Introduction

Dans cet épisode, nous poursuivons sur le thème de la tuberculose et la conférence End TB 2017 organisée par la Région de l’Amérique du Nord de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Notre invitée : Kay Wallis, chargée des projets spéciaux au Curry International Tuberculosis Center. Mme Wallis a présenté un exposé sur la question des compétences culturelles, qu’elle désigne par l’expression « humilité culturelle », chez les prestataires de soins.

Publication : 2017

Sujets :

Auteur(s) :

IQ10 : La tuberculose et l’humilité culturelle (Entretien sur la tuberculose, 2e partie)

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TRANSCRIPTION

Rick Harp : Bienvenue à « Infections en question », une série de baladodiffusions sur la santé publique réalisée par le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Bonjour, je m’appelle Rick Harp.

Dans cet épisode, nous poursuivons sur le thème de la tuberculose en compagnie de Shivoan Balakumar du CCNMI. Bonjour, Shivoan.

Shivoan Balakumar : Bonjour.

Harp : Nous avons parlé, dans notre dernier épisode, de la conférence End TB 2017 organisée par la Région de l’Amérique du Nord de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. C’est là que vous avez fait la rencontre de notre invitée de cette semaine. De qui s’agit-il?

Balakumar : Je me suis entretenu avec Kay Wallis, chargée des projets spéciaux au Curry International Tuberculosis Center. Mme Wallis a présenté un exposé sur la question des compétences culturelles, qu’elle désigne par l’expression « humilité culturelle », chez les prestataires de soins. Je lui ai demandé de nous parler des lacunes qui restent à combler à ce chapitre.

Kay Wallis : Eh bien, je dirais tout d’abord que les intervenants en santé publique possèdent déjà un bagage considérable sur le plan des connaissances et des compétences. C’est un acquis qu’il nous faut saluer, car il s’agit d’un atout essentiel dans notre travail, tout comme la capacité de travailler en situation interculturelle.

Cela dit, il reste bien des défis à relever pour un grand nombre d’entre nous dans le milieu. Je crois entre autres qu’il serait utile de prendre un peu de recul par rapport à l’importance que nous accordons aux différences culturelles chez nos patients. Cela nous permettrait de réfléchir à nos propres identités culturelles, puisqu’elles interviennent aussi dans la relation patient-soignant. Et de reconnaître qu’il existe une différence de pouvoir entre les deux, que le bagage culturel du prestataire joue lui aussi un rôle et que ce facteur a forcément une incidence sur nos interactions. Par conséquent, avant même d’envisager la question de la culture du patient, il faudrait d’abord réfléchir à nos propres attitudes et valeurs comme prestataires de soins.

Balakumar : Je rappelle que notre invitée est Kay Wallis, une spécialiste de la tuberculose établie aux États-Unis. J’ai également demandé à Mme Wallis de nous parler des ressources en matière de formation et de soutien qui pourraient s’avérer utiles aux programmes de lutte contre la tuberculose ici même au Canada.

Wallis : L’une des remarques que me font souvent les prestataires de soins, c’est que peu importe les ressources en place en matière d’interprétation, que ce soit pour un éventail de langues ou celles que parlent leurs patients, le besoin existera toujours d’accéder facilement à des interprètes médicaux bien formés et de disposer d’un plus grand nombre.

Un autre atout pour les prestataires de soins pourrait être d’acquérir davantage de formation et d’expérience sur les méthodes d’entrevue, pour les aider à saisir le point de vue des patients et à cerner leurs besoins. Comme on le sait, l’humilité culturelle fait partie intégrante de la prestation des soins axée sur la personne. Par conséquent, il faut savoir quel genre de questions poser pour comprendre la perspective du patient, laquelle peut être très différente du modèle médical qui oriente les soins que nous essayons de donner.

Il s’agirait ainsi de se faire une idée de l’histoire personnelle du patient : son statut en matière d’immigration (s’il en a un), son origine ethnique, sa langue, son niveau d’éducation, son identité de genre, la structure familiale dans laquelle il évolue. Il se peut que dans sa culture d’origine, on désigne la tuberculose par un terme différent ou qu’on lui attribue une autre cause. Il faut demander au patient pourquoi la maladie est survenue selon lui à un moment particulier et combien de temps il pense qu’elle va durer.

Par-dessus tout, j’estime que les prestataires de soins gagneraient à se rappeler que l’une des premières questions à poser devrait être la suivante : « Qu’est-ce qui est le plus important pour vous et que puis-je faire pour vous aider? » Je sais que nos interventions sont orientées vers un but médical particulier, mais si nous prenions le temps de cerner quels sont réellement les besoins du patient – et cela, nous pouvons le faire dans le cadre de l’entrevue avec lui –, nous réussirions à négocier un plan de soins qui fonctionne pour tout le monde.

Balakumar : Voilà l’essentiel de la conversation que j’ai eue avec Kay Wallis, chargée des projets spéciaux au Curry International Tuberculosis Centre de l’Université de la Californie à San Francisco, à l’occasion de la conférence End TB 2017.

Harp : Merci pour cette collaboration, Shivoan.

Balakumar : Je vous en prie, Rick.

Harp : Et merci à nos auditeurs d’avoir écouté « Infections en questions », une production du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses.

La production de cette balado a été rendue possible grâce à une contribution financière de l’Agence de la santé publique du Canada. Veuillez noter que les points de vue exprimés ici ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Agence. L’Université du Manitoba est l’organisation d’accueil du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Pour en savoir plus, consultez ccnmi.ca.