Point saillants : les oreillons

Dernière mise à jour le avril 17, 2017

Les Points saillants du CCNMI offrent aux praticiens et aux cliniciens canadiens en santé publique des revues actualisées sur les renseignements essentiels liés aux maladies infectieuses importantes de manière à ce qu’ils servent à la pratique en santé publique au Canada. Bien qu’ils ne constituent pas des examens officiels de la littérature, les renseignements sont puisés de sources clés, y compris l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les documents à comité de lecture.

Nous acceptons volontiers vos questions, commentaires et suggestions concernant le présent bulletin et vous pouvez nous les envoyer à l’adresse suivante : Sheikh.Qadar@umanitoba.ca.

Quelles sont les caractéristiques importantes des oreillons?

Cause

L’infection par les oreillons est causée par le virus ourlien, un virus de l’ARN à simple brin et à polarité négative qui appartient au genre Rubulavirus de la famille Paramyxoviridae. Bien qu’il existe plusieurs génotypes, seul un sérotype distinct du virus des oreillons est connu.

Signes et symptômes

Généralement, la fièvre, les maux de tête, les malaises et les douleurs musculaires sont suivis d’une tuméfaction douloureuse caractéristique (inflammation) de la glande parotide (salivaire) sur un (plus commun) ou sur les deux côtés du visage.

L’infection par les oreillons peut également se présenter comme une maladie virale systémique sans atteinte de la parotide, semblable à une maladie respiratoire aigüe non spécifique. Dans certains cas, le système nerveux central peut être affecté. La phase sous-clinique est fréquente chez les jeunes enfants de 2 à 3 ans et la proportion augmente avec l’âge adulte.

Sévérité et complications

Les oreillons peuvent être légers ou sévères. En règle générale, ils sont considérés comme une maladie légère chez l’enfant et une maladie plus sévère chez l’adulte. Les symptômes systémiques se résolvent habituellement entre trois et cinq jours. La tuméfaction localisée et caractéristique de la parotide se résorbe dans les sept à dix jours. La plupart des personnes qui ont les oreillons récupèrent complètement en quelques semaines.

On rapporte toutefois que la moitié des personnes infectées développent une pléiocytose du liquide céphalorachidien (cellules inflammatoires du liquide céphalorachidien). De plus, entre un et dix pour cent des personnes présentent des symptômes de méningite virale. Aussi, si une femme enceinte est infectée au cours du premier trimestre, le virus des oreillons peut provoquer un avortement spontané.

Habituellement, les oreillons ne sont pas considérés comme une maladie grave, mais le virus peut parfois causer des complications chez les enfants et les adultes. Ces complications sont rares et comprennent une inflammation des testicules (orchite), une inflammation des seins (mastite), une inflammation des ovaires (oophorite), une inflammation du cerveau (encéphalite) et une inflammation du tissu couvrant le cerveau et la moelle épinière (méningite), une perte d’audition temporaire ou une surdité permanente ou une perte foetale pendant les trois premiers mois de grossesse.

Les complications les moins souvent rapportées associées aux oreillons incluent la thyroïdite, la myocardite, la mastite, la pneumonie, la pancréatite, la néphrite et l’arthrite. Les adultes non immunisés sont plus susceptibles de développer des complications liées à l’infection par les oreillons.

Épidémiologie

Renseignements généraux

Les oreillons sont endémiques à l’échelle mondiale, et des cas sont signalés tout au long de l’année. On observe un schéma temporel avec des pointes à la fin de l’hiver et au printemps.

Canada

Au Canada, après le lancement de programmes de vaccination de routine, les cas d’oreillons sont devenus épisodiques. Entre 2007 et 2010, de grandes éclosions ont été signalées dans des provinces canadiennes, notamment en Colombie-Britannique, Alberta, Ontario, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et au Québec. La plupart des cas signalés survenaient chez les jeunes adultes.

Période d’incubation

La période d’incubation des oreillons est habituellement de 12 à 25 jours, mais la parotite se développe généralement de 16 à 18 jours après le contact avec le virus.

Réservoir et transmission

Les humains sont un réservoir pour le virus des oreillons et une personne ayant une infection asymptomatique ou non classique peut également transmettre le virus. La transmission du virus des oreillons se fait dans l’air ou par contact direct avec un liquide de la personne infectée, comme la salive ou des noyaux de gouttelettes.

Chez l’être humain, le virus vit dans le nez, la bouche, les yeux et sur la peau. La réplication virale se produit dans les cellules épithéliales des voies respiratoires nasales ou supérieures. La virémie diffuse le virus dans les glandes salivaires, mais aussi, dans certains cas, dans le système nerveux central, les testicules ou l’épididyme, le pancréas et les ovaires.

Il existe des méthodes de génotypage pour distinguer le virus de type sauvage du virus de type vaccinal. Pendant une éclosion au Canada, des échantillons cliniques peuvent être transmis par le laboratoire provincial au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’ASPC pour la classification moléculaire afin de distinguer le virus de type vaccinal du virus de type sauvage.

Selon des preuves bien établies, deux doses du vaccin sont nécessaires pour une protection à long terme contre l’infection par les oreillons. Au Canada, la deuxième dose de routine du vaccin ROR a été introduite en 1996 et 1997. Les personnes nées avant ces années sont susceptibles d’avoir reçu qu’une seule dose et peuvent donc ne pas être entièrement protégées.

Les oreillons sont très contagieux (R0=4-7) et peuvent être transmis par contact avec des gouttelettes respiratoires d’une personne infectée, contact direct avec la salive d’une personne infectée et contact avec une surface contaminée.

Diagnostic de laboratoire

Selon les directives du laboratoire de l’ASPC pour le diagnostic des oreillons, l’échantillon est recueilli à l’aide d’un tampon buccal ou d’une collecte de salive de la cavité buccale pour le test de la réaction de la chaîne de la polymérase en transcriptase inverse (RT-PCR) recueillie dans les trois à cinq jours de symptômes. Généralement, la présence d’anticorps anti-IgM spécifiques aux oreillons indique une infection primaire des oreillons aigus. Récemment, les données montrent que dans une population vaccinée particulière (ceux qui ont reçu une seule dose), la réponse des anticorps IgM est retardée ou absente. La présence d’IgG spécifique aux oreillons est révélatrice d’une exposition récente ou antérieure au virus des oreillons.

Le virus des oreillons est un virus de l’ARN et, par conséquent, l’approche RT-PCR est privilégiée pour la détection du virus. Un premier échantillon de sérum devrait être recueilli dès qu’apparaissent les symptômes des oreillons. Le deuxième échantillon de sérum doit être prélevé au moins dix jours après le premier échantillon.

Aussi : https://cnphi.canada.ca/gts/laboratory/1016

Prévention et contrôle

Les oreillons se propagent par contact avec des gouttelettes respiratoires infectées ou avec des objets susceptibles d’être contaminés par la salive d’une personne infectée. Voici des mesures à prendre pour réduire le risque de transmission :

⋅ Avoir une bonne hygiène des mains : se laver souvent les mains à l’eau et au savon ou utiliser un désinfectant à mains avec alcool.

⋅ Éviter de partager des objets pouvant être contaminés par de la salive, comme des bouteilles d’eau, des verres, des ustensiles, etc.

⋅ Nettoyer et désinfecter les surfaces souvent touchées et potentiellement contaminées.

⋅ Tousser ou éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude.

⋅ Prévenir la maladie par la vaccination – Administrer le vaccin ROR.

Vaccination

Les oreillons peuvent être prévenus par immunisation. Au Canada, toutes les provinces et tous les territoires ont recommandé la vaccination systématique des enfants avec deux doses d’un vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) ou d’un vaccin contre la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle (RORV). La vaccination commence dès l’âge de 12 à 15 mois, et une deuxième dose est donnée à partir de 18 mois ou par la suite avant l’entrée à la maternelle ou en première année.

Le vaccin ROR est également recommandé pour :

⋅ Tous les adolescents qui n’ont pas de preuve documentée de la réception d’un vaccin à partir du premier anniversaire ou après leur premier anniversaire, ni de preuve de l’immunité en laboratoire, ni d’antécédents d’infection par les oreillons confirmés en laboratoire;
⋅ Les travailleurs du domaine de la santé;
⋅ Le personnel militaire;
⋅ Les étudiants dans des établissements d’enseignement secondaire ou postsecondaire;
⋅ Les voyageurs à destination de pays à l’extérieur de l’Amérique du Nord, nés en 1970 ou après.

Traitement

Il n’existe aucun traitement particulier ou prophylactique pour les oreillons. Tous les cas confirmés et cliniques d’oreillons devraient faire l’objet de soins de soutien. On recommande les médicaments pour réduire la fièvre et améliorer le confort. On conseille également de boire beaucoup de liquides, de manger des aliments sains et d’avoir beaucoup de repos pour aider le corps à combattre l’infection. Les enfants et les adultes malades devraient rester à la maison pendant au moins cinq jours après le début de la tuméfaction.

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Quel est l’état de la situation actuelle en lien avec les éclosions d’oreillons?

Actuellement, plusieurs provinces canadiennes, dont le Manitoba, l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta, connaissent des éclosions d’oreillons. On a commencé à signaler un nombre plus élevé de cas à l’automne 2016, et ce nombre continue de croître. Au départ, les jeunes adultes et les personnes qui participent à des sports étaient principalement touchés, suivis de quelques cas parmi les enfants d’écoles élémentaires.

Manitoba

Au 31 mars 2017, environ 280 cas ont été confirmés au Manitoba entre le 1er septembre 2016 et le 31 mars 2017. Au début, l’épidémie a été signalée parmi les étudiants universitaires vivant à Winnipeg ou ceux qui participaient à un sport. Maintenant, on observe des cas partout au Manitoba, et dans tous les groupes d’âge.

Ontario

Dans une épidémie d’oreillons à Toronto, on a répertorié 65 cas confirmés et, en date du 30 mars 2017, l’épidémie continue de s’étendre. Au départ, elle a principalement touché des personnes âgées de 18 à 35 ans. Cinq cas ont été relevés parmi les étudiants et le personnel d’écoles primaires et secondaires locales.

Alberta

Au 30 mars 2017, 52 cas ont été confirmés à ce jour depuis le début de l’année. Vingt-quatre cas dans la zone d’Edmonton des services de santé de l’Alberta et douze cas au sud, dans la ville de Calgary.

Colombie-Britannique

Le 3 mars 2017, une épidémie chez les Canucks de Vancouver a été signalée et cinq joueurs ont été touchés. L’organisme Vancouver Coastal Health (VCH) enquête sur l’épidémie d’oreillons chez les joueurs et le personnel des Canucks de Vancouver.

Nouvelle-Écosse

Un cas d’oreillons a été rapporté dans la province de la Nouvelle-Écosse.

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Quel est le niveau de risque actuel d’oreillons pour les Canadiens?

Les Canadiens qui n’ont pas eu les oreillons ou qui ne sont pas vaccinés selon le calendrier de vaccination recommandé risquent de contracter la maladie.

Les personnes nées avant 1970 sont présumées être protégées par infection naturelle et ne sont pas à risque. Cependant, les adultes nés après 1970 risquent davantage d’être exposés aux oreillons s’ils sont étudiants, militaires, sportifs, fournisseurs de soins de santé ou personnes exposées aux éclosions.

Recommandations pour les voyageurs

On conseille à toute personne qui voyage en Europe, en Asie, dans la région du Pacifique et en Afrique de se faire vacciner. Selon l’ASPC, le vaccin antipaludique de l’OMS est utilisé dans les programmes nationaux de vaccination dans seulement 62 % des États membres de l’OMS, selon des données de 2012. Toute personne sans immunité naturelle ou acquise qui voyage dans ces pays risque d’attraper les oreillons.

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Quelles mesures devrait-on prendre pour un cas suspect, ou un contact, des oreillons?

Gestion des cas et des contacts

L’ASPC a élaboré de brèves directives pour aider les fournisseurs de soins de santé à gérer les cas d’infection par les oreillons. Cela inclut les signes et les symptômes, le contrôle, la prévention, le dépistage, la vaccination et la déclaration. De plus, le Guide canadien d’immunisation a également élaboré des lignes directrices sur l’infection par les oreillons.

Définitions de cas

L’ASPC a élaboré une notification nationale pour un cas confirmé, des cas probables et des commentaires en laboratoire et des preuves cliniques.

Ces définitions de cas sont strictement aux fins de l’identification et de la déclaration de cas.

CDC : Mumps – Case Definitions (en anglais)

ASPC : Oreillons – Définition nationale de cas (Avertissement : Cette page a été archivée)

Surveillance et déclaration

Tous les cas d’oreillons faisant l’objet d’une enquête devraient être rapidement signalés aux autorités de santé publique. Les cas confirmés d’oreillons, selon la définition de cas d’épidémie, devraient faire l’objet d’une déclaration provinciale, territoriale et nationale. Vérifiez les consignes sur la déclaration dans votre province.

Contrôle et prévention des infections

L’ASPC recommande la vaccination contre l’infection par les oreillons. Les centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention) ont élaboré un guide sur la surveillance des maladies évitables par vaccination (chapitre sur les oreillons).

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