VIH.

C’était connu depuis longtemps que plus que la concentration du virus dans un certain milieu était associé à une transmission plus forte, mais la maladie infectieuse et le monde de la santé publique trouvaient cela difficile d’ envisageer le contraire. Si plus de virus créent plus d’infections, alors moins de virus signifie forcément la réduction d’infections. Tout ceci est simple à comprendre et cela, nous amena à conclure que la propagation de ces traitements doit s’associer avec les cas de morbidité, mortalité et plus important; la transmission.

Il y avait un secteur qui nous préoccupa, celui de l’épidémie UDI. Les utilisateurs des drogues par injection représentent un défi pour nous parce que, comme vous le savez, nos études démontrent que le partage des seringues se produit souvent plusieurs fois par jour. Selon la profondeur de l’aguille et la seringue , l’inoculum est alors comparable à ce que le sperme peut être par exemple, dans les transmissions sexuelles. Donc, en raison des caractéristiques de ce type de transmission et de l’efficacité que nous avons sentie pouvant être associée avec les transmissions par seringue , nous désirâmes analyser cette question plus en profondeur.

Cependant, en regardant le problème parmi les couples stables et sérodiscordants, la question soulevées était ; « Comment explorer ce problème des utilisateurs de drogues par injection que nos études démontrent plus en promiscuité (si le mot vous convient) en termes de nombre d’interactions dans leur communauté »?

Ce n’était pas avant que mon ami et cher collègue, le Dr. Evan Wood trouva la notion d’utiliser une approche en regardant la population que nous résolûmes ce puzzle. Il suggérait de réexaminer par une étude prospective les enchantillons amassés auparavant des utilisateurs des drogues par injection à Vancouver. L’étude, VIDAS, en place dans l’est du centre-ville depuis 1996, c’était la première fois qu’on avait remarqué l’émergence d’une épidémie du VIH parmi cette communauté. Dans cette étude, un vaste nombre d’utilisateurs des drogues par injection sont inscrites, quelque soit leur statut à propos du VIH. Cela , nous donna l’opportunité de regarder les événements parmi les gens atteints par le VIH et ceux qui ne le sont pas en utilisant ce groupe comme groupe-témoin pour décrire ce qui se passait dans ce secteur particulier.

Comme nous voyons ici, en utilisant les gens VIH positifs nous pûmes mesurer la charge virale de chaque individu et en rassemblant ces chiffres nous avons obtenu une charge moyenne et dans ce cas, une charge virale moyenne dans cette communauté. Ensuite, nous eûmes la cohorte négative du VIH (en rouge), pour caractériser l’incidence du VIH. Par le passé, on a pu mesurer cette véritable incidence . Nous avons constaté que la charge virale dans la communauté a été un moteur puissant dans la transmission du VIH pour les six mois suivants.

Quand nous eûmes présenté ces données pour la première fois, le groupe Baltimore (qui avaient une cohorte vraisemblable) a été sceptique. A la lumière des détails de nos données analytiques, ils en sont venus aux mêmes conclusions. Ils virent que l’incidence du VIH a diminué de 74 % pour chaque registre, une diminution en charge virale plasmatique attribuée à la thérapie antirétrovirale du VIH. J’aimerais souligner qu’une diminution du registre est une diminution de 90 %. Si nous considérons qu’une charge virale communautaire parmis une population dans l’ordre de 100,000 copies par ml, cela nous donne une gamme dynamique de six registres pour travailler. Ce qui veut dire, six diminutions subséquentes de 74 % en transmissions du VIH et que la thérapie antirétrovirale dans ce cadre a le potentiel de virtuellement éliminer la transmission du VIH. Estimées un peu trop optimistes, ces évaluations initiales ont été confirmées dans le cadre des couples sérodiscordants par l’étude HPTN 052, publiée par Dr. Cohen dans le New England Journal of Medicine en 2011.

HPTN 052 est comparécomme thérapie antirétrovirale immédiate par rapport à la thérapie antirétrovirale différée. Le traitement immédiat a été associé à une diminution de plus de 40 % en taux de morbidité/mortalité et une diminution de plus de 80 % des cas de Tuberculose. En qui concerne la transmission, le traitement immédiat produit une réduction transitive de 96.3 % du VIH que l’index (ou l’infecté) membre du couple était mâle ou femelle. Il est intéressant de noter qu’il y avait seulement une seule séro conversion en première partie d’étude et que cette séro conversion a été documentée tout de suite après randomisation. Savoir , si la séroconversion est apparue avant, pendant ou après les premiers jours de traitement est sujet à débat. Néanmoins comme on a prouvé que la séroconversion apparaît tôt, cela suggère que si pouvait adopter une approche plutôt « analytique et sur traitement » que la thérapie antirétrovirale dans cette cadre serait efficace à 100% (si elle était mesurée après que la première charge virale soit devenue indétectable).

Nous avons surveillé ces problèmes parmi la population de la Colombie- Britannique de très près. Nous seuls sommes capables de ce point de vue unique parce que nous possédons un programme du VIH centralisé selon lequel toutes les drogues des charges virales sont acheminées et surveillées par notre centre. Nous possédons des liens étroits avec le Centre de Contrôle des Maladies Infectieuses de la Colombie-Britannique (CCMCCB) concernant les diagnostics du VIH, on est capable de relier l’utilisation des ressources avec le Ministère de la Santé ainsi que relier les résultats cliniques et des survies. La non-existence des tiers paiements associe à la maladie; les frais déductibles et toute d’autres formes d’effet dissuasif financières associent aux médicaments du VIH et les suivies médicaux et en laboratoire est particulier aux Colombie- Britannique.

Après l’été de 1996, la thérapie triple a été répondue rapidement. Nous arrivâmes à un plateau des patients suivants des traitements l’année 2000. Des nouvelles études en physiopathologie démontrés que le VIH était néfaste pendant la phase asymptomatique de la maladie.

De plus, les résultats du SMART (Strategies for Management of Antiretroviral Therapy), une étude publiée plus tard dans The New England Journal of Medicine, démontrent que l’interruption des traitements ont été directement reliées au taux de morbidité et de la mortalité. Ces résultats ont éclairé le fait, que tous délais de traitement été directement liées aux négatives complications inflammatoires et le dysfonctionnement des organes vitaux. Finalement, nous avons eu les preuves à l’appui des traitements de VIH comme hypothèse à la prévention. Par la faute d’appui du gouvernement de la Colombie-Britannique, on était capable d’implémenté les recommandations appuient l’usage antérieur d’ARV’ s, tout en respectant les recommandations actuelles de l’IAS-USA publié dans JAMA.

Par conséquent, le nombre des gens activement engagés en traitement d’ARV n’est en croissance continue jusqu’au point qu’aujourd’hui il y a entre 13 à 14 milles personne en vie dans la province et plus de sept mille personnes activement suivent une thérapie antirétrovirale.

Selon les données statistiques du CD4, la nouvelle tendance depuis 2004 est de commençait les traitements de plus en plus tôt. Depuis la dernière année des compilations des statistiques (2011) de la CD4, le compte basique du CD4 était dans la gamme de 400/mm³. Il est important de noté aussi que la proportion des gens qui commençait leurs traitements ayant un niveau de compte d’CD4 inférieur à 350, donc près de 100 % au milieu des années 2000 est réduit è 50 % aujourd’hui.

Les incidences de la SIDA à la Colombie-Britannique sont en déclin constant depuis le milieu des années 1990. Similairement, le taux de mortalité a diminué respectivement. Donc, quand les gens demandaient une génération libre de la SIDA, il est convenable de dire que la Colombie-Britannique est déjà arrivée. En fait, nos expériences démontraient que ce but est réaliste. Est-ce qu’on pourrait livrer la promesse d’une génération libre du VIH et de la SIDA?

La prochaine diapositive est une « carte du temps » de la charge virale à la province depuis 1996. J’aimerais souligner que ceci comprend chaque individu ayant une charge virale dans la province quoi qu’ils aient suives une thérapie virale ou non. Il est possible de calquer le nombre des gens ou la proportion de la population active par année atteinte de VIH sur HART. Le graphe ci-dessous démontre le nombre total des charges virales effectué par an. En 1996, la moitié des gens atteints d’IVH ayant des charges virales discernables démontrèrent un niveau supérieur de plus de 50 000 copies par ml. En 2009 par contraste, 50% d’individus avaient une charge virale non détectable et seulement 15 % de gens ont été hautement atteint et risquèrent de transmettre des maladies.

Ces changements de charges virales donnent des précisions sur l’impact d’ART sur les résultats de la morbidité et la mortalité qu’on avait vus tout à l’heure et montrent la transmission du VIH sur la diapositive suivante.

Ici, la ligne bleue indique le nombre de gens qui suivent les thérapies virales à un moment donné en Colombie-Britannique. La ligne rouge dénote le nombre de nouveaux cas d’infection du VIH par an. Prenez note qu’il y a des relations réciproques entre ces deux lignes : plus on traite de personnes, plus on aide à la prévention du VIH. Plus vite ’on pourra installer le programme de thérapie antirétrovirale du VIH, plus vite la ligne rouge descendra.
Statistiquement, cette relation est très forte et nous avons montré qu’elle sert de médiateur par la charge virale comme décrite dans notre journal Lancet de 2010. En utilisant la ligne verte, on démontre que c’est la réalité dans la communauté d’IDU. Récemment, les nouvelles données qui sont sorties décrivent l’année 2012. Elle décrit qu’en 2010 il y avait 301 nouveaux cas du VIH, en 2011 il y en avait 289 cas et en 2012 il y en a eu 248 cas, et ceci malgré l’augmentation des dépistages du VIH en Colombie-Britannique au même moment. Cette réalité contraste avec celle du début des années 1990, où il y avait en moyenne entre 850 et 900 nouveaux cas par an. De plus, tout ça se déroule sans qu’on remarque d’améliorations significatives du taux de l’Hépatite, de la Syphilis, de la Gonorrhée, de la Chlamydia telle que rapportée par le Centre de Contrôle des Maladies Infectieuses de la Colombie- Britannique.

Cependant, ces IST’ s continuèrent de s’accroître. Dans les cas de L’Hépatite C, il y a eu une diminution au début des années 2000, mais cette tendance ne tiendra pas. En outre, il n’y a pas de relation de cause à effet entre les variations du nombre d’Hépatite C et de VIH qu’on a vu tout à l’heure. De nouveau, ceci a créé l’enthousiasme, promouvant l’idée qu’un dépistage à grande échelle associé au traitement peut améliorer l’état de santé et une diminution de la transmission du VIH. Le gouvernement provincial en Colombie- Britannique annonce qu’à partir d’avril 2013, il y aura des ressources supplémentaires dédiées au rayonnement du programme de dépistage , et aux soins partout dans la province.

Il y a des questions qui en découlent : combien cette stratégie coûtera? Est-ce que c’est faisable et durable? Est-ce que c’est abordable? Granich et compagnie qui a travaillé à l’OMS et travaille en ce moment chez UNAIDS ont mis élégamment en lumière ce problème dans un article paru en février 2012 dans la revue Plos One.

En bref, ils ont modélisé l’impact de l’expansion de la thérapie antirétrovirale en Afrique du Sud entre 2011 et 2050. Ils estiment que l’application croissante d’ARV dans une approche « dépistage et traitement » (ex., le dépistage généralisé suivi par le traitement immédiat par l’ARV malgré le niveau cellulaire de CD) épargnerait des centaines de milliers de vies.

À propos de la prévision des coûts, ils ont trouvé que les premières années, la stratégie devient plus coûteuse, plus la démarche est rapidement entreprise et étendue. Néanmoins, avec une durée de cinq à dix ans, l’impact de la stratégie est si prononcé que le nombre de gens infectés commence a décliné très vite, donc dès la dixième année, la stratégie permettra non seulement de sauver des vies, mais également d’économiser dans l’ordre de milliards de dollars.

Une autre question se soulève, « Pourquoi favorisons-nous le traitement comme prévention plus que d’autres approches au problème? »

Le fait est que quand on soigne avec la méthodologie de « traitement comme prévention », au niveau de la prévention contre la transmission du VIH, cette méthode est la plus efficace de toutes. La circoncision des hommes dont on a vu l’efficacité comme prévention dans des endroits du monde où la circoncision n’est pas très courante. Ensuite, l’autre méthode de la PrEP (la pré-exposition prophylactique) est souvent sous-représentée parce qu’on parle seulement des études au résultat positif. J’aimerais souligner qu’il y a eu au moins trois études qui ont été abandonnées parce que la PrEP n’avait aucun effet protecteur. Finalement, les résultats des vaccinations et des microbicides n’avaient qu’une efficacité marginale.

Donc, il nous reste le « traitement comme prévention » comme meilleure solution stratégique. Mais ce n’est pas toute l’histoire… de notre point de vue, la raison pour laquelle le « traitement comme prévention » est si attrayant c’est parce ce qu’on sait qui a besoin d’être traité. Nous nous sommes déjà engages à offrir des traitements individualisés, ce qui motive beaucoup les patients à accéder au traitement et à le suivre pour leur propre bien-être.»

En outre, nous savons que plus l’engagement dans le traitement est précoce, meilleurs sont les résultats pour l’individu et que parallèlement cela améliore l’impact du traitement comme prévention. . Enfin, d’un point de vue logistique, la stratégie de « traitement comme prévention » évite une compétition inutile pour des ressources médicales plutôt rares (médicaments, laboratoires, docteurs, infirmières, etc.) ciblant une population et à relativement stable et bien définie au cours du temps.

Par exemple, en Colombie-Britannique nous avons été obligés de cibler entre 13 et 14 mille personnes infectées du VIH. Si nous recommandions la méthode PrEP, nous aurions l’obligation de trouver la façon de définir, d’identifier et de motiver leurs partenaires, ce qui n’est pas évident. De plus, au cours du temps, la population cible est potentiellement évolutive, créant un nouveau changement opérationnel majeur. Nous n’écartons pas que le PrEP pourrait être un bon outil d’ indication dans des situations de niche de haut risque , comme par exemple : les travailleur/euses professionnelles du sexe ou les individus qui ont plusieurs partenaires sexuelles. Dans l’ensemble, nous croyons que du point de vue d’une planification , le « traitement comme prévention » donne le meilleur retour sur investissement actuellement. Bien sûr, s’il y avait un nouveau vaccin ou remède à la portée de tous, cela serait la meilleure façon de terminer le travail! Comment pouvons-nous faire cela?

Bien, il y a deux domaines fondamentaux et planifiés qu’on a besoin de renforcer : le dépistage du VIH et son traitement. En Amérique du Nord, le fait qu’environ 20 % des gens atteints du VIH ignorant leur condition est largement admis. On doit régler ce problème parce que cette proportion, bien que petite, est responsable de manière isproportionnée du nombre des nouvelles infections,21% ce ceux qui ignorent leur condition sont responsable de 54 % des nouvelles infections.

Dernièrement, nous avons évalué le dépistage de routine du VIH dans la population accédant à des soins intensifs dans 3 centres hospitaliers urbains de Vancouver . Nous avons fait plus de 10 mille dépistages avec une très bonne adhésion et un excellent retour sur investissement. Quand nous avons demandé aux personnes à faible risque s’ils voulaient bien assister à un essai qui pourrait déterminer s’ils sont infectés du VIH ou non, 94 % ont dit oui. Plus important, parmi ces participants, nous avons trouvé un taux positif de l’ordre de 5/1000 examens effectués. De manière remarquable, la même ampleur a été trouvée parmi les études dirigées en l’Amérique latine et en Europe dans des milieux urbains et d’une prévalence similaire comme ici à Vancouver. Ceci est important parce que le CDC d’Atlanta a proposé, que dans un environnement où les dépistages nous conduisent vers un taux de séropositifs de 1/1, 000, qu’un dépistage généralisé du VIH est très rentable.

La prochaine urgence est la poursuite de l’implémentation des lignes directrices du traitement du VIH. Remarquons que les lignes directrices de l’IAS-USA publiées en 2010 dans JAMA, recommandaient déjà le traitement généralisé à n’importe quelle personne atteinte du VIH ayant un taux de CD4 inférieur à 500/mm³.

Pour ces personnes avec un taux de CD4 de plus de 500, s’ils satisfont certaines conditions; que ce sont en plus des individus susceptibles de transmettre le virus, comme dans le cas de couples sérodiscordants. En gros, les conclusions des directives de l’IAS-USA à l’époque montraient que seulement ces individus à qui nous n’offrons pas la thérapie antirétrovirale seront « les contrôleurs d’élite » ou « les non-améliorants à long terme », ce qui veut dire que ce sont les personnes avec un taux de CD4 très élevé et une charge virale non détectable (très basse) qui n’ont pas suivi la thérapie antirétrovirale. Remarquons qu’elles sont extrêmement peu fréquentes dans un contexte clinique au taux inférieur à moins de 1 par 1,000 des personnes infectées du VIH. Il est rassurant de voir que les dernières directives du DHHS publiées en 2012 ont adopté les mêmes principes. En allant plus loin, les lignes directrices publiées dans OMS en 2012 sur le dépistage et le suivi des couples recommandait que le traitement du VIH soit offert aux individus en couples sérodiscordants, peu importe le taux de CD4.

Maintenant, pendant qu’on met l’accent sur le dépistage et le traitement, j’aimerais souligner que le tendon d’Achille de cette stratégie est la fuite venant de l’intérieur de la « cascade des soins ».

Le message est simple : si nous échouons à faciliter l’accès au spectre de services et supports nécessaires pour ceux qui en ont le besoin, nous aurons échoué à implémenter la stratégie avec des conséquences désastreuses. Par exemple, il suffit de regarder la cascade des soins aux États-Unis comme le cite Gardner dans CID en 2011. Sur 1.1 million d’individus infectés, nous constatons qu’à chaque étape ils perdent des participants. Ce qui veut dire qu’à la fin d’un exercice, il est estimé que moins de 20 % des personnes infectées sont éliminés. Il est estimé que ce nombre de personnes devrait atteindre au moins 40 à 50 % pour un impact décisif sur la transmission du VIH.

En Colombie-Britannique, nous avons décrit l’évolution de la cascade des soins entre 1996 et 2010 et nous avons observé une amélioration stable sur tous les plans. Donc, aujourd’hui le taux des cas supprimés de manière durable est de l’ordre d’environ 40 %.

Enfin, un des facteurs déterminants contribuant au succès de la stratégie en Colombie-Britannique a été la cible restreinte de notre programme du VIH. Dès le début, la Colombie-Britannique a opté pour l’établissement d’une agence responsable de la surveillance et du traitement du VIH. Ceci a amené à l’évolution naturelle par laquelle les patients ne se présentaient plus, mais le programme venait les chercher. Étant donné les défis auxquels les patients infectés du VIH avaient souvent à faire face, ceci est devenu de plus en plus pertinent dans cette ère de « traitement comme prévention ».

Remarquons que les données de PHAC montrent que la Colombie-Britannique a un taux de nouveaux cas de VIH en diminution , contrastant avec le reste du Canada.

Le Manitoba et particulièrement le Saskatchewan ont vu augmenter le nombre de cas du VIH et le taux du VIH. Terre Neuve et Ottawa sont ’d’autres endroits au Canada où le taux et le nombre des cas du VIH sont en augmentation. Le VIH est surreprésenté parmi les autochtones de tout le pays. D’un point de vue global, les indications suggèrent qu’on pourrait faire beaucoup plus pour améliorer l’étendue de l’épidémie et les services connexes du VIH à travers le pays. La stratégie de traitement comme prévention a attiré l’attention de joueurs de renommée internationale, plus particulièrement, Michel Sidibé, le directeur général du programme des Nations Unies sur le SIDA; qui a appelé à atteindre » zéro cas de nouvelles infections », basé sur le traitement disponible dont on a besoin. Plus récemment, le Président Obama a déclaré le début de la fin du SIDA, fondé par l’implémentation d’une stratégie combinée qui embrasse pleinement la notion de traitement comme prévention.

Enfin, j’aimerais reconnaître le soutien critique et formidable donné par le Président Clinton à la stratégie du programme de traitement comme prévention. Il était l’un des premiers à reprendre cette notion et à la promouvoir avec enthousiasme depuis son implémentation en 2008. J’aimerais m’arrêter ici, mais pas sans dire un grand merci aux Autorités locales de la Santé, aux partenaires communautaires et à l’important et formidable soutien du ministère de la Santé . Je me dois aussi de remercier chaleureusement le National Institute of Drug Abuse pour leur soutien au tout début de mes recherches à l’Institut National Canadien de la Santé. Merci.

—Merci beaucoup, Dr Montaner pour votre présentation et merci à tous pour vos questions dactylographiées. On a déjà deux questions :

« Je suis au Kenya en ce moment, je travaille à la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME). Les nouvelles lignes directrices de l’OMS recommandent que toutes les femmes enceintes commencent le traitement HAART, peu importe leur niveau de CD4. Le Kenya a ajouté à ceci une recommandation de suivie à vie pour ces femmes qui commencent le HAART. Il est très difficile d’obtenir leur accord, à cause du manque de bénéfices directs pour elles.

J’assume que le même défi doit exister dans le traitement comme prévention (TasP). Quels sont-ils les stratégies mises en places pour mieux relever ce défi? »

—Bien sûr, c’est une très bonne question. Il y a plusieurs niveaux de preuve qui sont à l’appui de cette recommandation. Le premier est pratique. Il est difficile de parler à quelqu’un à propos du traitement, quand eux se sentent parfaitement bien. C’est comme si vous disiez, « Bon, nous vous donnerons ce traitement, et par contre, vous devrez le prendre tout au long de votre vie, parce qu’il va te guérir. » Et la réponse est, « Je ne peux pas aller mieux, je ne sens absolument rien en ce moment. » Donc, il est utile d’ avoir des preuves, démontrant qu’ il y a effectivement un problème et que le traitement peut y remédier; même si ce ne sont seulement que les preuves du laboratoire bien sûr.

Donc, dans ma pratique clinique, le fait qu’ils aient un taux bas de CD4 qui va augmenter et redescendre, ou une charge virale qui est très élevée et qui va baisser. Ce sont des outils très efficaces pour renforcer tout traitement. Dès lors, si le traitement que nous anticipons de prescrire comprend des médicaments comme, d4T, AZT, ddl ou Nevirapine- pour nommer quelques exemples qui sont particulièrement mal tolérés en traitement rapide et qui sont associés aux effets secondaires de caractéristiques très courantes et qui pourront mettre leur vie en danger,là on a un problème. Les gens seront hésitants à aller dans cette direction, et c’est en partie la raison pour laquelle l’OMS est d’accord pour commencer la nouvelle génération de traitements. En d’autres termes, les traitements à base de tenofovir fait partie de nouveaux traitements, plus récents, plus denses et plus sûrs . Dans votre question, vous avez dit qu’il n’y a pas de preuves du bénéfice pour l’individu lors des traitements rapides. Néanmoins, le fait est qu’il existe des bénéfices. Dans le cas de l’étude stratégique de l’HPTN 052, le traitement immédiat contre le traitement tardif (qui soit dit en passant est dans votre région), pour la plus part en Inde et en Afrique, il y avait plus de 40% de réduction en morbidité/mortalité grâce aux traitements immédiats et une diminution de plus de 80% pour la tuberculose.

Ceci devrait nous donner confiance que ce qu’on fait est bien pour les patients. Le problème est que le patient asymptomatique a souvent du mal à comprendre et accepter le fait qu’il soit obligé de prendre la thérapie antirétrovirale à vie; et que commençant tout de suite il va éliminer les effets secondaires.

Cependant, les indications sont évidentes : le traitement rapide est lié directement aux meilleurs résultats des taux individuels. Il faut noter que la diminution de la transmission du VIH est le second objectif très important, parallèlement à ce qui est fait pour le bien-être du patient.

—Merci Dr Montaner. Est- ce que les Docteurs Kettner ou Roland aimeraient partager leurs commentaires à ce sujet?

—(Roland) je pense qu’on devrait tenir compte des problèmes culturels et ethniques, etc., ainsi que du contexte et qu’il y a toujours un stigmate attaché aux VIH dans plusieurs cultures, on doit reconnaître celui-ci et aider les gens qui sont obligés de prendre des médicaments contre le VIH à faire face au jugement d’autrui. Ce sont tous ces problèmes qu’on est obligé d’affronter, cas par cas, mais nous devons rester concentrer sur les objectifs de notre intervention, comme le docteur Montaner a bien dit.

—(Kettner) Je vais prendre cette bonne question et la bonne réponse du docteur Mortaner comme tremplin aux questions que j’ai écrit tout à l’heure si vous pouvez bien nous dire, docteur Mortaner, comment comprenez vous que 70% des patients de Colombie-Britannique n’ont pas atteint le dernier échelon de la cascade des soins? Pouvez-vous partager avec nous quelques unes de leurs caractéristiques démographiques et autres?

—(Montaner) Comme je l’ai déjà souligné, malgré notre approche planifiée et enthousiaste en qui concerne l’évolution de la thérapie antirétrovirale, il y a des défis, ce dont Joël nous parlait, concernant les conditions d’une implémentation complète de la stratégie. Je vous donne un exemple : depuis quatre à cinq ans, la province de la Colombie-Britannique s’est positionnée vis-à-vis de la notion du traitement spécifique à travers les efforts de rayonnement de ses programmes médicaux. Donc, nous avons ont obtenu jusqu’à vingt millions de dollars par an en subvention pour l’amélioration de l’accès aux examens et aux traitements. La plupart de ces ressources ont été dépensées dans les quartiers les plus affectés : le centre-ville Est de Vancouver et Prince George. Les deux sont démographiquement très différents. Ce qu’on a trouvé a été que ces investissements ont généré une décroissance remarquable du nombre de personnes dépistées, du nombre de personnes qui suivaient un traitement et le nombre de personnes qui atteignent un niveau indétectable. Mais, ce n’était pas le cas pour le reste de la province. Ces juridictions-pilotes démontrent des changements massifs par rapport aux autres régions, incluant des examens du VIH normalisé, des programmes de thérapie supervisée, des programmes d’aide à la réductions des effets négatifs et à des espaces d’injection supervisée. Les autres juridictions n’embrassaient pas ces nouvelles stratégies. C’est évident qu’en concluant en collaboration avec le Ministère qu’il y aurait besoin de plus d’efforts et de régions-pilotes pour aider à l’élargissement de ce programme.

—Merci, pour cette discussion formidable. Il nous reste une minute dans le webinaire. Nous avons une question rapide de la part de Gayanne :

« Quelle est la durée d’un traitement comme prévention et quelle est la proportion de patients qui ne veulent pas participer, ou simplement, qui sont égarés dans les suivis ici en Colombie-Britannique et ailleurs? »

C’est une question très vaste. La durée d’un traitement comme prévention, je ne suis pas sûr de ce dont quoi vous parlez. Le traitement est à vie, donc ce qu’on veut dire c’est que les gens qui sont infectés du VIH ont besoin de traitements pour au moins six décennies. En repoussant le traitement de un, deux ou cinq ans; le poids du traitement augmentera de 10%. À la fin de la journée, le retour sur investissement est énorme pour l’individu et pour le programme. Pour ceux qui n’ont pas adhéré, notre statistique actuelle démontre que nous opérons au niveau de la suppression. Parmi les gens qui ont commencé la thérapie antirétrovirale, notre niveau de suppression et de détectabilité des charges virales de 500 à 50 est de plus de 85%. Donc, oui on a reçu un grand nombre de gens qui ont eu du mal à adhérer , mais 85% des personnes non détectables, c’est vraiment pas mal de tout.

D’accord, je crois que c’est tout le temps qu’on a pour ce webinaire. Nous aimerions dire un grand merci à nos conférenciers pour nous avoir consacré de leur temps. J’aimerais dire également, un grand merci è tous nos conférenciers,les docteurs, Julio Montaner, Joël Kettner et Allan Rolland pour leurs excellentes présentations, très instructives.

-Une autre grand merci au Centre Nationale des Méthodes et Outils pour la création de ces webinaires, et bien sûr, à vous tous qui ont pris le temps de rester avec nous.

(S’il vous plaît, « cliquer » sur le « lien » d’enquête qui va s’ouvrir une fois que vous êtes sortis d’Adobe Connect; vos retours ( une ou deux minutes pas plus) enrichiront nos NCC webinaires à venir.)

Le Centre Nationale des Maladies Infectieuses est un parmi cinq autres centres au travers du Canada et qui sont subventionnées par L’Agence de la Santé
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