Introduction

Dans cet épisode, nous poursuivons sur le thème de la tuberculose. Notre invitée : Dr Malcolm King, professeur à la faculté des sciences de la santé de l’Université Simon Fraser.

Publication : 2017

Sujets :

Auteur(s) :

IQ11 : Les déterminants sociaux de la tuberculose dans les communautés autochtones et inuits (Entretien sur la tuberculose, 3e partie)

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Rick Harp : Bienvenue à « Infections en question », une série de balados sur la santé publique réalisée par le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Bonjour, je m’appelle Rick Harp. Dans cet épisode, nous poursuivons sur le thème de la tuberculose en compagnie de Shivoan Balakumar du CCNMI. Bonjour, Shivoan.

Shivoan Balakumar :  Bonjour, Rick.

Rick Harp : Tout comme dans le dernier épisode, nous allons présenter un entretien que vous avez enregistré à l’occasion de la conférence End TB 2017, organisée par la Région Amérique du Nord de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (UICTMR). Qui est notre invité aujourd’hui?

Balakumar : Il s’agit de DrMalcolm King, professeur à la faculté des sciences de la santé de l’Université Simon Fraser. Jusqu’à tout récemment, il était directeur scientifique de l’Institut de la santé des Autochtones des IRSC. Pendant la conférence, il a présenté un exposé sur les déterminants de la santé dans les communautés éloignées, nordiques et autochtones. Je l’ai interrogé sur la portée de ces facteurs sur le nombre de nouveaux cas de tuberculose et sur l’amélioration des résultats face à cette maladie.

Malcolm King : Les déterminants de la santé jouent un rôle important, car ils ne se limitent pas seulement à des facteurs comme le revenu, la pauvreté, le manque d’emplois ou le faible niveau de scolarité, mais concernent aussi d’autres aspects comme l’accès aux services de santé, le logement et ainsi de suite.

En ce qui concerne les enjeux liés à la tuberculose au Canada, il faut savoir que les groupes autochtones, qui ne représentent que 4 % à 5 % de la population générale, comptent pour au moins 30 % des nouveaux cas diagnostiqués chaque année. La disparité est énorme.

Ce sont principalement les communautés nordiques et éloignées qui sont touchées. Ce qui signifie qu’il y a un grand nombre de facteurs importants en jeu. Évidemment, il y a le problème de la distance et de l’accès, mais également celui du manque de services de santé, un élément que nous tenons pour acquis dans les grandes villes.

Puis il y a la question du logement : c’est un déterminant important en matière de santé. Nous savons que la qualité des logements est médiocre tant dans les communautés autochtones que les villages inuits du Grand Nord. Les maisons sont petites et abritent un grand nombre de personnes. Ce qui veut dire qu’elles sont surpeuplées. L’aération est mauvaise, en particulier durant les longs hivers, car on essaie de conserver la chaleur. Les gens fument beaucoup, surtout les adultes, mais les adolescents aussi; par conséquent, les enfants grandissent dans un environnement enfumé sans ventilation adéquate. Ce sont là des conditions parfaites pour la transmission de la maladie.

Ajoutez à cela le stigmate qui reste associé à la tuberculose – ainsi que la peur qu’elle suscite. N’oubliez pas que cela fait moins de cent ans que ces groupes ont été amenés à quitter leur vie sur le territoire et à s’installer dans de petites communautés. Les choses se sont transformées en l’espace de deux générations, entre celle des grands-parents et celle des jeunes d’aujourd’hui.

À l’époque, la tuberculose tuait; reste qu’il s’agit toujours aujourd’hui d’une affection grave. Heureusement, le nombre de personnes qui en meurent est assez faible, mais nous sommes toujours aux prises avec le problème de la transmission interhumaine dans ces environnements surpeuplés.

Balakumar : Je vous rappelle que nous nous entretenons aujourd’hui avec Dr Malcolm King, professeur en sciences de la santé à l’Université Simon Fraser, sur le sujet des communautés éloignées, nordiques et autochtones. J’ai demandé à notre invité de nous dire comment on pourrait amener leurs membres à participer davantage aux recherches qui les concernent au premier chef.

King : Je pense que la clé réside véritablement dans l’autonomisation des communautés. C’est ce qui nous permettrait de marquer des points contre la transmission de la maladie et d’amener les gens à obtenir les soins qui les mèneront vers la guérison.

Si on ne s’en tient qu’aux agents extérieurs, que ce soit les médecins, les gouvernements et ainsi de suite, sans que les principaux intéressés s’investissent dans la prestation des soins… Je ne veux pas dire par là qu’ils doivent tous devenir des professionnels de la santé, mais plutôt, des participants actifs.

Il faudra aussi compter sur l’aide des dirigeants locaux afin que les professionnels et le système de santé parviennent à établir le genre de relation qui incitera les gens à obtenir un diagnostic et à se faire soigner. Et travailler avec la communauté à réduire le stigmate associé à la tuberculose. Cela ne se produira pas tant et aussi longtemps que des gens du milieu ne s’investiront pas dans cette démarche.

Balakumar : Vous venez d’entendre Dr Malcolm King, à l’occasion d’un entretien que j’ai eu avec lui en février dernier durant la conférence End TB 2017. Pour en savoir davantage sur son travail à l’Université Simon Fraser, consulter le site sfu.ca.

Harp : Merci, Shivoan.

Balakumar : Je vous en prie, Rick.

Harp : Et merci à nos auditeurs d’avoir écouté notre balado « Infections en question », une production du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses.

La production de cette balado a été rendue possible grâce à une contribution financière de l’Agence de la santé publique du Canada. Veuillez noter que les points de vue exprimés ici ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Agence. L’Université du Manitoba est l’organisation d’accueil du Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Pour en savoir plus, consultez ccnmi.ca.